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[Video] Prix du lait : des actions pour faire appliquer Egalim

Les négociations commerciales annuelles entre la grande distribution et les transformateurs laitiers, pour les marques nationales, s’achèveront d’ici la fin février. Les producteurs de lait, l’Etat… font pression sur l’aval pour que Egalim soit appliquée.

sur un marché, action de la FNPL, pour le prix du lait
La FNPL (producteurs de lait, FNSEA) était, accompagnée d’une vache, ce 3 février sur un marché de Paris, pour «demander aux consommateurs s'ils sont prêts à payer des produits laitiers un peu plus cher, pour que le producteur soit rémunéré au prix de revient du lait». D’autres mobilisations sont à venir sur des marchés et des parkings de supermarchés sur tout le reste du territoire.
© FNPL

Des FDSEA et JA ont mené des actions en supermarché, pour demander à la grande distribution d’arrêter de demander des baisses de tarifs alors que les producteurs de lait ont besoin que le prix du lait augmente pour mieux couvrir leurs coûts de production. « Nous demandons la pleine application de la loi Egalim », résume Ghislain de Viron, trésorier de la FNPL.

Depuis quelques jours, la FNPL mène des actions « micro-trottoirs » qui s’adressent aux consommateurs, comme dans la Sarthe et la Somme la semaine dernière, et à Paris mercredi dernier. « Des enseignes invoquent le pouvoir d’achat des consommateurs pour demander des baisses de tarif. Nous avons donc demandé aux consommateurs s’ils seraient prêts à payer un peu plus, pour que notre prix du lait couvre nos prix de revient », plante Ghislain de Viron. Pour ce faire, la FNPL présente ce que donnerait une hausse de 5% du prix à la consommation sur un pot de yaourt (1 cE), sur un litre de lait (4 cE)… Pour une famille, cela peut représenter une dépense supplémentaire de 2 € par mois. « Egalim n’est pas l’ennemi du pouvoir d’achat », souligne Ghislain de Viron. Et cela permettrait au prix du lait de couvrir le prix de revient moyen à la production.

Egalim a permis au prix du lait d’augmenter en 2019 et de ne pas trop décrocher en 2020. « Mais, comme toute la filière l’admet, ce n’est qu’une première marche. Nous demandons qu’en 2021, la partie valorisée en France couvre notre prix de revient moyen, qui est de 403 € les mille litres, en prix payé toutes qualités confondues (indicateur validé et publié par le Cniel), soit 388 € en prix de base. »

Un prix du lait "conforme" de 352 €/1000 l pour janvier 

La FNPL publie depuis ce mois de janvier le prix conforme à Egalim. Il est calculé en prenant 60% du lait valorisé en PGC (produits de grande consommation) France ; 20% du lait valorisé en PGC à l’export ; et 30% du lait valorisé en produits industriels. Pour la partie PGC France, l’indicateur est 100% du prix de revient des éleveurs. Pour la partie PGC Export, l’indicateur est le prix du lait allemand. « Ce n’est pas un indicateur pertinent car il intègre pour moitié des produits industriels », souligne Ghislain de Viron. Pour la partie Produits industriels, l’indicateur est la valorisation beurre poudre.

Ce qui donne pour janvier 2021, un prix conforme de 352 €/1000 l = 60% à 388 € + 20% à 314 € + 30% à 280 €. Ce qui est très loin des prix annoncés pour janvier (autour de 315 – 338 € pour un certain nombre de laiteries).

Pour un outil de transparence

Les consommateurs et la Grande distribution seraient d’accord pour ce niveau de hausse, à condition que celle-ci aille bien aux éleveurs. « Ce qui manque, c’est donc la transparence dans le retour au producteur », enfonce Ghislain de Viron.

L’outil de transparence que le ministère de l’Agriculture appelle de ses vœux cible cet enjeu : garantir que les hausses de tarif bénéficient bien aux producteurs de lait. Il reste à le construire. Peut-être à l’aide de contrats, avec un système de certification par un organisme extérieur, comme cela existe déjà pour certains contrats tripartites.

« En tout cas, nous ne pouvons pas attendre trois ans pour que le prix couvre notre prix de revient. Encore un tiers des éleveurs sont en grave difficulté financière. Il y a un enjeu de transmission – installation des fermes laitières », insiste Ghislain de Viron.

Enfin, les négociations entre les laiteries et les organisations de producteurs patinent toujours pour un certain nombre, pour prendre en compte le prix de revient dans la formule de prix du lait. Là aussi, l’impatience monte…

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