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Installation : « J’ai trouvé mon associé grâce à la page Facebook des producteurs de lait »

Florian Gibaud du Gaec à l’étable du Mézenc en Haute-Loire a recherché avec méthode un associé pour remplacer son père. Il raconte comment il l’a finalement trouvé au sein d’un groupe Facebook.

Hugo Barraillé et Florian Gibaud, deux éleveurs assis devant des bottes de paille
De gauche à droite : Hugo Barraillé et Florian Gibaud se sont associés grâce à une annonce sur le groupe facebook La page des producteurs de lait.
© Nadia Savin

N’allez pas croire que Florian Gibaud et Hugo Barraillé se soient trouvés par hasard. Leur collaboration est le résultat d’un long processus de recherche et de réflexion réciproques.

Florian Gibaud (34 ans) s’était installé sur la ferme familiale en 2016, en s’associant en Gaec avec son père Jean-Paul. Il s’agit d’un élevage en agriculture biologique, sur 160 ha, à Saint-Front (en Haute-Loire), à 1200 mètres d’altitude. Ils élèvent des bovins lait (230 000 l) et des bovins viande (30 mères de race Aubrac) dont des génisses finies en AOP Fin gras de Mézenc, et vendus en vente directe.

J’ai consacré deux hivers à chercher à comment rencontrer la bonne personne

En prévision du départ à la retraite de son père, trois ans avant, il avait activement mis en place un processus de recherche d’un coassocié assez strict. « Je n’envisageais pas de rester seul à la tête de l’exploitation. J’aspire à du temps pour ma vie personnelle, et à une association positive de travail à plusieurs. J’ai donc consacré deux hivers à chercher à comment rencontrer la bonne personne », détaille-t-il. 

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Recherche assidue et méthodologique de coassocié

A tout candidat, il propose la même méthode : un après-midi de prise de contact, un week-end de découverte à la ferme, une semaine de stage avec hébergement à la maison, un stage plus long si besoin, puis un contrat de parrainage.

« Une douzaine de candidats au moins ont pris contact. Seuls deux sont allés jusqu’a la semaine de stage », raconte Florian.

J’ai publié une annonce sur le groupe Facebook des producteurs de lait avec des mots clé pour définir la ferme 

« J’ai publié une annonce sur le groupe Facebook La page des producteurs de lait avec des mots clé pour définir la ferme : « ferme de montagne », « agriculture biologique » « prairies permanentes », « vente directe », « qualité de vie » qui posaient mes valeurs et qui permettait déjà dans un premier temps de trier les profils », explique-t-il.

L'annonce FB de Floran pour trouver son associé

De la réponse à l’annonce facebook à l’installation

L’été 2022, Hugo Baraillé, jeune diplômé de BTS ACSE et CS Caprin répond à son annonce. S’ensuit une journée de prise de contact. « Pourtant, après cette journée sous 10 cm de neige, je n’étais pas très emballé », raconte Hugo, originaire du sud-ouest.

Je suis finalement revenu pour une semaine de découverte et puis j’ai été convaincu

« J’ai continué à suivre la page Facebook de la ferme au fil des saisons. Nous avons continué à échanger par messages. Je suis finalement revenu pour une semaine de découverte et puis j’ai été convaincu », se souvient Hugo, qui était passé par d’autres fermes moins accueillantes.

Après 15 mois de stage parrainage et 1 an de salariat, le temps de préparer son dossier d’installation, Hugo est devenu associé de Florian, en janvier 2025.

« Jean-Paul a attendu que je m’installe sereinement pour partir à la retraite, contrairement à d’autres fermes où on m’avait demandé de me décider rapidement, car l’échéance de la retraite arrivait », apprécie Hugo.

Lire aussi : L’origine sociale des agriculteurs a-t-elle une influence sur leur gestion du temps ?

Une priorité commune : la vivabilité

Florian et Hugo reconnaissent ne pas être les meilleurs amis du monde mais des collègues. Hugo a créé son propre réseau social en Haute-Loire. « Nous n’en sommes pas au même stade de notre vie, nous avons 9 ans d’écart. La vivabilité est notre priorité commune », affirme Florian.

La viabilité est notre priorité commune

Ils ont ainsi développé une organisation planifiée sur deux semaines et système qui leur permet de dégager pour leur vie personnelle une demi-journée par semaine. Le week-end, ils alternent sauf période de gros travaux, l’un le samedi, l’autre le dimanche, afin d’avoir au total 1,5 jour de libre par semaine. Ils parviennent également à prendre trois semaines de congés par an, dont deux l’été.

Lire aussi : Installation agricole : le droit à l’essai peut entrer en vigueur immédiatement

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