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« Le suivi mensuel de la marge sur coût alimentaire me permet d’être réactif dans la conduite de mes vaches laitières en Ille-et-Vilaine »

En Ille-et-Vilaine, Alexandre Chevillon suit au plus près les performances techniques et économiques de son troupeau. Grâce au calcul mensuel de la marge sur coût alimentaire, il peut ajuster sa conduite promptement.

Quand le bilan comptable livre ses chiffres, plus d’un an s’est écoulé entre les choix techniques et les conséquences économiques. Un suivi technico-économique rapproché s’impose alors pour maximiser la rentabilité de son exploitation, d’autant plus dans un contexte de volatilité. C’est le choix qu’ont fait Marie-Françoise, Guy et leur fils, Alexandre Chevillon.

« Sans données, on ne peut pas piloter, estime Alexandre Chevillon. Le suivi mensuel de la marge sur coût alimentaire permet d’être plus réactif et de savoir rapidement où on en est économiquement sur la production laitière, qui fait 80 % du chiffre d’affaires du Gaec. » Il s’appuie sur le suivi technique et le logiciel Aunéor, de leur fournisseur d’aliments, la coopérative Le Gouessant.

Suivi mensuel de vingt indicateurs

Depuis deux ans et demi, chaque mois, leur technicien leur présente les résultats technico-économiques synthétisés en vingt indicateurs. « Un peu comme une GTE* lait, présente Anthony Salmon, référent technique régional à Le Gouessant. La marge sur coût alimentaire est un bon indicateur de l’efficience de l’atelier lait. »

Une alerte que l’éleveur aurait aimé avoir il y a quelques années, quand un changement d’aliments a fortement pénalisé la production. « Nous payions le même prix que le précédent aliment, mais les vaches donnaient 5 kilos de lait de moins. Nous étions dans les travaux du bâtiment. Le temps que l’on analyse la situation, nous avons perdu de la rentabilité, regrette Alexandre Chevillon. Avec un suivi de la marge sur coût alimentaire, nous aurions été alertés beaucoup plus vite. Nous aurions pu réagir dès que les résultats ont décroché. »

Suivre l'incidence d’un changement de ration

Les trois associés estiment d’autant plus important ce suivi qu’ils travaillent avec une ration en pleine évolution. Pendant longtemps, en complément du pâturage, le foin était le seul fourrage distribué. « Nous avons arrêté le maïs pour plusieurs raisons, retrace Guy Chevillon. Des problèmes de dos m’imposaient de faire moins de tracteur. En plus, du fait de la proximité avec la forêt, nous avions des dégâts de sangliers. »

Pour optimiser la valeur alimentaire, les associés sont passés du foin à l’enrubannage. Puis, pour réduire les coûts et augmenter l’ingestion, c’est désormais sous forme d’ensilage que l’herbe est conservée. La ration hivernale actuelle est de 12 kilos d’ensilage d’herbe et sorgho auxquels s’ajoutent 13,7 kilos d’aliments.

En parallèle de ces changements de ration, l’exploitation a augmenté sa production avec l’installation d’Alexandre en 2021. « De 72 vaches, nous sommes passés à 90 vaches. Nous voulons arriver à 100, voire 120 », envisage le jeune éleveur.

« Sur l’effectif des vaches traites, le logiciel nous indique un coût fourrager de 1,10 €/VL/jour et un coût de concentrés de 4,7 €/VL/jour, détaille Alexandre Chevillon. Ce qui pourrait sembler élevé, mais nous avons en face du lait et des taux. De janvier à septembre 2024, la marge sur coût alimentaire est, en moyenne, de 9,8 €/VL/jour, ce qui nous confirme l’intérêt économique de notre approche. »

 
<em class="placeholder">« Le suivi mensuel de la marge sur coût alimentaire me permet d’être réactif dans la conduite de mes vaches laitières en Ille-et-Vilaine »</em>

Le Gaec dégage 2 300 euros de marge brute par vache présente, « soit le même niveau que la moyenne Cerfrance alors que nous avons 40 % de primipares », précise Alexandre Chevillon. « L’efficacité alimentaire paie », confirme Anthony Salmon.

L’an dernier, les associés peuvent se féliciter d’avoir augmenté leur marge tout en autofinançant les génisses nécessaires à l’accroissement du troupeau. Le suivi mensuel des résultats leur a donné une idée précise de la rentabilité, ce qui leur a permis de prendre des décisions sur des investissements sans attendre. « Pour passer en ensilage, nous avions besoin de silos, relate l'éleveur. Nous avons pu obtenir un prêt plus rapidement que s’il avait fallu attendre le bilan comptable, car nous avons pu présenter nos résultats économiques et notre capacité à faire face à l’annuité. »

Le suivi de la marge sur coût alimentaire permet aussi de se projeter. « Tous les ans, nous nous fixons des objectifs pour progresser sur le seuil de rentabilité, sur la marge sur coût alimentaire et nous les traduisons en amélioration technique », confirme Alexandre Chevillon. Les trois associés réfléchissent à investir dans un robot d’alimentation pour améliorer l’ingestion et la régularité de la ration, tout en réduisant la charge de travail. Avec leur logiciel, ils pourront estimer l'évolution d’un tel investissement ou d’une nouvelle stratégie technique sur leurs résultats, avec différentes hypothèses.

*gestion technico-économique

Fiche élevage

Gaec Rues Henry

3 actifs

1,1 Ml sous cahier des charges Bleu Blanc Cœur sans OGM

113 ha, dont 83 ha en prairies

Toujours des marges de progrès
Comparaison de la marge sur coût alimentaire en €/VL/j202220232024
Gaec des Rues Henry9,19,39,8
Moyenne Le Gouessant8,78,99,2
10% supérieur Le Gouessant10,911,411,3

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