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Quel est l’impact économique de la luzerne dans la ration ?

Introduire de la luzerne enrubannée dans des rations à base de maïs fourrage réduit le coût alimentaire. Mais pas la luzerne ensilée.

La luzerne est souvent mise en avant pour gagner en autonomie protéique. Mais permet-elle pour autant de réduire le coût alimentaire ? Quelle forme privilégier et quel niveau d’introduction retenir dans la ration ? Autant de questions auxquelles Arvalis a cherché à répondre à travers deux essais menés à la station expérimentale de La Jaillière en 2015 et 2016. La luzerne a été distribuée pendant deux mois à trois lots de 20 Prim’Holstein en phase descendante de lactation, sous deux formes : ensilée (21,4 % MAT) et enrubannée (20,8 % MAT). Elle a été introduite à raison de 15 et 30 % de la ration totale constituée de maïs ensilage, blé, tourteau de colza et CMV.

« L’incorporation de 4 kg MS/vache/j de luzerne enrubannée ou ensilée (15 %) dans une ration basée sur le maïs ensilage a donné de bonnes performances de production, indique Pierre-Vincent Protin en charge de l’étude. Les taux n’ont pas été significativement influencés par le niveau d’introduction de luzerne. » En termes d’autonomie, ces 4 kg MS de luzerne/VL/j ont permis de réduire de près de moitié la quantité de tourteau dans la ration par rapport au témoin « tout maïs ». Notons toutefois que la luzerne de l’essai était d’excellente qualité.

Réduction du coût alimentaire avec l’enrubannage de luzerne

« Sur la base de de ces résultats techniques, nous avons analysé l’impact sur le coût alimentaire dans les contextes de prix du blé et du tourteau des cinq dernières années (2011-2015) (1), poursuit Pierre-Vincent Protin. En moyenne, le coût alimentaire diminue de 12 €/1 000 l lorsque la luzerne enrubannée entre à hauteur de 15 % de la ration et de 5 €/1 000 l à 30 % d’introduction. La luzerne ensilée, quant à elle, entraîne une légère hausse du coût alimentaire de 3 €/1 000 l, aussi bien à 15 qu’à 30 % d’introduction. »

L’étude propose également une simulation de l’impact économique de l’introduction de luzerne à l’échelle d’une exploitation de 80 ha (2) avec des vaches à 9 000 kg/an, recevant de la luzerne quatre mois par an. « Le ratio prix du tourteau de colza/prix du blé apparaît un bon indicateur pour apprécier l’intérêt de produire de la luzerne sur son exploitation, estime Pierre-Vincent Protin. Pour l’enrubannage, on observe un effet positif sur le résultat économique direct (produit « lait + blé » – charges « lait + blé ») si ce ratio dépasse 1, ce qui est fréquent. Pour l’ensilage par contre, l’intérêt économique est rarement atteint, seulement si le ratio prix du tourteau de colza/prix du blé dépasse 2,5. »

Notons que l’étude ne prend pas en compte les bénéfices de la luzerne à l’échelle de la rotation (arrières-effets sur les cultures suivantes), l’effet positif sur la santé sur le troupeau ou encore le temps de travail… Par ailleurs, en élevage, lorsque de la luzerne intègre un régime constitué de maïs ensilage, une partie de celui-ci est souvent substitué par du maïs grain humide ou du maïs épi pour reconcentrer la ration, ce qui n’était pas le cas ici. Un autre essai couplant luzerne et maïs grain humide est justement en cours cet hiver à la station de la Jaillière.

(1) Les hypothèses sont retenues à partir d’Agreste pour les concentrés et le référentiel Pérel pour les fourrages avec un indice de variation annuel calé sur les rendements Isop.(2) Maïs 12 tMS/ha, luzerne 10 tMS/ha, blé 70 q/ha (150 €/t).

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