Aller au contenu principal

La FNPL veut un prix du lait reflétant les marchés et des décisions fortes sur la PAC

Lors de son assemblée générale le 22 avril, la FNPL a demandé au ministre une loi Egalim2 plus contraignante, et un soutien accru de la polyculture-élevage au niveau de la PAC.

© A. Conté

«Il faut une loi Egalim 2 qui va vers quelque chose de plus contraignant. Le prix payé au producteur doit reflèter la réalité économique du marché intérieur français et du marché à l’export», a lancé le président de la FNPL Thierry Roquefeuil, au ministre de l’Agriculture, lors de l’ assemblée générale qui s’est tenue en visio-conférence le 22 avril. Il  déplore que certains industriels soient encore « dans le vieux monde ». Un monde « où l’on donne ce qui reste aux producteurs une fois que l’on a payé ses charges. Plus de la moitié du lait français est encore dans ce schéma». Il a demandé aussi au ministre de supprimer la LME « qui permet aux distributeurs d’aller chercher des marges-arrières après les négociations de février ». Julien Denormandie le reconnaît : « c’est le problème de fond » car la LME est « une loi de déflation du prix organisée comme telle. (...)La question du pouvoir d’achat ne doit pas se régler d’une manière qui réduit la rémunération des agriculteurs , c’est une terrible erreur », a-t-il affirmé.

A lire aussi Des négociations plus tendues qu'en 2019 et 2020

                    La non négociabilité du prix des matières premières en question

Le projet de loi Egalim2 sera débattu à partir de juin. «Nous retrouvons dans le rapport Sapin beaucoup de nos demandes », a souligné Marie-Thérèse Bonneau, vice-présidente. Notamment la possibilité de sanctuariser le prix agricole, la création d’une chambre arbitrale pour aller plus loin dans la médiation, ou encore la désignation d’un tiers de confiance pour plus de transparence. Le ministre a reconnu que la médiation n’a actuellement « pas assez de pouvoir » et penche plutôt pour un « comité de règlement des conflits. » La FNPL attend beaucoup de l’évolution de la loi Egalim en qui elle voit l’une des réponses au renouvellement des générations : « si on peut avoir une perspective de revenu avec un métier qui contribue à la souveraineté alimentaire, on aura des bras !», a lancé Marie-Thérèse Bonneau.

PAC : Le ministre veut arrêter les transferts massifs d’aides

La future PAC a également été au cœur de cette AG. Les deux précédentes PAC ont fait perdre avec la convergence des aides beaucoup d’argent aux producteurs de lait des zones de plaine. Pour la FNPL, il faut rectifier le tir. « La polyculture élevage, avec des animaux sur des hectares,  permet d’avoir une filière laitière plebiscitée par nos co-citoyens, il faut la soutenir », a-t-il plaidé.  L’évolution des aides couplées vers une prime à l’UGB va dans le bon sens. Pour Julien Denormandie, cette prime à l’UGB est « une vraie réforme ». Il a reconnu la nécessité d’avoir « des niveaux d’UGB différents entre l’allaitant et le laitier », avec « la question du mixte à l’intérieur ». Derrière cette réforme, « il y a  une vision qui montre qu’on croît dans l’ élevage laitier français », affirme-t-il. Trouver le juste équilibre au niveau de la future PAC ne sera pas simple. « L’exemple de la filière laitière l’illustre bien:  un élevage laitier de montagne dans le Sud Est ou un élevage laitier de Bretagne n’auront pas du tout la même position sur la convergence des aides ». 

A lire aussi Pour la FNPL, des premières propositions PAC qui vont dans le bon sens mais insuffisantes

Pour Julien Denormandie, « il faut arrêter les transferts massifs qui ont eu lieu lors des deux dernières Pac., c’est vrai choix politique ». Et il faut aussi accepter queque le principe de la PAC soit « d’accompagner les transitions» du monde agricole. Notamment avec les Ecorégimes, « un système qui consiste à dire je vous prends 25% de votre rémunération et je ne vous la rends que si vous faites de meilleures pratiques environnementales ». La question qu’il va falloir trancher est « quels efforts on demande » et « comment on fait pour que ces transitions soient accessibles».

 

Info FNPL

Un conseil d’administration électif de la FNPL se tiendra en présentiel fin juin. Thierry Roquefeuil sera candidat à sa propre succession. Le départ de Marie-Thérèse Bonneau , qui cesse son activité de production laitière, est déjà acté. Elle reste présidente de l'association France Carbon Agri.

 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

« Le groupe Dephy permet d’échanger entre nous et de partager la prise de risques », souligne Hervé Dreuslin qui vient d’intégrer un groupe 30 000 d’Eureden, destiné à diffuser plus largement l’expérience acquise dans les groupes Dephy. © A. Conté
Réduction des phytos en élevage : « Cela me pesait de toujours prendre le pulvé »
En Ille-et-Vilaine, Hervé Dreuslin a intégré un groupe Dephy dès sa création en 2012. Les changements introduits au fil des ans…
Les cours de la poudre de lait écrémé se sont stabilisés à des niveaux élevés ; environ 2500 €/t.  © Regilait
Le prix du lait 2021 sera en hausse

Face à la hausse des charges, l'impatience est palpable. La FNPL rappelle que l'an dernier, les…

PAC: 80 % d'aides en moyenne dans le revenu 2019 des exploitations laitières
Comment se positionnent les exploitations laitières par rapport aux autres exploitations ? L’Inrae dresse un état des lieux…
Sébastien Bonnevialle et Jordan Logier (à gauche), son salarié et futur associé, qui va s’engager dans un stage parrainage de sept mois tout en menant les démarches d’installation. © B. Griffoul
« Notre élevage laitier peut sortir un deuxième revenu avec la même structure »
Après avoir longtemps exploité seul, Sébastien Bonnevialle, en Haute-Loire, projette de s’associer avec son salarié. Si les…
Florent Charpentier. « J’ai vu rapidement des résultats palpables en gérant mieux les vaches taries. » © F. Charpentier
Vaches taries : « Même des choses simples m’ont permis vite de progresser »
En Meurthe-et-Moselle, Florent Charpentier a adopté de nouvelles pratiques pour ses vaches taries depuis quelques mois, sans gros…
Remise symbolique des primes 2020 aux éleveurs laitiers Merci!  © Agromousquetaires
Les éleveurs laitiers Merci ! ont touché une prime de plus de 1,9 million d'euros
Intermarché et Agromousquetaires ont annoncé avoir versé pour l'année 2020 une prime de 1,8 million d'euros aux 257 éleveurs…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière