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« Le traitement de l’eau nous apporte plus de sérénité »

Au Gaec Des Portes, dans la Manche, avec 120 Holstein traites par deux robots, des taurillons… ce sont jusqu’à 100 m3 d’eau qui passent chaque jour par un déferriseur et une désinfection au dioxyde de chlore.

« Quand il n’y a plus d’eau ici, il n’y en a plus nulle part ailleurs », indique en souriant Yannick Herpe, associé avec son frère et sa belle-sœur à Cérences, dans la Manche. Autrement dit, sauf problème avec la pompe, le forage fournit suffisamment d’eau pour le troupeau laitier (120 Prim’Holstein à 10 000 kg), les taurillons, trois poulaillers (en SCEA) et trois maisons d’habitation. « Nous consommons jusqu’à 100 m3 d’eau par jour. Pour être certains de ne pas manquer d’eau, nous avons toujours une seconde pompe de secours pour le forage. Nous avons également modifié le raccordement au réseau (tuyau de 50 mm de diamètre) pour avoir un débit de 12 m3 d’eau par heure en cas de panne du côté du forage. » Par ailleurs, le Gaec a investi dans un système permettant de stocker 50 m3 d’eau.

Jusqu’en 2012, l’eau était désinfectée au chlore mais pas traitée contre l’excès de fer malgré une teneur élevée (2 mg/l). « Il y avait une pompe à chlore dans les poulaillers et une autre pour les bovins. Ce n’était pas simple à gérer. »  Le passage à la traite robotisée va donner un sérieux coup de pouce à la décision d’investir dans un système de désinfection et de déferrisation centralisé dans un même local. « J’en avais assez de nettoyer les filtres des robots une à deux fois par jour à cause du fer. L’excès de fer perturbait le fonctionnement du système de nettoyage et de désinfection à la vapeur des manchons de traite (Lely Pura) », explique Yannick Herpe. Sur la base des conseils de la société Ocène, le Gaec a investi 35 000 euros (équipement et installation compris) dans un système de traitement et de stockage de l’eau.

Fin des problèmes avec le robot de traite

« Avec un forage de 50 mètres de profondeur, le risque de contamination bactérienne à la source est faible. En revanche, la contamination peut intervenir après. Par exemple, avec une température ambiante de 33°C au démarrage des poussins, la prolifération bactérienne peut être très importante », précise Jean-Philippe Lavigne, d'Ocène. « Depuis la mise en route de l’équipement, la croissance des poulettes s’est améliorée », affirme l’éleveur.

L’impact de la désinfection de l’eau sur le troupeau laitier est en revanche plus difficile à évaluer avec précision. Quand une analyse bactérienne de l’eau n’est pas bonne, c’est un facteur de risque supplémentaire. Mais cela n’a jamais vraiment été le cas dans cet élevage. En revanche, la déferrisation ayant notamment permis d’améliorer le nettoyage et la désinfection des manchons trayeurs, « elle a contribué à éviter les problèmes de cellules ou de mammite, note avec satisfaction Yannick Herpe. J’ai constaté une amélioration des résultats de repro mais il est très difficile d’affirmer que c’est vraiment ou complétement dû au traitement de l’eau ».

Le dioxyde de chlore préféré au chlore

Pourquoi avoir choisi du dioxyde de chlore pour désinfecter l’eau ? Pour Yannick, la réponse est sans appel. « Vous ne verrez plus jamais des bidons de chlore dans la cour de la ferme. Le chlore ne se conserve pas bien. » Jean-Philippe Lavigne confirme ces propos. « Le chlore se dégrade naturellement en trois ou six mois. Il faut par conséquent n'en acheter qu’en fonction de ses réels besoins. Par ailleurs, le chlore se dégrade très vite quand les conditions de stockage sont défavorables (en plein soleil…). »

Concrètement, la production de dioxyde de chlore se fait en mélangeant du chlorite de sodium (7,5 %) avec de l’acide chlorhydrique (9 %). Il faut donc installer deux pompes doseuses. Les pompes sont préréglées pour avoir un mélange homogène. En cas de problème au niveau des pompes ou de stock de produits, l’éleveur est prévenu par une alarme installée près de la pompe. « Nous proposons également d’installer une alarme lumineuse à l’extérieur du local pour éviter aux éleveurs de s’y rendre régulièrement », explique Jean-Philippe Lavigne.

L’option électrolyse à membrane a, comme celle du chlore, été écartée. « Ce système de désinfection est plus coûteux. Il peut se justifier dans des élevages hors-sol pour détruire les biofilms quand la longueur des canalisations est très importante. Mais ce n’est pas le cas dans cet élevage. » Par ailleurs, quand Yannick doit vacciner un lot de poules, il lui suffit d’arrêter le traitement avec le dioxyde de chlore 24 heures avant pour préserver l’efficacité du vaccin. « Ce n’est pas possible en cas de désinfection par électrolyse. »

Côté éco

Un investissement d’environ 27 000 €

Traitement de 100 m3 d’eau par jour à 2 mg de fer/l, coût hors installation des équipements, terrassement et aménagement du local.

• 20 000 euros pour la tour d’oxydation, le déferriseur, équipement et deux bidons de 200 l de produits pour fabriquer le dioxyde de chlore, la pompe de reprise
• 7 000 € pour les équipements périphériques (achetés chez un autre fournisseur) : bâche de stockage de 50 m3 et compresseur d’air
• 0,13 €/m3 d'eau avec un amortissement sur 7 ans
• 0,10 €/m3 d'eau pour les produits utilisés pour fabriquer le dioxyde de chlore et dans la tour d’oxydation
Source : Ocène

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