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La marge de la production laitière augmente

Sur le début de l’année, les produits grimpant plus vite que les charges, l’indice de marge du lait, la Milc, est à la hausse sur les quatre premiers mois de 2022. Elle reste toutefois à un niveau modeste.

La marge de la production laitière augmente

« La Milc lait de vache a atteint 111 €/1 000 l au mois d’avril, malgré des charges qui continuent de battre des records », écrit l’Institut de l’élevage (Idele) le 20 juin. Sur un an, cette marge indicée a progressé de +26 €/1 000 l. « La hausse du prix du lait (+71 €) est presque gommée par celle des charges (+67 €), mais les prix du coproduit viande (+22 €) permettent à la Milc d’excéder son niveau d’avril 2021 de +85 €/1 000 l. » Pour mai, Idele prévoit que la Milc poursuive son ascension, du fait de l’appréciation du prix du lait et d’une pause dans la hausse des charges.

« Ce niveau de Milc reste très moyen, au regard des années 2008 et 2014, où des niveaux stimulants avaient entraîné des hausses de livraisons », pointe Christophe Perrot, d’Idele. Ce qui n’est pas le scénario de 2022, où la collecte essuie un repli.

Attention au produit lait cet été

Elvup, organisme de conseil en élevage de l’Orne confirme que la marge sur coût alimentaire a progressé (chiffre allant jusque mars). « En pleine pousse de l’herbe, une marge de 270 euros par vache présente était tout à fait réalisable, sans même tenir compte des prix de la viande. Le produit lait a augmenté davantage que les charges opérationnelles. En début d’année, il y avait encore des contrats d’approvisionnement en matière première intéressants. Mais depuis mars, les charges flambent vraiment. Donc, l’évolution positive de la marge n’est pas acquise pour les mois à venir. »

Jean-Marie Séronie, agroéconomiste indépendant, a rappelé, lors d’un webinaire organisé par Littoral Normand, l’importance de suivre l’efficacité technique de son atelier lait. « Si les économies font baisser le produit lait, cela peut dégrader l’efficacité et donc la marge. » Mais aussi de suivre son prix d’équilibre, son coût de revient et son coût marginal. « Le coût des quelques vaches de plus ou de moins est celui qui varie le plus en conjoncture instable. »

Ipampa et Milc, des indices partiels

L’indice de charge Ipampa représente environ 70 % des coûts en exploitation laitière. Ce panier de charges comprend, par ordre d’importance : les aliments achetés, les matériels et installations, les frais généraux, l’énergie et les lubrifiants, les bâtiments, les produits vétérinaires et services, l’entretien du matériel, les engrais et amendements, etc. Ne sont pas pris en compte les frais de personnel, les travaux par tiers, les fermages et impôts fonciers, les frais financiers.

La Milc, c’est la Marge Ipampa Lait de vache sur Coût total indicé. Elle fait la différence entre les valeurs d’un panier de produits et celles du panier de charges Ipampa. Le panier de produits représente les produits de l’atelier lait : le produit lait conventionnel et le coproduit viande (veaux nourrissons, vaches de réforme et quelques génisses). La Milc est exprimée en euros pour 1 000 litres, puis convertie en indice.

Actuellement, la base 100 de l’Ipampa et de la Milc est en 2015. L’échantillon actuel comporte 1343 exploitations laitières, représentatif des exploitations les plus soumises à la volatilité, hors bio et hors certaines AOP. En moyenne, elles produisent 410 550 litres par an, avec 59 vaches laitières à 6 919 l/VL/an, et 73 hectares de SFP.

L’évolution

+21 %

C’est l’augmentation de l’indice Ipampa lait de vache d’avril comparé à celui d’avril 2021. Idele explique que cet indice général croît en continu depuis dix-neuf mois. Le poste engrais et amendement s’est envolé : +108 % par rapport à avril 2021. Le poste énergie et lubrifiant a augmenté de 40 %, car les prix se sont légèrement détendus entre janvier et avril. Le poste aliments achetés a progressé de 27 % par rapport à avril 2021.

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