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Prix du lait : la pression monte pour des hausses salutaires

Intermarché et Système U ont communiqué sur la conclusion d’accords de revalorisation des produits laitiers. La Fnil et la FNPL mettent la pression pour l’application urgente et généralisée de hausses de prix en grande distribution.

Les yaourts font partie des produits laitiers qui ont été le moins revalorisés.
Les yaourts font partie des produits laitiers qui ont été le moins revalorisés.
© -J.C. Gutner - archives

Fin août, les communications de Système U et d’Intermarché annoncent que des accords de hausse de tarif ont été conclus cet été pour les produits laitiers. Le président de Système U, Dominique Schelcher, a affirmé sur BFM TV que du lait demi-écrémé à moins d’1 €/l en magasin, ce n’est pas tenable pour les producteurs confrontés aux hausses de charges et à la sécheresse. Il a assuré que dans ses magasins le prix du lait demi-écrémé sous marque distributeur (MDD) allait tendre vers les 1 €/l. Ces prises de position visent avant tout à engager les autres distributeurs à suivre le même mouvement et conclure rapidement des accords tarifaires semblables.

Seule la moitié des hausses demandées par les industriels ont été obtenues

La Fédération nationale des industriels laitiers (Fnil) reconnaît que des hausses - en moyenne entre +6 et +8 % - ont été accordées en juin et juillet. Mais « seules 50 à 60 % des demandes des transformateurs laitiers ont fait l’objet d’accords. Et il aurait fallu le double de hausses, soit entre +12 et +18%, pour couvrir l’ensemble des hausses de charge dans la filière, que sont le coût de la matière première agricole et les coûts industriels (logistique, transformation, stockage) », développe François-Xavier Huard, directeur général de la Fnil.

Les distributeurs traînent à appliquer les hausses en rayon

Il pointe également que l’évolution des prix des produits laitiers est bien en deçà de l’inflation. « Les industriels ont pris sur leurs marges au cours des derniers mois pour assurer la rémunération des producteurs. Cette situation n’est plus tenable ». La Fnil demande donc que tous les distributeurs acceptent les hausses légitimes de tarifs proposées par les transformateurs. Et que « les contrats déjà signés soient mis en œuvre de manière urgente ». En l’absence de revalorisations suffisantes, les transformateurs réorienteront certains produits vers des débouchés plus rémunérateurs, prévient-il.

La FNPL fait pression pour l’application des formules de prix

La FNPL communique dans le même sens, pour que tous les distributeurs revalorisent les produits laitiers. Mais pour augmenter le prix du lait à la ferme, encore faut-il que les industriels répercutent les hausses obtenues aux producteurs.

Or la FNPL constate que la loi Egalim 2 ne fonctionne pas : les industriels n’appliquent pas les formules de prix contractuelles. Par ailleurs, le syndicat indique que « certains industriels se sont peut-être servi de l’évolution des prix du lait pour rémunérer prioritairement leurs coûts industriels, de main-d’œuvre, d’énergie… mais pas les producteurs. Ce qui n’est pas l’esprit de la loi ».

Promesses d’actions sur le terrain

Le syndicat incite les producteurs à saisir le médiateur des relations commerciales agricoles ainsi que le médiateur de la coopération agricole. « Nous avons mis à disposition des sociétaires des coopératives un courrier type pour saisir le médiateur. L’objectif est d’interroger sur la non-application des formules de prix, et le fait que le principe de construction du prix en marche avant ne fonctionne pas », indique Thierry Roquefeuil, président de la FNPL. Le médiateur pourra alors interroger les transformateurs. « Et le Comité de règlement des différends commerciaux agricoles pourra donner un avis qui doit être exécuté. » L’objectif de la FNPL est que le prix du lait soit significativement revalorisé sur le 4e trimestre. « Si ce n’est pas le cas, nous engagerons des actions sur le terrain », promet Thierry Roquefeuil.

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