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Pourquoi bichonner les vaches taries ?

Le tarissement doit se concevoir comme la préparation à la lactation suivante et la prévention de nombreux risques sanitaires pour la vache et son veau. Voici les conseils du vétérinaire Arturo Gomez, responsable R&D Ruminants Zinpro pour favoriser la santé des vaches taries.

 

Phase 1 : Viser une bonne longueur d’auge

 

 
Pour encourager l’ingestion de la ration, l’accès à une longueur d’auge suffisante est primordial. « Trois semaines avant et après vêlage, les vaches ont besoin de 75 cm de linéaire d’auge par animal. Un cornadis de 65-68 cm par vache, ce n’est pas assez. Dans ce cas, mieux vaut alors tabler sur cinq cornadis pour quatre vaches. » L’objectif est non seulement de limiter la compétition à l’auge mais aussi d’encourager l’ingestion par allélomimétisme, cette tendance naturelle des vaches à imiter ce que font leurs voisines.

 

« Les vaches taries méritent également le meilleur fourrage de la ferme pour stimuler leur appétit, rappelle le vétérinaire. Tous les éleveurs devraient connaître l’ingestion des vaches avant le vêlage. Il faut viser 12-13 kg MS, et jamais moins de 10 kg MS. » Veiller à ce qu’il y ait 5 % de refus à l’auge et de l’eau en quantité non limitante.

Phase 2 : Offrir un max de confort

 

 
Les vaches taries ont besoin d’un espace de repos confortable. Elles méritent un logement trois étoiles, en veillant d’abord à la qualité du matériau de couchage. Le sable, le compost et la paille sont préférables aux matelas et tapis. Les aires de couchage sont idéales. S’il y a des logettes, il faut veiller à une longueur adaptée. « Associée au positionnement de la barre au garrot, elle détermine la façon de se coucher de la vache. La largeur des logettes dépend du poids vif des animaux. Pour les taries, je préconise une largeur de 130 cm. »

 

L’aire de vie pendant le tarissement des vaches est à rafraîchir en priorité en période de stress thermique. Elles y sont particulièrement sensibles et les conséquences sont très préjudiciables. Sur l’immunité, mais également sur la repro, la production de la prochaine lactation et les futures performances des génisses stressées in utero. Favorisez l’ombre et si vous installez des ventilateurs, commencez par le box des taries ! 

Phase 3 : Limiter les interactions sociales

 

 
« Les vaches sont sensibles aux mouvements d’animaux durant le tarissement. L’idéal serait qu’une fois tarie, une vache intègre un groupe et y reste jusqu’au vêlage. » Concrètement, cette pratique n’est guère envisageable. Par contre, on peut réduire les interactions en définissant par exemple un jour par semaine (ou par décade) pour le tarissement. Ainsi, aucune vache ne rentre dans le groupe, au moins jusqu’à la semaine suivante. Le temps qu’une nouvelle hiérarchie se mette en place au sein des taries.

 

Le départ vers le box de vêlage est une autre source de stress. « Déplacer la vache entre trois et dix jours avant terme est un mauvais compromis. Mieux vaut privilégier des temps de séjour courts en box de vêlage (2 jours ou moins). Cela limite le temps où elle reste seule et de toute façon, à l’approche de la mise-bas, elle se préoccupe moins de ses congénères que du vêlage en lui-même. »

Phase 4 : Zéro boiterie avant vêlage

 

 
L’objectif est de n’avoir aucune vache boiteuse parmi les taries. D’une part, les boiteries entraînent un inconfort. D’autre part, elles limitent la capacité d’adaptation des vaches aux différents stress auxquels elles sont exposées. « En cas de boiterie, la douleur et l’inflammation provoquent une augmentation du niveau de cortisol (hormone du stress). Et si d’autres stress surviennent, les vaches parviennent moins bien à y faire face et le métabolisme de l’animal se voit pénalisé, notamment l’utilisation de l’énergie. » 

 

« Les éleveurs ne font pas toujours le rapprochement entre certaines pratiques inadaptées au tarissement et les problèmes rencontrés quelques mois plus tard. Pourtant, les deux sont fortement corrélés. Par exemple, il n’est pas rare qu’un problème d’ulcère de la sole survenant à 3 mois de lactation trouve son origine autour du vêlage. » Pour synthétiser la kératine qui servira à la formation des onglons, la vache ne recourt à aucune autre source d’énergie que le glucose. Or, autour du vêlage, le glucose est mobilisé en priorité pour la production et l’immunité.

Phase 5 : Alimentation minérale de la vache tarie

Le tarissement est la période où il faut mettre le paquet sur les vitamines et les oligoéléments (en particulier le zinc, le manganèse, le cuivre et le cobalt). Une minéralisation non satisfaisante au tarissement entraînera des difficultés au vêlage, un colostrum de moins bonne qualité et pénalisera le transfert immunitaire mère-veau.

L’hypocalcémie ou fièvre de lait sub-clinique est un facteur de risque de nombreuses affections et elle pénalise l’immunité. Ses signes sont généralement invisibles et ses symptômes peu détectables. Une vache en hypocalcémie est fatiguée, passe plus de temps couchée et donc mange moins. Elle maigrit davantage, avec un risque d’acétonémie accru. Les conséquences commencent à se manifester peu de temps après la mise-bas, avec des problèmes de non-délivrance, des métrites, retournements de caillette et non-retour en chaleur. Distribuer un régime à Baca négatif (bilan alimentaire anions-cations), notamment à travers la complémentation minérale adaptée pendant le tarissement, permet à l’animal de mobiliser ses réserves en calcium et d’éviter l’hypocalcémie.

 

Mise en garde

Il faut tarir les vaches en « bon état » corporel avec une note comprise entre 3 et 3,75. L’idéal est de tarir à la note souhaitée au vêlage, le tarissement permettant simplement de la maintenir. Toute vache qui perd ou prend de l’état s’avère plus fragile au vêlage.

 

Lire l'article Chouchoutez vos vaches taries

Et aussi l'article Faites-vous pâturer vos vaches taries un mois avant vêlage?s

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