LDC rachète France Poultry et va investir 120 millions d’euros dans le futur abattoir de poulets dans le Finistère
LDC va prendre le contrôle total de France Poultry, dernier acteur français du poulet Grand Export et construire dans la foulée un abattoir neuf. Les éleveurs de Yer Breizh vont devoir faire leur mue pour produire du poulet medium.
LDC va prendre le contrôle total de France Poultry, dernier acteur français du poulet Grand Export et construire dans la foulée un abattoir neuf. Les éleveurs de Yer Breizh vont devoir faire leur mue pour produire du poulet medium.
Le leader de la volaille en France va racheter le 31 décembre prochain la totalité des parts de France Poultry (Châteaulin, Finistère), détenues par le groupe agroalimentaire saoudien Almunajem.
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La société aux 314 salariés à temps plein avait été créée en 2018 pour poursuivre l’activité de poulets Grand Export de Doux, liquidé puis démantelé la même année. LDC va en parallèle augmenter sa participation dans la structure « amont » de France Poultry, Yer Breizh (95 salariés), qui pilote la production en vif de France Poultry -110 à 120 élevages sur 300 000 mètres carrés. LDC en détiendra le 11 mars prochain 75 % du capital aux côtés d’Eureden (15 %), la Région Bretagne et France Poultry (5 % chacun). Ce protocole d’accord a été homologué le 24 février par le tribunal de commerce de Rennes dans le cadre d’une procédure de conciliation et annoncé deux jours plus tard. Car l’activité de France Poultry devenait de plus en plus difficile.
120 millions d’euros programmés dans le futur abattoir
En plus de la concurrence sur le marché mondial, la société finistérienne faisait face au développement récent de la production de volailles en Arabie Saoudite, son premier marché (80 % de son activité). L’opérateur breton avait dû réduire son rythme d’abattage de 300 000 à 230 000 poulets par jour en un peu plus d’un an.
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France Poultry va donc poursuivre son activité de poulets Grand Export en 2026 avant de basculer dans une nouvelle ère en 2027. Son activité sera alors « progressivement réorientée vers d’autres productions, complétée puis arrêtée au profit d’un projet de diversification vers d’autres marchés » avant d’être transférée dans un abattoir neuf, dit LDC. Le groupe va engager 120 millions d’euros dans cet outil pour traiter entre 800 000 et 1 million de poulets par semaine avec 380 à 400 collaborateurs. Il s’agira d’un poulet de qualité medium de 2,3 kg en moyenne – pas du lourd sexé pour des débouchés en GMS et en RHD, français en majorité.
Les éleveurs basculeront vers le cahier des charges Nature d’Éleveurs
Dans les semaines qui viennent, les équipes de Yer Breizh et de LDC rencontreront tous les éleveurs pour leur présenter le projet. Il y aura forcément des investissements à réaliser pour basculer dans le cahier des charges Nature d’Éleveur de LDC : changement de génétique, de nutrition, ajout de fenêtres, ventilation, brumisation, etc. La Région Bretagne a d’ores et déjà fait savoir qu’elle sera au rendez-vous pour « sécuriser durablement les parcours économiques des éleveurs […] ». Si la production future de Yer Breizh en poulets français ne suffisait pas, LDC pourrait avoir recours à d’autres groupements. Enfin le couvoir Doux Poussins de La Harmoye (Côtes-d’Armor) et l’usine d’aliments de Bannalec (Finistère) sont maintenus dans le dispositif « amont » de Yer Breizh. Que deviendra l’abattoir de France Poultry dès lors que l’outil neuf sera opérationnel ? « Il pourrait être orienté vers l’abattage d’autres espèces », dit-on chez LDC, sans plus de précisions.