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Rétentions placentaires et métrites aiguës

Quand il faut tout faire pour que la laitière ait le maximum d’appétit aussitôt le vêlage, la rétention placentaire tombe bien mal et ouvre souvent la voie à d’autres problèmes de santé.

1- La rétention placentaire, une maladie très connectée

° Avec moins de 8 % de vaches en rétention placentaire, toutes causes confondues, vos vaches ne peuvent pas faire beaucoup mieux. Au-delà de 10 à 12 %, elles cumulent sans doute des facteurs de risque tels que l’âge, la durée de gestation légèrement raccourcie voire l’avortement, la gémellité, l’aide au vêlage.

° Il y a d’autres facteurs de risque qui expliquent bien les différences de fréquence entre troupeau et sur lesquels vous pouvez agir : les vaches trop maigres en fin de gestation, les trop grasses qui sont de très bonnes candidates à la mobilisation intense de leurs graisses et à l’hypocalcémie larvée qui inhibent l’une et l’autre le désengrènement du placenta, accessoirement le manque de vitamine A, de cuivre, de vitamine E ou de sélénium, le manque de magnésium et l’excès de phosphore. La rétention placentaire de la vache qui vêle à terme est considérée aujourd’hui comme relevant essentiellement d’un trouble de l’immunité relié à la conduite alimentaire en fin de gestation. Avec un taux de rétention placentaire qui dépasse 12 %, le troupeau subit sans aucun doute d’autres problèmes sanitaires auxquels ils sont reliés, y compris des infections mammaires en début de lactation. Voilà une bonne discussion à avoir au cours du bilan sanitaire.

2 - Infection utérine suite à un vêlage difficile

La métrite aiguë puerpérale fait suite au vêlage. Elle emboîte évidemment le pas de la rétention placentaire, mais elle débute aussi après un vêlage difficile qui a endommagé les parois vaginales et ensemencé l’utérus. Passés les quatre à cinq premiers jours de lactation, la vache n’est pas bien, elle consomme peu, présente éventuellement de la fièvre et elle a des écoulements vaginaux purulents parfois abondants après le 9e ou 10e jour après l’expulsion placentaire. La rétention induit une pullulation de bactéries qui se répandent parfois dans d’autres organes et la résorption de toxines qui dégradent fortement l’appétit. Cette vache qui continue à maigrir accentue son handicap métabolique et, incapable de sortir de l’ornière immunitaire, passe ensuite au stade de l’endométrite qui débouche sur l’infertilité parfois définitive.

3 - Qui prendre en charge ?

° La métrite aiguë qui survient après des manœuvres obstétricales et un vêlage difficile est du ressort du vétérinaire. Cette vache a mal et c’est ce que remarque l’éleveur attentif, elle a de la fièvre passé le 2e ou 3e jour qui suit le vêlage et elle est plus ou moins sonnée. Les plaies vaginales colonisées par les bactéries se nécrosent rapidement et ensemencent copieusement l’utérus ; elles sont faciles à observer. Il faut faire vite, sans attendre que l’état général de la vache se dégrade.

° La délivrance manuelle n’a d’intérêt que si elle est réalisée proprement, sans traumatiser l’utérus et en 15 minutes. Lorsque ces conditions ne peuvent être réunies, éleveur et véto sont assez démunis face aux vaches en rétention placentaire. Les troupeaux qui n’en ont pas beaucoup gardent généralement des vaches en forme, dont le placenta se détache le 9e jour et qui se purgent rapidement dans les jours qui suivent. Cette bonne santé apparente n’exclut pas qu’elles puissent faire des épisodes de fièvre inaperçus et sans gravité. Elles peuvent recevoir du propylène pour soutenir leur production mais ne méritent pas d’être traitées. Dans les troupeaux avec un fort taux de rétention placentaire pour des raisons métaboliques, les vaches accusent davantage le coup et maigrissent beaucoup au cours des 10 premiers jours. Ce sont ces vaches dont l’état général s’altère et qui font plus de 39°5 de fièvre qu’il faut rentrer dans les protocoles.

4 - Quelle prise en charge ?

° Rien ne permet de provoquer l’expulsion du placenta. Les jus purulents sont eux-mêmes emprisonnés dans l’utérus car le col est refermé dès le 3e jour et ne s’ouvrira suffisamment pour les laisser s’écouler que vers le 9e ou 10e jour. En attendant, que faire ? Mettre des oblets gynécologiques antibiotiques derrière le col ne résout rien dans un utérus cloisonné par les membranes. L’ocytocine qui pourrait contracter l’utérus n’est efficace que dans les tout premiers jours et les prostaglandines le deviennent au-delà de quinze jours. Alors, faut-il tenter de laver le contenu utérin ? Non, car la présence du placenta s’oppose à la circulation et à la vidange de l’antiseptique qui a aussi un effet défavorable sur la réponse immunitaire.

° Dans l’état actuel des évaluations et avec la disparition du ceftiofur des pharmacies d’élevage, les vaches en rétention placentaire et malades justifient d’un traitement antibiotique curatif avec une dose élevée d’oxytétracycline par voie générale. Ça n’est qu’aux environs du 15e jour que les prostaglandines pourront participer à la vidange, à un moment où la population bactérienne de l’utérus infecté change à nouveau. Ces vaches candidates à l’endométrite clinique ou subclinique méritent ensuite d’être prises en charge pour restaurer leur fertilité.

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