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Les prix des tourteaux se détendent un peu

La demande baisse. Le prix du non-OGM diminue, mais attention au manque de visibilité sur l'offre.

Le soja non-OGM de la mer noire n'arrive plus à cause de la guerre en Ukraine.
Le soja non-OGM de la mer noire n'arrive plus à cause de la guerre en Ukraine.
© C. Pruilh

A la mi-mai, le prix du tourteau de soja conventionnel (OGM donc) était revenu à son niveau de début d'année - environ 500 €/t - après un pic au mois de mars, dû à de la spéculation. Il reste au-dessus de son niveau d'avril 2021 (420 €/t). « Nous n'identifions pas de soucis d'approvisionnement », rassure François Cholat, président du Snia, syndicat national de l'industrie de la nutrition animale.

Peu d'origines possibles en non-OGM

Le prix du tourteau de soja garanti non-OGM a baissé entre avril et la mi-mai (de environ 840 à 760 €/t, départ Montoir), mais reste élevé. L'écart de prix avec le conventionnel, appelé la prime au non-OGM, tourne autour de 260 €/t. Et attention ! L'offre en tourteau de soja garanti sans OGM reste incertaine. « On navigue à vue, au mois le mois. Un cargo est venu du Nigeria ; leur reste t-il du non-OGM pour les prochains mois ? On ne sait pas. L'Inde n'exporte plus. Au Brésil, il n'y a que 2% des surfaces consacrées au non-OGM », souligne François Cholat. Le soja non-OGM de la mer noire n'arriverait plus à cause de la guerre en Ukraine. Et l'Europe de l'Ouest produit encore très peu par rapport à ses besoins.

Enfin, le prix du tourteau de colza au départ de Montoir (11 mai) baisse depuis le pic de mars à 520 €/t pour atteindre 435 €/t. Ce prix reste au-dessus de celui de janvier (400 €/t) et du printemps 2021 (340 €/t).

Les arrêts d'élevage pèsent sur la demande

« La détente des prix reflète la baisse de la demande en tourteaux, qui est essentiellement due à la grippe aviaire et aux arrêts d'élevages en porcs, volailles, ainsi qu'en ruminants. Nous estimons cette baisse à un million de tonnes d'aliments (dont non-OGM), indique Français Cholat. Les tentatives des éleveurs pour réduire les quantités distribuées ne pèsent pas sur les volumes vendus. Les éleveurs n'ont en effet pas forcément intérêt à réduire la production laitière, ni à prendre de risque pour la carrière de leurs vaches. » Enfin, la demande chinoise devrait baisser avec les confinements dus au Covid-19 en Chine.

Rédaction Réussir

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