Aller au contenu principal

Isigny sainte mère : Un résultat 2020 en hausse

Une partie des ristournes a été fléchée vers les producteurs qui ont de bons résultats de qualité bactériologique du lait et/ou plus de 10% de normandes dans leur troupeau.

Le chiffre d'affaires 2020 de la coopérative laitière normande Isigny sainte mère augmente à 507 millions d'euros (+12% par rapport à 2019). Le résultat net est en hausse à 27,5 millions d'euros (20,3 M€ en 2019) et représente 5,4% du CA. « Les quatre derniers exercices sont très satisfaisants en terme de rentabilité. Notre rentabilité dépend de la qualité du lait et des produits ; d'où notre grande exigence. Elle est liée aussi à nos efforts de différenciation, que nous poursuivons », indique Arnaud Fossey, président de la coopérative.

Un haut niveau de ristournes

Pour l'année 2020, la coopérative a distribué aux associés coopérateurs l'équivalent de 27,19 €/1000 l de compléments de prix, dont 22,15 € de ristournes. Le prix du lait moyen payé, en conventionnel, a dont été de 408,25 €/1000 l. Sur les résultats 2020, l'assemblée générale du 4 juin dernier a voté 0,1% d'intérêts aux parts sociales pour les associés coopérateurs et l'équivalent de 34,59 € de ristournes, dont 18 € sans conditions, et le reste soumis à conditions : avoir un lait de haute qualité bactériologique, avoir plus de 10% de normandes dans le troupeau. 

L'année 2020 a été chahutée par le Covid-19, le Brexit, le boycot des produits français dans quelques pays arabes et le risque de taxes américaines - qui finalement n'ont pas été appliquées. Les bonnes performances des ventes au détail ont compensé la chute des marchés en restauration hors domicile (RHD). « Globalement, le solde est positif pour la France. Pour l'Europe, 2020 est une mauvaise année, surtout sur le Grande-Bretagne. Nous avons par contre réalisé une bonne année au grand export, notamment aux Etats-Unis et en Asie. »

Le lait infantile premium se porte bien

Le marché des AOP beurre et crème d'Isigny reste porteur. La croissance sur les laits infantiles a été soutenue sur 2020, sauf sur les deux derniers mois. Le Covid, le boycott, mais aussi une baisse des naissances, en Chine et dans d'autres pays, sont en cause. Grâce à son positionnement premium, Isigny sainte mère continue son développement (+17% de CA, +10% en tonnage). En 2020, 45 880 tonnes ont été commercialisées. Laeticia Garnier, PDG du groupe chinois H&H (anciennement Biostime) et membre du conseil d'administration d'Isigny Sainte Mère, développe : « Sur 2018 - 2020, en Chine, il y a eu une très forte percée des fabrications locales de laits infantiles, au détriment de certains transformateurs étrangers. » Dans ce contexte très bataillé, H&H Biostime, n°4 chinois de marque de lait infantile, se maintient voire continue de prendre des parts de marchés dans le haut de gamme et le e-commerce. En France, « nous sommes devenus n°1 français de marque de lait infantile bio en pharmacie, et nos parts de marché continuent de progresser (plus de 38% en avril 2021) », ajoute Laeticia Garnier. Autre nouvelle rassurante, la Chine a annoncé un soutien politique au 3e enfant, pour relancer la natalité. « Et les derniers chiffres en France montrent que les naissances repartent. »

Deux tours de séchage en chantier

Le site U3 de poudre de lait infantile sera opérationnel vers le mois d'août de cette année. U3 fabriquera des spécialités nutritionnelles infantiles à destination de l'Asie, l'Europe, le Moyen-Orient, l'Afrique. En tout, Isigny aura une capacité de 70 000 tonnes de produits infantiles annuelles, « faisant de la coopérative l'un des grands acteurs européens dans ce domaine ».

La tour U5, construite en 1980, sera remplacée par l'unité T5 bis. Le chantier devrait s'achever mi-2022. Elle traitera des commodités : lait écrémé, sérum, babeurre. Pour en faire des commodités améliorées. Potentiellement, elle pourra fabriquer aussi des solutions nutritionnelles haut de gamme. 

Le nouveau haloir pour mimolettes, avec une hausse des capacités de stockage à 400 tonnes, est opérationnel depuis fin 2020.

En 2021, en dehors de T5 bis (environ 50 millions d'euros d'investissement), 3 millions seront investis, pour les présentations de pâtes molles à l'export, et autres adaptations des produits et ateliers de transformation.

Objectif 100% non-OGM, en 2022

Pour 2021 et 2022, la coopérative poursuit sa différenciation avec les AOP beurre, crème et fromages normands. « Les AOP sont notre socle de base. Elles nous permettent aussi de valoriser nos autres productions, et nourrisent la marque Isigny », souligne Arnaud Fossey.

Environ 80% des producteurs sont engagés en non-OGM et l'objectif est d'être à 100% en 2022. « Le bio progresse tout doucement. Nous sommes un peu en pause aujourd'hui en bio ; la demande croît moins vite. Peu de producteurs ont un projet de conversion. »

La coopérative pousse toujours plus l'ensemble des producteurs avec un modèle d'élevage qui fournit un lait de haute qualité bactériologique, avec des normandes, du pâturage, capable de démontrer son respect du bien-être animal, avec une empreinte carbone qui s'améliore et une préservation de la biodiversité.

Ces exigences sont récompensées par tout un système de primes. Une prime AOP qui va de 10 à 45 €/1000 l si tous les critères sont remplis. Une prime au lait cru (15 €/1000 l) récompense les bons résultats sanitaires des producteurs qu'ils soient en zone AOP ou hors zone. La prime pour des vaches normandes hors zone AOP va de 7 € à 15 €, et en zone AOP de 12 à 35 €. La prime non-OGM a été revalorisée au 1er juin dernier, passant de 7 à 13 €/1000 l, pour faire face à la hausse des prix des protéines non-OGM.

Investir dans le bocage normand

« Notre projet en cours de préparation est d'encourager le maillage bocager. C'est un trésor, d'un point de vue patrimonial, pour la biodiversité, le stockage du carbone. Sur ce point, nos clients nous interrogent et veulent des garanties. La coopérative est prête à investir sur des projets d'éleveurs, pour préserver et planter de nouvelles haies », détaille Arnaud Fossey.

Isigny dessine le modèle d'exploitations du futur

Pour l'avenir, le conseil d'administration réfléchit à conditionner les attributions de volume à la présentation de garanties : diagnostic carbone, maintien des prairies et du pâturage, diagnostic bien-être animal... « Nous prévenons déjà les adhérents que ces critères seront regardés à l'avenir », indique Arnaud Fossey.

Chiffres clés

Collecte 2020 :

252 millions de litres (+4%/2019) en conventionnel et 9,3 Ml (+12%) en bio, auprès de 425 exploitations. 40 Ml d'apports extérieurs (+3%)

65% du Chiffre d'affaires réalisé en poudres infantiles et spécialités nutritionnelles

22% du CA en beurre et crème

13% du CA en fromages

60% du CA est fait à l'export

Prix du lait et primes

En 2020 : Prix de base 334,97 €/1000 l (- 2,5 €/2019).

Primes qualité et richesse : 46,09 €/1000 l (+ 2,6 €)

Complément butyriques : 2,29 €

Ristournes : 22,15 € (- 4,9 €)

Prix total payé, hors bio : 408,25 € (- 4,9 €).

Bio : 470 €/1000 l prix de base.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

« Le groupe Dephy permet d’échanger entre nous et de partager la prise de risques », souligne Hervé Dreuslin qui vient d’intégrer un groupe 30 000 d’Eureden, destiné à diffuser plus largement l’expérience acquise dans les groupes Dephy. © A. Conté
Réduction des phytos en élevage : « Cela me pesait de toujours prendre le pulvé »
En Ille-et-Vilaine, Hervé Dreuslin a intégré un groupe Dephy dès sa création en 2012. Les changements introduits au fil des ans…
Les cours de la poudre de lait écrémé se sont stabilisés à des niveaux élevés ; environ 2500 €/t.  © Regilait
Le prix du lait 2021 sera en hausse

Face à la hausse des charges, l'impatience est palpable. La FNPL rappelle que l'an dernier, les…

PAC: 80 % d'aides en moyenne dans le revenu 2019 des exploitations laitières
Comment se positionnent les exploitations laitières par rapport aux autres exploitations ? L’Inrae dresse un état des lieux…
Sébastien Bonnevialle et Jordan Logier (à gauche), son salarié et futur associé, qui va s’engager dans un stage parrainage de sept mois tout en menant les démarches d’installation. © B. Griffoul
« Notre élevage laitier peut sortir un deuxième revenu avec la même structure »
Après avoir longtemps exploité seul, Sébastien Bonnevialle, en Haute-Loire, projette de s’associer avec son salarié. Si les…
Florent Charpentier. « J’ai vu rapidement des résultats palpables en gérant mieux les vaches taries. » © F. Charpentier
Vaches taries : « Même des choses simples m’ont permis vite de progresser »
En Meurthe-et-Moselle, Florent Charpentier a adopté de nouvelles pratiques pour ses vaches taries depuis quelques mois, sans gros…
Remise symbolique des primes 2020 aux éleveurs laitiers Merci!  © Agromousquetaires
Les éleveurs laitiers Merci ! ont touché une prime de plus de 1,9 million d'euros
Intermarché et Agromousquetaires ont annoncé avoir versé pour l'année 2020 une prime de 1,8 million d'euros aux 257 éleveurs…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière