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Installation en Gaec : « Malgré mon jeune âge, les associés m’ont rapidement fait confiance »

En Moselle, le Gaec de l’Alliance a accueilli Victor Cordel lorsqu’il n’avait que 24 ans. Le jeune agriculteur s'est très vite vu confier la responsabilité des 240 vaches laitières. De quoi faire ses armes.

« Depuis mon installation il y a dix ans, j’étais le seul jeune parmi les associés du Gaec », dépeint Thibaut Cordel, aujourd’hui leader d’une structure qui rassemble six associés et autant de salariés. Pas moins de trois générations se côtoient au sein du Gaec de l’Alliance où polyculture-élevage, méthanisation et vente directe se combinent.

« Avec l’installation de mon frère Victor il y a un peu plus d’un an, nous voilà désormais deux et cela change la donne ! Son arrivée a ramené de l’envie, du dynamisme et des projets sur la ferme. Je pense même que la poursuite de l’atelier lait aurait été compromise s’il ne nous avait pas rejoints sur l’exploitation agricole. »

Fiche élevage

2,5 millions de litres produits
240 laitières à 11 500 kg
100 vaches allaitantes
110 veaux de boucherie par an
960 ha de SAU
500 kW de méthanisation
6 associés dont 3 tiers et 6 salariés

Avec un BTS productions animales en poche, complété par une licence pro et un certificat de spécialisation en transformation et commercialisation de produits laitiers, Victor a eu à cœur de multiplier les stages et expériences en France et à l’étranger. Heureux hasard, la fin de ses études a coïncidé avec le départ du salarié responsable du troupeau laitier, désireux de retrouver sa terre natale bretonne. « C’était le bon timing pour intégrer l’exploitation, aussi bien pour le Gaec que pour moi, confie Victor. Mon père, jusqu’alors associé, en a profité pour lever le pied et continue de travailler en tant que salarié. »

La volonté d’apporter sa touche et de faire bouger les lignes

Malgré son jeune âge, Victor s’est d’emblée vu attribuer la responsabilité de la gestion du troupeau laitier et du suivi de la traite des 240 hautes productrices. « J’ai fait en sorte de lui proposer quelque chose qui lui plaise, un challenge qui lui permette de s’épanouir dans son travail, argue Thibaut. J’ai aussi veillé à ce qu’il ne se sente pas étouffé au sein du groupe comme il était le plus jeune. »

Les associés — aussi bien les membres de la famille que les tiers — ont eu à cœur de lui laisser les coudées franches pour qu’il puisse faire ses preuves et monte le plus vite possible en compétences. « Il était important qu’il sache qu’il bénéficiait de notre confiance, tout en lui rappelant qu’il avait le droit de se tromper et de ne pas tout connaître. »

De son côté, Victor a apprécié la bienveillance du groupe. « Disposer d’une grande liberté d’agir a été facilitant, même si cela m’a paru également un peu effrayant au départ, avoue-t-il. Je craignais de ne pas être capable d’apporter grand-chose de plus au Gaec. Je me savais soutenu en cas de besoin, mais j’ai dû faire mes armes seul. J’ai beaucoup appris en me débrouillant. »

À quels chantiers s’atteler en priorité ? Comment s’y prendre ? Quelles solutions retenir ? « Ce n’est pas simple de savoir par quel bout prendre les choses en main », considère le jeune éleveur. Il a fallu identifier les principales problématiques de l’élevage, solliciter l’aide de conseillers, faire des recherches, nouer divers contacts. « Le fait d’avoir toute la latitude pour avancer et prendre les problèmes à bras-le-corps a été stimulant. Surtout, c’est gratifiant de parvenir à résoudre des soucis qui pénalisaient l’élevage, comme les courants parasites ou encore les mammites qui provenaient en fait d’un mauvais réglage de la machine à traire. »

Soutenir le jeune mais sans trop être derrière non plus

L’implication dans le réseau European dairy farmers (EDF) et au sein du groupe lait local s’est également avérée une bonne alliée pour prendre du recul et aiguiser son œil. « Les échanges entre éleveurs se révèlent toujours constructifs et s’avèrent une vraie source de motivation et d’idées pour m’aider à faire évoluer les choses sur l’exploitation, apprécie Victor. Je découvre d’autres façons de faire, j’apprends de nouvelles techniques, je raisonne davantage économique. »

Finalement, l’une des seules tâches que Thibaut a préféré ne pas déléguer dès la première année à son petit frère concerne la gestion des salariés. « C’est sans doute la mission la plus délicate, estime-t-il. Avant de lui confier la responsabilité du management des salariés de l’atelier lait, nous avons attendu que Victor soit bien installé dans son poste et qu’il trouve une légitimité naturelle aux yeux de tous » , explique Thibaut. Le transfert de compétences pour organiser les journées, échanger, transmettre les consignes, gérer les plannings de traite, des week-ends et congés, se fait progressivement.

Thibaut Cordel, leader du Gaec :

« C’est en responsabilisant rapidement un nouvel associé qu’il prend confiance et trouve sa légitimité au sein du groupe »

Un audit pour se fixer des objectifs communs

Comme il l’avait déjà fait en 2015 lors du renouvellement de deux associés, le Gaec de l’Alliance va réaliser un audit de la structure avec un conseiller spécialisé en ressources humaines. « L’idée est de travailler sur les attentes de chacun pour en faire des objectifs communs, résume Thibaut Cordel. Cette réflexion sur les points de convergence et de divergence n’est pas forcément évidente et doit être menée avec tact et doigté afin que chaque membre du Gaec s’y retrouve. » Plus largement, cette réflexion sur l’identité de la ferme, ses valeurs et objectifs permet de tracer la trajectoire du Gaec pour les prochaines années.

« Cela nous paraît d’autant plus important de nous accorder sur nos objectifs et sur les moyens d’y parvenir aujourd’hui, étant donné que plusieurs générations travaillent ensemble, avec des aspirations et des priorités différentes. »

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