Vin : réduire de 30 % son empreinte carbone, c’est possible !
L’empreinte carbone du conditionnement des vins varie de 0,10 à plus de 1 kg équivalent CO2 par litre de vin. Il existe des solutions pour tous les metteurs en marché qui souhaitent réduire leur empreinte carbone.
L’empreinte carbone du conditionnement des vins varie de 0,10 à plus de 1 kg équivalent CO2 par litre de vin. Il existe des solutions pour tous les metteurs en marché qui souhaitent réduire leur empreinte carbone.
Un metteur en marché qui fait le choix d’abandonner une bouteille de 690 g au profit d’une bouteille de 395 g (même teinte, même système de bouchage, même étiquette…) réduit de 40 % l’empreinte carbone du conditionnement de ses vins et de 34 % son empreinte carbone totale. Celui qui fait le choix d’un BIB de 5 litres réduit de 90 % l’empreinte carbone du conditionnement et de 75 % son empreinte carbone totale.
L’IFV a montré que l’empreinte carbone de la filière vin est d’environ 1,20 kg équivalent CO2 par litre de vin et qu’environ 50 % de cette empreinte carbone est liée à la fabrication puis la gestion en fin de vie des bouteilles en verre. Les fabricants d’emballages, véritables parties prenantes de la filière pour son avenir, proposent des solutions, dont l’empreinte carbone a été chiffrée par l’IFV.
Des solutions pour ceux qui veulent garder la bouteille
Bien que 50 % de l’empreinte carbone de la filière soit liée aux bouteilles en verre, il est possible de diminuer leur empreinte de plusieurs manières.
- Choisir des bouteilles plus légères
Diminuer le poids des bouteilles est la première action d’écoconception à mettre en œuvre. Une bouteille en verre de 690 g a une empreinte carbone (ramenée au litre de vin) de 1 kg équivalent CO2 alors que la même bouteille allégée à 395 g affiche une empreinte carbone de 0,6 kg équivalent CO2. La bouteille de 300 g récemment mise sur le marché par Verallia présente une empreinte carbone de 0,47 kg équivalent CO2 soit une réduction de 53 % de l’empreinte carbone comparé à la bouteille de 690 g.
- Préférer le verre teinté au verre transparent
Les bouteilles en verre teinté (vert, feuille de chêne…) contiennent plus de calcin (verre recyclé) que les bouteilles transparentes. Dans ses études, l’IFV applique un taux de verre recyclé de 80 % pour les bouteilles teintées et de 40 % pour les bouteilles transparentes. Pour une bouteille en verre de 450 g, le passage du verre transparent au verre teinté permet de diminuer de 4 % l’empreinte carbone du conditionnement. Certains fabricants proposent des ratios de verre recyclé plus importants. Une action d’écoconception dans le cadre d’une démarche de responsabilité sociétale peut aussi commencer par un échange avec son fournisseur pour l’encourager à proposer des bouteilles teintées ou transparentes contenant le plus possible de verre recyclé.
- Passer au réemploi
L’Ademe étudie les impacts et bénéfices environnementaux du réemploi des emballages alimentaires en verre depuis 2019 et a estimé les bénéfices du réemploi comparé à l’usage unique via trois indicateurs : -51 % d’eau, -76 % d’énergie et -79 % d’émissions de gaz à effet de serre. Le caractère vertueux du réemploi sur l’empreinte carbone – dès la deuxième utilisation – par rapport à l’usage unique est confirmé par l’Ademe dans une nouvelle étude en 2023.
Fanny Courtial, responsable commerciale du Château de l’Éclair, domaine support à l’expérimentation de la Sicarex Beaujolais, témoigne de son expérience du réemploi depuis 2023 : « Malgré une bouteille légèrement plus lourde que les bouteilles habituellement utilisées (560 g au lieu de 420 g en moyenne sur le domaine), nos études montrent que le réemploi présente une empreinte carbone plus faible, dès la deuxième utilisation. Le facteur le plus important n’est pas le poids de la bouteille mais le taux de retour : plus les bouteilles seront réutilisées, plus l’empreinte carbone sera diminuée. Le consommateur et sa sensibilisation ont un rôle important à jouer avec nous dans ce défi du carbone. »
Des solutions pour ceux qui sont prêts aux alternatives à la bouteille
- BIB, canettes et bouteilles PET, pour une réduction forte de l’empreinte carbone
Passer d’une bouteille en verre de 690 g à un BIB de 5 litres permet de diminuer de 90 % l’empreinte carbone du conditionnement. En effet, les BIB ; mais aussi les bouteilles en PET ou encore les canettes, présentent une empreinte carbone toujours plus faible que les bouteilles, même allégées. C’est l’effet masse qui joue. Une bouteille en PET pèse environ 50 g, une canette de 25 cl pèse 11 g et un BIB de 5 litres pèse environ 190 g (boite, poche, robinet).
- Mais le carbone n’est pas le seul impact environnemental
L’aluminium et les plastiques utilisés dans les bouteilles PET, les canettes et les BIB présentent tout de même des impacts environnementaux sur d’autres critères. La canette, du fait de son matériau principal, l’aluminium, présente un impact plus élevé que les autres modes de conditionnement (y compris le verre) pour l’indicateur de toxicité humaine. La fabrication d’aluminium provoque des pollutions par métaux lourds de l’air, des sols et de l’eau qui exposent les populations à des contaminants chimiques. D’autre part, la fabrication des plastiques a un impact plus important que les autres matériaux sur l’épuisement des ressources non renouvelables. Enfin, la pollution par les microplastiques provoquée par la gestion de la fin de vie n’est à ce jour pas prise en compte dans les méthodes d’évaluation environnementale utilisées par l’IFV.
- Le vin à la tireuse, une solution prometteuse
Une réduction d’empreinte carbone de 42 % par rapport à la bouteille en verre est évaluée en 2020 par l’IFV dans le cadre d’une expérimentation menée en Suisse avec le fût Ecofass développé par la société CG Industry : un fût de 30 litres réutilisable contenant une poche à usage unique en aluminium et permettant le service du vin à la tireuse dans le circuit des CHR.
À nouveau, l’indicateur de diminution des ressources n’est pas en faveur de cette alternative à la bouteille, du fait des matériaux du fût : plastiques et aluminium. Cette étude menée en 2020 sur un système encore peu répandu a dû mobiliser plusieurs hypothèses : nombre de réutilisations des fûts (30), pertes de vin lors du service à la tireuse (2 %). Les expérimentations menées actuellement, notamment par Inter’Oc, pourraient préciser ces hypothèses et permettre d’affiner le calcul carbone.
Le conditionnement, principal levier carbone
Agir sur le conditionnement est prioritaire. Le conditionnement des vins représente en moyenne 50 % de l’empreinte carbone globale de la filière vin. La production des raisins, la vinification et le transport des vins conditionnés représentent quant à eux respectivement 22 %, 11 % et 17 %.
Changer de bouchon pour réduire son empreinte carbone ?
C’est la masse de matière qui fait l’empreinte carbone. Là où la bouteille peut peser entre 300 g et parfois plus de 800 g (pour les vins tranquilles), le poids des différents systèmes de bouchages (bouchons en liège, synthétiques, en verre, capsules à vis…) varie de 4 g à 34 g. La capsule de surbouchage pèse quant à elle environ 1,10 g. Malgré l’utilisation de matériaux comme l’aluminium ou les plastiques qui sont moins recyclés que le verre en fin de vie, l’effet masse est le plus important. Se passer de la capsule de surbouchage par exemple, ne permet de diminuer l’empreinte carbone totale que de 0,5 %. Un changement de bouchon est intéressant : se passer du bouchon en verre au profit d’un bouchon liège ou synthétique permet de diminuer l’empreinte carbone globale de 4 à 5 %.
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