Crédit, crédit-bail et location financière, trois stratégies pour financer un tracteur neuf
Outre le crédit classique, le crédit-bail et la location financière sont deux stratégies permettant d’accéder à un tracteur neuf. Le point avec Alexis Bourdoncle, responsable commercial Sud-Ouest pour Agco Finance.
Outre le crédit classique, le crédit-bail et la location financière sont deux stratégies permettant d’accéder à un tracteur neuf. Le point avec Alexis Bourdoncle, responsable commercial Sud-Ouest pour Agco Finance.
Les constructeurs de tracteurs proposent aujourd’hui plusieurs stratégies pour s’équiper d’un tracteur neuf. Depuis quelques années, le crédit classique laisse progressivement place au crédit-bail et à la location financière. « Chez Agco Finance, le crédit classique ne représente plus qu’environ 40 % des financements », cite pour exemple Alexis Bourdoncle, responsable commercial Sud-Ouest pour Agco Finance.
Acheter son tracteur via le crédit classique crée de l’amortissement et des frais financiers
Le crédit classique permet à l’acquéreur de devenir propriétaire du tracteur une fois le crédit intégralement remboursé. D’un point de vue comptable, le tracteur s’inscrit à l’actif et le financement au passif du bilan, donc intégré à l’endettement de l’exploitation.
Lors d’un achat financé par un crédit classique, le matériel est dévalué comptablement : il crée de l’amortissement et réduit par conséquent le résultat de l’entreprise. Pour le réduire encore, il est possible de distinguer la durée d’amortissement de la durée du financement : en raccourcissant l’amortissement, on augmente encore les charges. Dans la pratique, cette stratégie reste peu courante en viticulture.
Le crédit-bail, une location avec option d’achat
« Le crédit-bail représente une part majoritaire de nos financements avec près de 60 % de nos contrats », précise Alexis Bourdoncle.
Dans un contrat de crédit-bail, le client choisit un matériel auprès du concessionnaire qui le vend à Agco Finance. La carte grise porte alors les deux noms : celui d’Agco Finance, en tant que propriétaire, et celui du client, en tant que locataire. Au terme du contrat, ce dernier a la possibilité de devenir propriétaire du matériel, grâce à l’option d’achat.
S’étalant sur trois à neuf ans chez Agco Finance, ce contrat de financement est déterminé par le premier loyer (comparable à un apport initial, qui peut être différent des autres loyers), le montant des loyers périodiques, la durée de location, le nombre d’heures d’utilisation et sa valeur résiduelle (correspondant à l’option d’achat). « Tous les paramètres ci-dessus peuvent être ajustés en fonction de la situation et des attentes du client, ajoute Alexis Bourdoncle. C’est d’ailleurs souvent le cas en viticulture, coutumière des remboursements mensuels. »
Personnaliser son crédit-bail
La valeur résiduelle correspond à la valeur comptable du tracteur à échéance du contrat de crédit-bail. Elle est définie en fonction de la durée et de l’utilisation prévue du matériel. Elle est donc personnalisable d’un client à l’autre. En fin de contrat, le viticulteur a la possibilité de lever l’option d’achat en s’acquittant du montant de la valeur résiduelle et devenir ainsi propriétaire du tracteur.
Le crédit-bail renouvelé dans une grande majorité des cas
« À l’issue du contrat, le viticulteur a plusieurs possibilités : devenir propriétaire du tracteur ou le restituer à Agco Finance. Dans 95 % des situations, le client rachète son tracteur, le fait reprendre par son concessionnaire et renouvelle le crédit-bail sur un tracteur neuf. »
Le tracteur n’entre pas au patrimoine
Parmi les différences notables avec un financement en crédit classique, le tracteur financé en crédit-bail ne fait pas l’objet d’un amortissement : les loyers deviennent une charge directe et non un amortissement, qui ne rentre pas dans l’endettement facial. Cette solution permet d’adapter le montant de loyer en fonction des capacités de trésorerie de l’exploitant. « Cela ne réduit pas pour autant de manière importante le ratio d’endettement, prévient Alexis Bourdoncle, il faut rester prudent et les banques se renseignent sur le nombre de crédits-bails contractés. »
Dans le cas d’une transmission totale ou partielle (reprise de parts d’une société) d’une exploitation, la souscription à un crédit-bail réduit la valeur du patrimoine (foncier, bâti, stock, matériels) et facilite donc la reprise par l’acquéreur. Enfin, la TVA n’est plus reversée en une seule fois, mais à chaque loyer sur toute la durée du contrat. D’un point de vue fiscal, les loyers sont déductibles : la détermination de la valeur résiduelle impacte alors plus ou moins le niveau du résultat.
La location financière, une solution en général « tout compris »
Troisième famille de produit financier, la location financière. « C’est une location de longue durée, résume le responsable commercial. À la différence du crédit-bail, c’est une location dans le sens commun du terme. Il n’y a pas d’option d’achat pour le client. » Dans le monde viticole, ce sont surtout les grosses structures soumises à l’impôt sur la plus-value (plus de 350 000 euros HT de chiffre d’affaires par an et par associé) qui font appel à ce genre de location.
Ce type de structures a une approche coût d’utilisation du matériel. « Bien souvent, elles souscrivent au 'full service' (service « tout compris »), intégrant la garantie et l’entretien », note-t-il. Cette solution est adaptée à une maîtrise parfaite en termes de budget d’utilisation du matériel. Ces contrats sont conclus la plupart du temps sur des durées courtes (2 à 3 ans), ce qui permet à l’exploitant d’avoir toujours un tracteur à la pointe de la technologie.
Moduler les mensualités
Certains organismes financiers proposent d’adapter le montant des loyers en fonction des bonnes ou des mauvaises années. « Avec l’option Agriceo disponible uniquement en crédit-bail, en cas de mauvaise année, je peux choisir de baisser un loyer une année et d’augmenter les suivants, ou de rajouter un loyer, explique Alexis Bourdoncle. À l’inverse, si l’année a été bonne et si je souhaite créer de la charge, je peux augmenter un loyer et abaisser les suivants. »