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« Rénover la salle de traite pour tenir jusqu’à la retraite ! »

Dans le Finistère, le Gaec du Bois Noir a agrandi et rééquipé sa salle de traite, en vue de réduire la durée et la pénibilité de la traite de ses 120 vaches. Une rénovation que le couple ne regrette pas.

« À 50 ans, nous avions envie d’une installation qui nous facilite la traite au quotidien pour tenir jusqu’à la retraite, résume Bruno Kérébel, en Gaec avec son épouse Gisèle. Pour autant, nous ne voulions pas repartir sur une construction entièrement neuve qui aurait engendré de gros travaux. » Et quitte à modifier les choses, autant le faire bien ! C’est pourquoi, les éleveurs ont fait appel au service prévention de la MSA pour les aider dans leur réflexion.

 

 
Bruno Kérébel. « Nous ne voulions pas repartir sur une construction entièrement neuve qui aurait engendré de gros travaux. » © Gaec du Bois Noir
Très peu d’éleveurs pensent à le solliciter alors qu’une visite gratuite est proposée. « C’est intéressant car ce service alerte sur les conséquences de certaines pratiques sur la santé, donne des idées d’agencement et d’équipements pour nous soulager et renseigne sur les aides que l’on peut obtenir. »

 

La conseillère MSA a notamment recommandé de passer à une salle de traite de plain-pied, ce à quoi le couple n’avait pas forcément pensé. La configuration des bâtiments permettait ce nouvel agencement ainsi qu’un rallongement de trois postes sur chaque quai, à l’avant de la salle de traite. « Nous n’avons plus besoin de monter et descendre sans cesse des marches et la traite dure moins longtemps », apprécient les éleveurs qui traient désormais 105 vaches dans une 2x9 épi en une heure et quarante minutes. Un pont motorisé a dû être installé car il n’était pas possible de créer un double couloir de sortie.

 

 
Un pont vérin a été aménagé suite au passage à une salle de traite de plain-pied. © S. Guiocheau

 

Une installation pensée pour réduire la pénibilité

Les travaux de rénovation ont duré de juin à novembre 2019. « Cela n’a pas été simple tous les jours, mais nous avons quand même toujours réussi à traire sur les deux quais, précisent les exploitants. Par chance, nous faisons tous les deux quasiment la même taille et la hauteur des anciens quais nous convenant bien, elle n’a pas été modifiée. »

 

 
Le déclenchement du vide s’exerce par une simple pression du bouton placé sur la rive du quai. Les manchons sont équipés d’un système de désinfection automatique sans post-trempage. © Gaec du Bois Noir
Les éleveurs ne voulaient pas de boutons de commande en hauteur pour déclencher le vide afin de ne pas trop solliciter les épaules. « La commande située au niveau du quai de traite s’actionne par une simple pression de la hanche. La griffe descend et il n’y a plus qu’à brancher la vache. »

 

De plus, le choix s’est porté sur des griffes plus légères. « Nous avons gagné 500 grammes par griffe, nous avons tout de suite senti la différence, se souvient Bruno. Au début, le concessionnaire avait installé des tuyaux en caoutchouc sur les griffes. Nous avons demandé à les faire remplacer par des tuyaux en silicone, plus légers. »

Désinfection automatique des trayons entre chaque vache

L’hygiène de traite n’a pas été modifiée, elle se cantonne à un nettoyage des trayons avec des lavettes individuelles lavées en machine. « Nous ne tirons pas les premiers jets par choix, avance Bruno. Par contre, nous avons opté pour un dispositif permettant une désinfection des faisceaux entre chaque vache. » Le déclenchement de l’injecteur monté sur le tuyau court à lait est commandé par l’ouverture de la porte de sortie. « Nous avons changé le produit car il sentait fort et encrassait l’installation. Nous utilisons désormais du péroxyde d’hydrogène alimentaire dosé par une pompe automatique. » La situation cellulaire s’est améliorée (130 à 160 000 cellules/ml contre 220 à 260 000/ml avant la désinfection automatique des manchons). Le Gaec n’a pas eu une seule pénalité en leucocytes depuis trois ans.

Accès aux données et alertes directement dans la fosse

 

 
Un écran tactile permet de consulter et de noter les événements sur chaque vache depuis la fosse de traite. © S. Guiocheau
Pour améliorer le confort et réduire les contraintes, le Gaec a également retenu d’autres équipements, dont l’identification des vaches. Elles sont reconnues grâce à leur collier dès qu’elles passent sous le portillon à l’entrée des quais. Un écran tactile, dans la fosse de traite, donne accès aux données du troupeau, « ce qui évite d’avoir à retourner dans le bureau pour vérifier telle ou telle information ». Une fonction vocale prévient aussi du statut de certains animaux en cas de mammites ou de vaches longue à traire par exemple.

 

Autre option appréciée des éleveurs : la porte de tri automatique pour séparer les vaches à isoler. « C’est encore un moyen de limiter les déplacements et de faciliter le travail. »

Le seul bémol concerne aujourd’hui l’aire attente dont la surface n’est plus suffisante, ce qui contraint à traire en deux lots. « On ne peut pas tout avoir quand on réaménage l’existant, conclut Bruno en souriant. Nous nous en sortons bien. Avec le chien électrique, nos vaches rentrent assez facilement, même sans courant. »

Côté éco

Coût des équipements en 2019

 

  • Système d’identification (logiciel, écran, antennes…) : 18 490 €
  • Griffes légères : 4 630 €
  • Système de désinfection automatique des trayons : 17 800 € (soit 1 000 €/griffe)
  • Pont : 2 260 €
  • Porte de tri : 8 500 €

 

Les travaux et équipements ont été subventionnés à hauteur de 23 % dans le cadre des PCAEA et de l’Agefiph.

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