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L’association Poul’haies Arbres aide les éleveurs de volailles à valoriser leurs parcours

Éleveur de poules pondeuses bio, Guillaume Rodier préside l’association Poul’haies Arbres qui accompagne les aviculteurs du grand nord de la France dans l’aménagement de leurs parcours.

Dimitri Boulier, Novial et Guillaume Rodier, éleveur : « Poul'haies Arbres facilite les démarches des éleveurs souhaitant valoriser leurs parcours, pour favoriser le bien-être animal tout en s’engageant dans une démarche environnementale. » © A. Puybasset
Dimitri Boulier, Novial et Guillaume Rodier, éleveur : « Poul'haies Arbres facilite les démarches des éleveurs souhaitant valoriser leurs parcours, pour favoriser le bien-être animal tout en s’engageant dans une démarche environnementale. »
© A. Puybasset

Chez Guillaume Rodier, les jeunes arbres ont été plantés bien avant le premier coup de tractopelle. C’est dire l’importance qu’il donne à son parcours plein air. « Il a été autant réfléchi que la conception des bâtiments », confirme-t-il. Installé début 2019 à Brécy dans l’Aisne, Guillaume a repris l’exploitation en polyculture de ses parents et investi en 2020 dans un atelier de 24 000 poules pondeuses en agriculture biologique. Arrivées en août dernier, les poules devaient accéder au parcours dès fin septembre. Les dix hectares de parcours ont été implantés de quelque 2 550 plants durant l’hiver 2019/2020. « Il faut du temps pour que les arbres poussent, autant s’y prendre tôt pour en tirer rapidement tous les bénéfices. » Sa priorité est de faire sortir les poules à l’extérieur. « Le parcours est la vitrine de l’élevage, l’intérieur des bâtiments n’étant pas visible. C’est important qu’il renvoie une image positive. »

Miser sur l’agroforesterie

Il lui a fallu près d’un an pour mûrir son projet d’implantation. Avec les techniciens avicoles de Novial, son partenaire en aliment, il s’est rapproché de spécialistes en agroforesterie, d’ornithologues, de conseillers de chambres d’agricultures. Car concevoir un parcours avicole ne s’improvise pas. « Il doit être personnalisé en tenant compte des spécificités de l’exploitation (types de sol, vents dominants, orientation du bâtiment) et des souhaits de chaque éleveur », complète Dimitri Boulier, responsable développement en pondeuses de Novial. C’est dans cet objectif qu’un groupe d’éleveurs volailles motivés et l’équipe filière ponte de Novial ont créé l’association Poul’haies Arbres. Son but est de conseiller et de faciliter les démarches des éleveurs de volailles souhaitant valoriser leurs parcours, pour favoriser le bien-être animal tout en s’engageant dans une démarche environnementale.

300 000 arbres d’ici 2025

L’association rassemble aujourd’hui une cinquantaine d’éleveurs de poules pondeuses et de poulets plein air, situés principalement dans les Hauts de France, ainsi qu’en Normandie et en Champagne-Ardenne. Elle accompagne les éleveurs dans le choix des espèces d’arbres, leur répartition, tout en les conciliant avec les normes de biosécurité et d’utilisation du poulailler. Elle organise des formations et s’emploie à lever des fonds pour financer les projets d’agroforesterie. « En accompagnant les aviculteurs avec une approche filière, l’objectif est aussi de mettre en valeur l’intérêt carbone des arbres plantés. » Près de 190 hectares de parcours ont déjà été arborés au sein des adhérents de Poul’haies Arbres. L’objectif est d’atteindre 1 000 hectares d’ici 2025, soit l’équivalent de 300 000 plants. À terme, le public pourra repérer les élevages arborés sur une cartographie diffusée sur le site internet de l’association.

Mesurer l’impact sur la biodiversité

Poul’haies Arbres est par ailleurs impliquée dans deux appels à projet visant à évaluer l’impact des parcours sur la biodiversité, avec la mesure d’indicateurs d’insectes et de faune sauvage dans des parcours tels que celui de Guillaume Rodier. Pour favoriser la biodiversité, l’éleveur a semé des herbes mellifères et planté une centaine de tilleuls pour « attirer les abeilles » ainsi que 500 arbres fruitiers. La recherche de valorisation économique (vente de fruits) n’était pas vraiment un objectif. « Ce sera un petit plus pour dans quelques années. » Il est en revanche convaincu que le parcours aura des intérêts technico-économiques (moins de picages, apport d’ombre, complément alimentaire).

« Pérenniser la filière volaille en misant sur l’agroforesterie, associant élevage, bien-être et environnement »

Repères

Poul’haies Arbres

Basée à Noyelles-sur-Escaut (Nord)

Animée par Sabine Lecoq

Partenaire Novial

 

 

Lire aussi : Un parcours pour poules pondeuses qui favorise la biodiversité

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