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PAC : Pour la FNPL, des premières propositions qui vont dans le bon sens pour les éleveurs laitiers mais insuffisantes

Les pouvoirs publics semblent avoir pris en compte la nécessité d’un rééquilibrage de la Pac en faveur des laitiers, estime la FNPL. Notamment avec l’entrée à l’UGB pour les aides couplées, et différentes modalités d'accès aux Eco-régimes. Mais il manque encore une reconnaissance de la polyculture-élevage.

© E; Bignon

« Les producteurs de lait sont ceux qui ont perdu le plus au niveau de la PAC depuis 15 ans avec la convergence des aides, a rappelé Thierry Roquefeuil lors d’une conférence de presse le 8 avril dernier. Aux vues des premières propositions concernant le plan stratégique national, les pouvoirs publics semblent l’avoir pris en compte ».

Lire aussi: Les dix points à connaître sur la prochaine Pac

Sur les 250 € d’aide qui étaient accordés à la vache laitière en 2005, 208€ sont en effet aujourd’hui tombés dans le pot commun.  « Un rééquilibrage est indispensable si l’on veut enrayer la déprise laitière », souligne Daniel Perrin, secrétaire général. Sur le début de l’année, en quatorze semaines, la production a baissé de 195 millions de litres par rapport à la moyenne des dix dernières années, constate le syndicat. Un ralentissement de la production, présent partout en France, encore plus marqué dans les régions laitières comme la Bretagne et les Pays de la Loire.

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Un rééquilibrage indispensable pour enrayer la déprise

Pour la FNPL, deux propositions des pouvoirs publics correspondent aux aspirations que le syndicat avait présentées dans une plaquette en septembre dernier. La première ce sont les Ecorégimes, avec la reconnaissance de la mise en valeur différente d’un hectare en fonction de la présence ou non d’animaux, différentes modalités d’entrée comme la biodiversité, le travail et l’emploi. Le second signal fort est le couplage avec une entrée à l’UGB. « C’est une réponse faite aux éleveurs laitiers. Elle pose des difficultés aux éleveurs allaitants, nous le déplorons mais c’est aux pouvoirs publics de trouver les bons équilibres entre les différents leviers pour conserver les liens aux animaux»,  souligne Marie-Thérèse Bonneau, vice-présidente. Le couplage à l’UGB pourrait par ailleurs contribuer à désengorger un peu le marché très perturbé des petits veaux de 8 jours en incitant des éleveurs à aller vers l’engraissement.

Une surdotation liée au bien-être animal

Mais il reste pour la FNPL à travailler sur les modalités d’accès aux Eco-régimes, à faire davantage reconnaître tous les chantiers ouverts en élevage (bas carbone…)  . « 60- 70% des éleveurs laitiers pourraient avec les propositions actuelles en bénéficier, ce n’est pas suffisant», souligne -t-elle. « Une surdotation liée au bien-être animal pourrait être une façon de reconnaître le travail généré par les animaux occupant les surfaces », avance Thierry Roquefeuil en rappelant la certification collective engagée par la filière laitière autour du bien-être animal. « Il manque aussi au niveau des premières propositions la reconnaissance de la polyculture élevage : si l’on veut garder des prairies, il faut garder des animaux mangeurs d’herbe».

Pour  éviter l’abandon de l’élevage au profit des cultures, les pouvoirs publics devront « savoir prendre des décisions fortes. On sait qu’au niveau européen, on ne peut pas avoir d’aide à l’UTH ; il faut trouver des solutions au niveau de la Pac pour maintenir des hommes et des femmes dans les exploitations laitières ».

A savoir

Un premier arbitrage sur la déclinaison française de la future Pac, le Plan stratégique national (PSN), devrait être livré par le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie «courant avril», a confirmé son cabinet le 8 avril.Il portera sur les budgets alloués aux grandes mesures et les «principaux critères» d’éligibilité. L'objectif reste d'arrêter un projet de PSN pour l'été, pour envoi à Bruxelles d'ici la fin de l'année.

Lire aussi Les agriculteurs manifestent par peur d'être perdants de la future Pac

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