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Un premier pas vers la triple performance

En Normandie, la chambre d’agriculture du Calvados a mis au point un outil d’autodiagnostic sur les trois plans économique, environnemental et social, testé lors d'une porte ouverte.

Les éleveurs devaient passer dans plusieurs ateliers pour s'autopositionner sur les différents points et échanger avec un conseiller (ici la manipulation ostéopathe).
© V. Bargain

« En Normandie, dans le cadre du Plan de compétitivité des exploitations agricoles (PCAE), le dispositif d’aide Agriculture normande performante met l’accent sur la triple performance comme critère d’éligibilité et pour l’attribution ou non d’une aide, indique Marie Nyk, conseillère d’entreprise à la chambre d’agriculture du Calvados. Un exploitant qui valide plusieurs points de la triple performance a plus de chance d’obtenir une subvention. Un bonus agroécologique existe aussi pour certaines pratiques comme l’adhésion à un GIEE ou à une MAEC, la certification bio, au moins 50 % d’herbe dans la SAU avec au moins 75 % de SFP « hors maïs fourrage » dans la SAU... » Pour conseiller les agriculteurs dans leurs demandes de subvention, les chambres d’agriculture de Normandie ont donc élaboré une grille permettant de calculer le nombre de points d’un projet vis-à-vis du dispositif Agriculture normande performante, grille incluant notamment les critères de la triple performance.

Un critère d'égibilité au Plan de compétitivité normand

« Cette grille est aujourd’hui utilisée avec l’appui des conseillers, précise Marie Nyk. Mais, dans le Calvados, nous avons souhaité aussi faire découvrir la triple performance via un outil plus simple permettant à un agriculteur d’autoévaluer son exploitation. » À partir de la grille et du formulaire de demande de subvention du dispositif Agriculture normande performante, un outil d’autodiagnostic a donc été élaboré et testé par des agriculteurs lors d’une porte ouverte organisée sur une exploitation par la chambre d’agriculture.

Les trois aspects de la triple performance y sont abordés. L’agriculteur doit s’évaluer au plan économique : quels sont mes ratios EBE/produit ? annuités/EBE ? ai-je la capacité d’investir ? me suis-je renseigné sur les possibilités de financement d’un projet ? comment se situent mes coûts alimentaires, sanitaires, de mécanisation ? suis-je engagé dans des SIQO, dans la bio, dans la transformation à la ferme et la vente directe ?… Une série de questions porte sur l’environnement : valorisation de l’herbe, limitation des intrants, autonomie fourragère/méteils, projet de bâtiment pour améliorer le bien-être animal, engagement dans une démarche environnementale (MAEC, HVE, bio), niveau d'information sur les nouveautés PAC 2018… Enfin, des questions permettent de s’autoévaluer au plan social : emploi/main-d’œuvre, repos/week-end, gestion du temps, responsabilités extérieures...

Pour chaque ligne du questionnaire, l’agriculteur devait passer sur un stand pour échanger avec un conseiller, s’auto-positionner à un niveau bon, moyen ou mauvais, et éventuellement trouver des pistes d’amélioration adaptées à son exploitation. «Certains agriculteurs ont rempli le questionnaire en entier, d’autres seulement partiellement, rapporte Marie Nyk. Mais cet autodiagnostic a été un premier pas vers la triple performance et a pu amener ensuite à approfondir le sujet avec un conseiller. »

« Savoir où je me situe »

" La porte ouverte se passant près de chez moi, je me suis dit que cela pouvait être une bonne occasion d’en savoir un peu plus sur la triple performance. Cela fait douze ans que j’ai quitté le lycée et je n’avais que survolé ce point ", explique Ambroise Ruckebusch, qui élève 55 vaches et 60 brebis sur 80 hectares tout en herbe. Il fait de la vente directe et est en conversion bio. " J'ai participé à la plupart des ateliers. Au plan économique, j’ai peu de marges de manœuvre car je suis JA et je dois suivre les lignes de mon plan d’installation. Mais, globalement, ma situation est bonne. Mon positionnement est bon aussi sur l’environnement. L’autodiagnostic a montré par contre que je suis actuellement à un niveau moyen au plan social. Mon objectif est de m’améliorer pour avoir plus de temps libre, reprendre des responsabilités extérieures. " Et d'ajouter: " à l’avenir, la triple performance pourrait prendre plus d’importance dans l’attribution des aides nationales et européennes. Cela peut aussi permettre de communiquer dans le cadre de la vente directe, de recréer du lien avec les consommateurs ».

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