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Négociation compliquée entre Danone et l’OP Sud-Est

La difficulté d’intégrer une référence coût de production acceptable pour les producteurs et le revirement de Danone sur la démarche « alimentation française » interrogent l’OP Danone Sud-Est.

Si l'indicateur de coût de production du Cniel repose sur deux Smic, il reste difficile aux OP de le faire accepter par les industriels.
Si l'indicateur de coût de production du Cniel repose sur deux Smic, il reste difficile aux OP de le faire accepter par les industriels.
© Réussir - Archives

« Notre contrat de cinq ans arrivant à son terme le 31 décembre 2021, nous avions entamé des discussions avec Danone en octobre pour élaborer un nouveau contrat », raconte Jérémy Epalle, président de l’OP Sud-Est (266 exploitations, 90 millions de litres). Depuis, les discussions patinent.

La formule de prix contractuelle reposait sur un indicateur coût de production qui prenait les deux meilleurs quintiles avec 1,5 Smic. « Pour le nouveau contrat, nous avons proposé une référence qui colle à notre réalité : le coût de production moyen Cerfrance de la zone qui reflète la diversité de nos systèmes (plus ou moins spécialisés, plaine, montagne…). Avec deux Smic, qui est la valeur prise pour calculer l’indicateur prix de revient du Cniel. Et l’indexation de l’indicateur sur l’évolution de l’Ipampa par semestre. Notre proposition a été rejetée. »

De plus, à l’époque, l’industriel souhaitait mettre en place la démarche « alimentation animale certifiée origine France » déjà déployée sur la zone de l’OP Centre-Est. « Mais quand nous avons montré une étude d’Adice (conseil en élevage) qui évaluait le surcoût actuel à 50 €/1 000 l, Danone n’a pas voulu le prendre en charge en totalité, juste en partie. Pour nous, il n’était pas question de partager le risque. »

Vers un contrat court terme ?

L’OP se mobilise alors avec l’aide de la FRSEA et de JA. « Danone est revenue vers nous avec une proposition très différente de leur posture initiale et en décalage avec nos propositions. Ils veulent expérimenter un contrat court terme d’une durée bien inférieure à cinq ans, avec une formule de prix qui reflète les débouchés de l’usine de Saint-Just-Chaleyssin (Isère), donc un peu plus soumise aux marchés export que leur activité France globale. Il n’est plus question de la démarche « alimentation française ». Leur indicateur coût de production moyen ne repose pas sur la même référence que le nôtre, et ils n’indexent pas tous les postes que nous proposions sur l’évolution de l’Ipampa. »

L’OP refuse cette proposition trop éloignée de la sienne, mais va néanmoins envoyer une proposition de contrat de vente de lait court terme à Danone. « Egalim2 est compliquée à appliquer. Si l’industriel refuse systématiquement nos propositions, que peut-on faire ? » En attendant, l’ancien contrat s’applique, et les discussions se poursuivent.

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