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Le courant passe entre le photovoltaïque et le porc

L’autoconsommation d’énergie photovoltaïque est « la » piste pertinente pour baisser la facture énergétique en élevage de porc. La rentabilité économique peut atteindre 7 à 8 %.

La production d'énergie peut atteindre 50% des besoins sur les heures pleines. © D. Poilvet
La production d'énergie peut atteindre 50% des besoins sur les heures pleines.
© D. Poilvet

Le photovoltaïque est une fabrique d’électricité à la ferme ! Le principe est de transformer la lumière du soleil en électricité. Le passage de la lumière (photon) à travers les panneaux photovoltaïques va générer un courant électrique continu. Puis, ce dernier va être converti en courant alternatif via les onduleurs pour une utilisation finale dans l’élevage.

Les deux systèmes existants sont l’injection et l’autoconsommation. L’injection est la vente d’électricité à EDF via des panneaux photovoltaïques. L’autoconsommation, c’est la propre consommation d’électricité produite par les panneaux pour la ferme. L’objectif est d’autoconsommer 100 % de la production des panneaux. Pour autant, celle-ci ne représentera qu’un maximum de 20 % des besoins annuels de l’élevage. En effet, la nuit, les panneaux ne produisent pas. La meilleure autoproduction se situe en période estivale et peut atteindre 50 % sur les heures pleines (le jour). Pour les éleveurs de porc, l’autoconsommation doit être privilégiée. De plus, il n’y a aucune taxe, contrairement à l’achat chez un fournisseur d’électricité. Dans ce dernier cas, la facture se scinde en trois parties : la fourniture d’énergie (kWh) aux environs de 40 %, les réseaux de distribution-transport pour 35 % et les taxes et contributions pour 25 %, d’où l’intérêt de l’autoconsommation. Celle-ci dispense l’éleveur des taxes et de la distribution-transport.

Le graphique ci-contre est un exemple de comparaison de l’évolution du coût moyen de l’électricité du fournisseur (EDF ou autre) sur les 20 prochaines années (+2 %/an) au coût de l’électricité produit et autoconsommé à la ferme. Ici, l’installation photovoltaïque a un coût d’électricité autoconsommé de 9 c €/kWh pendant les 15 premières années (annuité de remboursement + coût de maintenance) et ensuite 2 c €/kWh (coût de maintenance seule). Enfin, le taux de couverture d’une centrale photovoltaïque sur bâtiment agricole est au maximum de 20 %, c’est-à-dire que l’éleveur sera dépendant du fournisseur d’électricité à 80 %.

Contrairement à la vente totale, l’autoconsommation ne s’arrêtera pas au bout de 20 ans. Actuellement, les installateurs garantissent la production d’électricité sur 25 ans. Cela signifie qu’après remboursement de l’emprunt, le gain économique perdurera au-delà de 20 ans.

Ne pas négliger les pistes d’économies d’électricité

Avant d’investir dans le photovoltaïque, il est important d’optimiser des pratiques d’élevage pour faire des économies d’énergie. Ainsi, la bonne gestion du couple chauffage-ventilation, le respect des débits minimum de renouvellement d’air, l’étalonnage et le positionnement des sondes […] font partie des clés de réduction des consommations d’énergie. La question d’investir dans des équipements économes se pose également. Les ventilateurs économes, les échangeurs air-air, les pompes à chaleur, les chaudières bois, les niches à porcelets, les lampes à leds […] permettent de réaliser des économies d’énergie. L’investissement dans tel ou tel équipement passe par une analyse de faisabilité technico-économique. Dans l’idéal, la pose de sous-compteurs électriques permet d’identifier plus précisément les postes de consommations et les investissements à réaliser. Pour un élevage de 250 truies naisseur engraisseur, la consommation d’électricité se situe en moyenne à 246 000 kWh par an. Dans le cadre d’un projet d’investissement bâtiment porc, la question du label BEBC se pose.

 
 
 

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