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Lait : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière lait dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches laitières.

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« On s’entraide avec un ami pour gérer nos alertes robot »

En Ille-et-Vilaine, Patrice Lamy et un voisin, installé comme lui en individuel, se remplacent mutuellement pour gérer les alertes de leurs robots de traite en cas d’absence.

Patrice Lamy. « Pendant mes week-ends et les vacances, mon voisin gère les alertes robot et mon père soigne mon troupeau. » © DR
Patrice Lamy. « Pendant mes week-ends et les vacances, mon voisin gère les alertes robot et mon père soigne mon troupeau. »
© DR

« Pouvoir me libérer du temps est très important pour moi. Je n’ai pas envie de rater quelque chose avec ma famille », explique Patrice Lamy. Installé en individuel sur 52 hectares avec un troupeau de 55 Prim’Holstein (référence de 520 000 l), l’éleveur ne perd jamais de vue cette priorité quand il prend une décision. Suite au départ en retraite de ses parents en 2010, et malgré l’aide de son père, la question de l’augmentation de la charge de travail s’est posée. Première certitude, Patrice Lamy ne souhaitait pas s’associer avec un autre éleveur. « J’ai parfois du mal à me supporter moi-même », souligne-t-il avec humour.

Mais pour éviter les troubles musculosquelettiques, Patrice Lamy (46 ans) n’envisageait pas non plus de traire seul deux fois par jour jusqu’à sa retraite. Aussi, quand en 2015, l’ancienne salle de traite (2x5 installée en 1981) est arrivée en fin de parcours, l’éleveur s’est penché sur l’option robot de traite. D’autant que refaire une salle de traite aurait nécessité de construire un nouveau bâtiment. « Cela m’aurait coûté trop cher. »

Compte tenu de ces différents éléments, son choix s’est porté sur un robot Lely A3 acheté d’occasion 90 000 euros. Il a été mis en route en octobre 2015 dans l’ancien bâtiment. Mais pour que ce choix reste cohérent avec ses attentes en termes d’équilibre entre vie professionnelle et privée, il fallait aussi trouver une solution pour gérer les alertes robot en cas d’absence. Patrice Lamy prend une dizaine de jours de vacances en été, quatre à cinq week-ends et une quinzaine de jours par an. « Faire appel à un vacher de remplacement n’est pas évident quand on a un robot de traite. » 

Un binôme d'éleveurs très complémentaire

Cette source d’inquiétude a été balayée par l’évolution concomitante d’une exploitation située à 3 km de la sienne. Jean-François Marsollier, un ami installé en individuel, envisageait également d’investir dans un robot de traite. Les deux éleveurs ont préféré rester chacun de leur côté, quitte à s’entraider encore plus qu’auparavant. « Nous avons signé le bon de commande des robots à une heure d’intervalle. »

Le binôme fonctionne d’autant mieux que, côté vie privée, ils sont complémentaires. Patrice Lamy a deux enfants. Il aime le sport. Passionné par la génétique, il a jugé plusieurs concours. Il a notamment participé à la tournée de recrutement des Holstein pour le concours du SIA 2019 et la confrontation européenne de Libramont. « Jean-François n’a pas d’enfant. Contrairement à moi, il aime la chasse. Au final, on ne se retrouve pas à vouloir faire les mêmes choses au même moment. Cela facilite l’entraide. »

Concrètement, les éleveurs planifient à l’avance leurs congés et week-ends. « En cas d’absence ponctuelle ou d’imprévu, on s’appelle parfois la veille au soir. Mais dans ce cas, on continue à recevoir les alarmes de notre robot sur notre smartphone et on ne s’appelle que si un déplacement est nécessaire. Mais c’est très rare. »

Environ 1h30 le matin et 1h le soir

Lors des vacances ou des week-ends, le remplacement pour gérer des retards de traite, débloquer des vaches restées dans le robot… prend environ 1h30 le matin et 1h le soir. Patrice Lamy compte aussi sur son père pour soigner le troupeau. Son voisin fait appel à un salarié de la Cuma.

Toujours dans l’optique de diminuer le temps de travail d’astreinte, Pastrice Lamy a investi dans un robot aspirateur de lisier Lely en septembre 2016. La délégation totale des cultures est un autre levier utilisé. « N’avoir que 25 hectares de maïs à cultiver et voir le matériel dormir dans un hangar ne m’intéresse pas. Cela ne me coûte pas plus cher de déléguer les cultures. Et j’économise 90 heures de travail pendant la saison de maïs, que je peux consacrer aux animaux et à ma vie privée. »

Les points clés de l’entraide

Gestion totale des alarmes pendant les vacances
Chacun conserve ses alarmes en cas de déplacement ponctuel
Planification anticipée des vacances et week-ends
Entraide réciproque sans comptabiliser les heures
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