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L’alternariose, maladie secondaire de la pomme de terre

L’alternariose de la pomme de terre est causée par un complexe d’espèces de champignon Alternaria. Pour lutter efficacement, des mesures agronomiques doivent venir précéder la lutte chimique.

L’alternariose est la seconde maladie foliaire d’importance sur les cultures de pomme de terre. Elle est causée par un complexe d’espèces de champignon Alternaria souvent présentes simultanément et dont la spécificité de symptômes n’est pas établie. Les principales sections d’espèces présentes sont : Section Porri = Alternaria solani inféodé aux solanées et Section alternaria = Alternaria alternata plus polyphage. Si plusieurs des facteurs favorables au développement sont présents simultanément (voir ci-contre), les dégâts peuvent être relativement précoces et importants avec une baisse de rendement. Cela reste assez rare. Elle peut être aggravée par une contamination des tubercules (pourriture sèche). L’alternariose est souvent qualifiée de maladie de faiblesse des plantes compte tenu de l’influence de l’âge des organes et des différents stress sur son développement. Les conditions de contamination et sporulation ne sont pas très bien connues, d’où une modélisation qui reste encore à ce jour assez décevante.

 

Méthodes de lutte

Leviers agronomiques

Réduire la conservation hivernale et l’inoculum primaire : éliminer ou enterrer les débris de culture ; lutter contre les adventices hôtes (morelles) et les repousses de pomme de terre, effectuer une rotation avec des cultures non-hôtes, ne pas replanter de pomme de terre dans une parcelle contaminée précédemment.

Planter des variétés reconnues comme étant moins sensibles à l’alternariose.

Limiter les stress biotiques et abiotiques pour limiter les infections : planter dans un sol fertile correctement pourvu en éléments nutritifs, protéger contre les attaques d’autres maladies et/ou ravageurs, gérer correctement l’irrigation : doses et fréquences adaptées, éviter de mouiller le feuillage pendant les périodes de fin de journée.

Limiter le délai entre le défanage et la récolte.

Lutte chimique

Si, malgré la mise en œuvre des mesures agronomiques, une attaque d’alternariose est avérée sur une parcelle, il convient de choisir un fongicide avec action sur l’alternariose lors du choix de fongicides contre le mildiou. En l’absence de modélisation validée, la difficulté sera de savoir à quel moment déclencher une première application fongicide : trop tôt est souvent inutile car les tissus jeunes sont insensibles à la maladie, trop tard ne permet plus d’assurer une efficacité suffisante sur des symptômes en place. Le stade floraison est un stade où la vigilance doit commencer à s’imposer. Plusieurs substances actives sont homologuées pour cet usage. Leur efficacité peut être très variable compte tenu des nombreuses conditions, en particulier nutritionnelles et physiologiques, qui peuvent favoriser la maladie et contre lesquelles l’action des fongicides est nulle.

Conditions favorables à l’alternariose

Climatiques : alternance de périodes chaudes et sèches avec des périodes plus humides (maladie plutôt liée aux climats continentaux ou méditerranéens). L’irrigation par aspersion peut favoriser cette maladie.
Nombreux facteurs biotiques ou abiotiques : stress nutritionnels (azote, alimentation hydrique, carences diverses…), sensibilité variétale, attaque conjointe d’autres maladies et/ou ravageurs, maturité physiologique.

Les symptômes d’alternariose peuvent fréquemment être confondus avec des taches causées par des problèmes physiologiques comme le montrent des analyses réalisées au laboratoire de pathologie d’Arvalis depuis quatre ans. Elles ont permis de mettre en évidence que sur plus de 300 échantillons, seuls environ un tiers d’entre eux ont montré une attaque d’alternariose. Sur les échantillons réellement attaqués par l’alternariose, A. alternata était très largement majoritaire par rapport à A. solani.

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