Mixité bovin-ovin : des premières réponses sur le parasitisme qui restent à confirmer
Le passage des parasites internes d’une espèce de ruminants à l’autre reste une des préoccupations des éleveurs. Effectivement, le risque existe, mais il est faible. La mixité a même des effets bénéfiques sur les strongles digestifs.
Le passage des parasites internes d’une espèce de ruminants à l’autre reste une des préoccupations des éleveurs. Effectivement, le risque existe, mais il est faible. La mixité a même des effets bénéfiques sur les strongles digestifs.
Plusieurs espèces de parasites sont communes aux ovins et aux bovins, dont les petites et grandes douves ainsi que le paramphistome. Quant aux strongles digestifs, la plupart sont spécifiques à une espèce de ruminant, notamment ceux qui ont des conséquences sur leur santé. Seules quatre espèces de strongle peuvent se transmettre des uns aux autres.
L’intérêt de la mixité au pâturage serait de deux ordres. Le premier résulterait d’un effet de dilution. Les larves étant ingérées par les deux espèces, cela diminuerait la proportion d’animaux sensibles aux parasites. La seconde théorie relèverait d’un effet « aspirateur ». L’individu non sensible aux parasites (une vache par exemple) ingère les larves qui, sans la mixité, infesteraient les animaux plus sensibles (un agneau par exemple).
Un effet aspirateur avec le pâturage alterné
Le pâturage alterné des deux espèces de ruminants dans des conditions précises de pâturage tournant se présente comme un des leviers pour diminuer les strongles digestifs des ovins (1). Lors de fortes infestations, l’alternance des brebis et des vaches au printemps réduit l’excrétion des brebis et limite le nombre de traitements antiparasitaires. Pour les agneaux, l’excrétion est aussi réduite mais un traitement reste nécessaire, même s’il peut être éventuellement différé.
Quant à la petite douve, sa transmission d’une espèce à l’autre semble possible. Cela peut s’expliquer par des conditions climatiques estivales qui sont plus favorables au développement de la petite douve qu’en hiver. Pour limiter les risques, il est conseillé de vérifier et de suivre par coproscopie le statut parasitaire des brebis et des vaches avant le début de la saison de pâturage.
Peu de transmission des parasites en pâturage hivernal
En pâturage hivernal, en respectant au moins deux mois entre la sortie des brebis et l’entrée des vaches sur la parcelle, aucune transmission de petites et grandes douves des ovins aux bovins n’a été mise en évidence dans le cadre de cet essai (2). Lorsque les bovins en étaient indemnes, ils le sont restés après le pâturage des brebis, y compris avec des niveaux d’excrétion des brebis relativement élevées (250 œufs par gramme). Malgré la présence de strongles de type Haemonchus chez les brebis dans l’un des suivis, aucune transmission n’a été mesurée aux jeunes veaux. En ce qui concerne les autres strongles digestifs, le risque peut être considéré comme nul.
Mais, on ne peut pas nier que le risque existe. En matière de paramphistomes, très présents chez les vaches et génisses qui ont été suivies dans cet essai, il ne semble pas y avoir eu de transmission entre les deux espèces dans la majorité des suivis. Toutefois, dans l’un d’entre eux, une contamination des bovins a pu être observée, même s’ils ont pâturé d’autres parcelles sur lesquels les brebis n’avaient pas pâturé. Enfin, dans les régions où la tuberculose sévit chez les bovins, il est prudent de ne pas faire pâturer les brebis sur des parcelles bovines en dehors de l’exploitation.
Chiffres clefs de la conduite du pâturage alterné
- 5 cm Hauteur d’herbe qui déclenche un changement de parcelle pour les deux espèces.
- 6 jours Le temps de séjour moyen par parcelle.
- 19 jours Temps de retour sur les parcelles.