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Vaches laitières : Un coup de pouce au pâturage avec Herby

En Deux-Sèvres et en Vendée, un projet porté par une coopérative et cofinancé par l’Europe a permis de relancer l’intérêt pour l’herbe et le pâturage.

À l’initiative du Pays de Gâtine dans les Deux-Sèvres, un projet de développement a été lancé pour proposer une technique de pâturage durable permettant d’améliorer la productivité fourragère. Porté par une coopérative, la Caveb, et cofinancé par les fonds européens Life +(1), il a mobilisé pendant six ans 131 éleveurs de Poitou-Charentes et de Vendée et de nombreux partenaires financiers, scientifiques et techniques. La technique développée, pour laquelle la Caveb a ensuite créé une marque — Herby — est celle du pâturage tournant dynamique. Pendant six ans, les 131 éleveurs ont testé la technique sur une partie de leurs prairies avec l’appui de 22 conseillers de sept structures en bovin lait, bovin viande, ovin et caprin. De nombreuses études et analyses ont par ailleurs été réalisées par les partenaires scientifiques du projet (Inrae, université de Rennes, Cirad…).

Un gain d’intérêt et de technicité

Si la diversité des exploitations ne permet pas de tirer de conclusions technico-économiques généralisables, les constats sont positifs sur de nombreux aspects, en termes de production fourragère, valeur nutritive de l’herbe, marge sur coût alimentaire, stockage carbone, lombrics, maillage bocager, efficacité énergétique… Surtout, le projet a créé une dynamique autour du pâturage. Aucun des éleveurs engagés dans la démarche ne veut aujourd’hui l’abandonner, la plupart souhaitant au contraire augmenter la part de prairies en pâturage tournant dynamique. Aux bénéfices techniques et économiques mesurés au niveau individuel s’ajoute un ressenti positif. Les éleveurs ont le sentiment d’avoir gagné en technicité sur le pâturage, grâce notamment à l’appui technique. « Herby nous a fait progresser sur l’ensemble de l’exploitation et nous amène à repenser globalement le système », déclare un éleveur. « Il faut être très rigoureux, observer chaque parcelle une fois par semaine et anticiper », souligne un autre. En exploitant davantage certaines prairies, la technique permet de faire plus de stocks sur les autres. Certains éleveurs notent que la portance des sols est améliorée, du fait d’un meilleur développement racinaire et d’un temps de séjour plus court sur chaque paddock.

« La technique est basée sur la physiologie des graminées, rappelle Alice Poilane, de la Caveb. Les animaux entrent donc dans le paddock à 3 feuilles, n’y restent pas plus de trois jours, et sortent avant d’attaquer la gaine. » « Herby a remis le pâturage et l’herbe au centre de l’exploitation comme étant l’option la plus rentable et la meilleure pour le bien-être animal et l’environnement », résume Anne Farrugia, d’Inrae. Le pâturage s’inscrit aussi dans le projet de parc naturel régional de la Gâtine, dans l’objectif de transition écologique de la région Nouvelle-Aquitaine et dans les objectifs d’adaptation au changement climatique et de paiement pour services écosystémiques de l’agence de l’eau Loire-Bretagne. Enfin, l’objectif pour la Caveb serait de pouvoir valoriser auprès des acheteurs et des consommateurs le fait d’élever des animaux en pâturage durable.

(1) 2,7 M€ cofinancés par Life+ (50 %), la région Nouvelle-Aquitaine et l’agence de l’eau Loire-Bretagne.

Avis d’éleveur : Guillaume Rivet, dans les Deux-Sèvres, engagé dans Herby en 2014

« Le travail est plus agréable »

Guillaume Rivet, éleveur dans les Deux-Sèvres, engagé dans Herby en 2014. © V. Bargain

« J’élève 70 vaches sur 84 hectares, avec une production de 9 500 litres par vache. Je pratiquais déjà du pâturage tournant, sur des parcelles de 2 à 2,5 hectares avec un temps de séjour d’une semaine. J’exploite désormais des parcelles de 60 ares, sur lesquelles je mets les 70 vaches pendant un jour ou deux nuits, de mi-septembre à fin novembre, et du 20 février à début juillet. L’été, j’y mets aussi les taries et les génisses pendant trois à quatre jours. La production de lait en quantité n’a pas changé, mais il y a plus de régularité. La marge augmente aussi au printemps et à l’automne : je fais moins d’ensilage et j’utilise moins de concentré. Les vaches sont beaucoup plus dociles, car elles changent de paddock tous les jours. Et je préfère aller voir les prairies et les clôtures plutôt que faire du tracteur ou travailler en bâtiment. »

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