Aller au contenu principal

Le panaris de cette vache aurait dû être traité plus vite

« J’ai une vache qui boîte, quel antibiotique je dois lui faire ? » L’éleveur a pour cette fois « gagné », car la vache souffre d’un panaris. Une des très rares affections du pied nécessitant un traitement antibiotique par voie générale.

Le traitement le plus conseillé sur les problèmes de pieds est souvent… de lever le pied ! De la vache évidemment, et sans trop traîner. On entend encore trop « elle a mal, elle s’est fait bousculer » ou « si elle a mal, avec un anti-inflammatoire, ça suffira ? » Non. ! 80 à 90 % des boiteries des vaches viennent du pied, et les causes sont très variées : abcès, panaris, limace, Mortellaro, seimes… Certaines sont infectieuses, d’autres dues à un défaut de parage, une mauvaise conformation du pied, un milieu de vie inadapté (cailloux, humidité…), à l’alimentation, etc. Le traitement et son efficacité dépendront de la prise en charge précoce et adaptée.

On commence par regarder la vache en mouvement puis à l’arrêt : appui ou non, jarrets serrés, présence d’une zone enflée au niveau d’un onglon, du paturon, du boulet, du jarret ou même de la hanche. Autant dire que les traitements d’un panaris et d’une luxation de la hanche sont singulièrement différents. Et pourtant, dans les deux cas, la vache boite ! Ma jolie vache boite de façon nette lorsqu’elle marche et présente également une réticence à poser le pied à l’arrêt : elle pose juste en pince (l’extrémité du sabot, voir photo 1). Le paturon n’est pas très rouge mais bien gonflé et de façon symétrique : il suffit de le comparer avec celui de l’autre membre.

Une pathologie infectieuse de l’espace interdigité

Enflure symétrique et douloureuse, boiterie marquée, ce sont des signes typiques de panaris. On lève le pied pour s’en assurer : une odeur sympathique nous accueille ; le panaris a percé à l’arrière du pied, il doit déjà être là depuis un moment (voir photo 2). À noter que la zone qui suppure est une zone sur laquelle on retrouve en principe des atteintes typiques de Mortellaro. L’éleveur a « gagné », le diagnostic est posé, un antibiotique sera délivré pour cette vache, qui aurait sans doute mérité de le recevoir quelques jours avant.

Le panaris est une inflammation chaude, douloureuse, symétrique au niveau de la couronne (limite entre corne et peau) et du paturon, d’apparition brutale et causant une boiterie sévère. Cette pathologie est une des rares affections du pied à nécessiter un traitement antibiotique par voie générale ; un corps étranger profond, une arthrite sont également une indication. Des alternatives sont possibles, notamment avec des huiles essentielles mais il faut une intervention précoce (c’est trop tard si la vache boîte depuis deux jours), nécessitant une application bi- voire tri-quotidienne sous pansement, ce qui est difficile à mettre en œuvre pour l’éleveur. Les panaris sont plus fréquents lors du pâturage, période où la disponibilité des vaches et de leur gardien est plus restreinte…

D’autres affections sont d’origine infectieuse mais ne doivent pas être une indication d’antibiothérapie par voie générale : un abcès de pied sera soulagé par un parage efficace et une talonnette le plus souvent (sauf atteinte des structures profondes du pied), une Mortellaro pourra nécessiter une antibiothérapie mais uniquement locale, et là aussi des alternatives existent… Dans un contexte où l’on parle de plus en plus d’antibiorésistance, et dans un souci d’efficacité, il faut parfois remettre en cause ses pratiques. Pour ne pas faire d’erreur, il faut lever le pied des boiteuses et ne pas hésiter à bien se former, pour apprendre à reconnaître les différentes lésions et à pratiquer les gestes de base du parage.

À retenir

L’efficacité du traitement d’une boiterie dépend de la prise en charge précoce.

Les caractéristiques du panaris

• Apparition brutale du jour au lendemain

• Boiterie sévère, avec soulagement du pied par la vache

• Inflammation symétrique de la couronne et du paturon, concernant les deux onglons, provoquant une enflure

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

 © E. Bignon
Vaches laitières : Faut-il remettre en cause la notion d’alimentation à volonté ?
Restreindre l’alimentation des vaches les moins efficientes pour la ramener au niveau de celle des plus efficientes permettrait-…
« Je ne saurais plus traire sans exosquelette »
Valérie Savary, éleveuse à Zutquerque dans le Pas-de-Calais, recourt depuis quatre mois à l’exosquelette pour l’assister lors des…
Formule de prix du lait : Les indicateurs coût de production réévalués
L'observatoire "coût de production" du Cniel s'enrichit de nouveaux fournisseurs de données et de davantage d'…
Dans tous les grands pays laitiers, le même matériel de référence sera bientôt utilisé pour calibrer les analyseurs. © D. Hardy
Qualité du lait : le changement au niveau des cellules repoussé au début d’année
Le recalibrage annoncé des analyseurs aurait, à l’échelle d’une entreprise, un impact de 1 à 2 euros pour 1 000 litres. Pas…
Peut-on lutter contre l’obsolescence des robots de traite ?
Machinisme
La longévité des robots de traite repose sur la bonne réalisation des opérations de maintenance et le soin apporté au quotidien…
Un fort amaigrissement en début de lactation: mieux vaut contrôler le taux de BHB de ces vaches. © O. Crenn
Pourquoi ces vaches démarrent-elles mal leur lactation ?
Depuis trois mois, les vaches fraîches vêlées ne démarrent pas en lait, les chaleurs sont discrètes… Dans le cas de cet élevage…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière