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Les industriels risquent de bouder certains produits laitiers

Face au manque de revalorisation des tarifs par la distribution, les laiteries sont formelles : des arbitrages vers des produits ou débouchés mieux valorisés auront lieu au détriment des produits qui ne margent pas comme l’ultra-frais frais ou les premiers prix.

Du fait de la baisse de la production laitière, les industriels seront égalment tenter de mieux valoriser le lait à leur disposition.
© C. Baudard

Si la grande distribution n’accepte pas les hausses de tarifs demandées alors « les transformateurs feront des arbitrages, alerte François-Xavier Huard, p.-d.g de la fédération des industriels laitiers privés. Ils chercheront des débouchés mieux valorisés, à l'export par exemple ». Conséquences :  ils délaisseront les produits qui ont été insuffisamment revalorisés, comme c'est le cas dans l'univers de l'ultra frais. « En rayon, cela aboutira à des rayons moins variés », prévient-il.

Même écho du côté des coopératives. « Le risque est que nous coupions certaines lignes de production ou que nous nous tournions vers des marchés plus rémunérateurs », confirme Pascal Le Brun, président de la Coopération laitière citant notamment les marchés européens où l’inflation y est sans commune mesure à ce que connaît l’hexagone.

Des propos appuyés par les fabricants de produits laitiers frais. Dans un communiqué du 2 septembre, leur syndicat, Syndifrais, avertit que « sans une rapide revalorisation additionnelle, les entreprises adhérentes de Syndifrais seront amenées à faire des arbitrages dans leurs fabrications. La disponibilité des produits est aujourd’hui menacée. » Notamment les catégories qui sont « aujourd’hui en marges négatives ».

Pour eux, celle une revalorisation des tarifs de l’ordre de de 20 à 24% au titre de l’année 2022, permettait de ne pas mettre à mal « la continuité d’approvisionnement des consommateurs ». Pour 2023, ils tablent déjà sur des besoins de « 15% et 20% à ce stade ».

 

Les premiers prix sont-ils également menacés ?

Pour Philippe Leseure, directeur filière de la laiterie Saint Denis de l’Hôtel le risque existe également de voir les industriels délaisser les produits premiers prix à faible marge. « Si les distributeurs ne réagissent pas, il y aura des réorientations de fabrication, pour aller sur des débouchés mieux valorisés, comme l'export par exemple. Ce qui pourra entraîner des ruptures en magasin. Les transformateurs chercheront à arrêter les produits sur lesquels ils perdent le plus d'argent, notamment les premiers prix. »

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