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Gare aux dérapages des charges de mécanisation en élevage laitier

La sur-mécanisation des exploitations laitières est parfois une réalité. Certains leviers sont rapidement actionnables pour réduire ses charges de mécanisation. Avec à la clé des gains plus globaux.

Le tracteur le plus puissant de l'exploitation, nécessaire pour certains outils, est souvent affecté à des tâches réalisables avec moins de puissance. Conséquences : une consommation accrue de GNR et une dépréciation plus rapide (plus d'heures par an).
Le tracteur le plus puissant de l'exploitation, nécessaire pour certains outils, est souvent affecté à des tâches réalisables avec moins de puissance. Conséquences : une consommation accrue de GNR et une dépréciation plus rapide (plus d'heures par an).
© New Holland

« Les frais de mécanisation affectés à l’atelier lait sont le plus souvent responsables du dérapage du coût du système d’alimentation quand l’atelier lait dégage un revenu négatif ou faible », révèle l’étude Structure et évolution des coûts de production en élevages bovins laitiers, pilotée par l’interprofession et FranceAgriMer. Entre exploitations, les écarts sont parfois considérables.

« Il faut comparer ce qui est comparable », met en garde Yannick Péchuzal de l’Institut de l’élevage. Il préconise d’utiliser la méthode d’évaluation des coûts de production Couprod puis de comparer ses charges de mécanisation en €/1000l à des élevages semblables et à des références locales. « Si les charges de mécanisation sont élevées, il faut examiner à quoi cela est lié puis trouver des leviers pour réduire ses postes de dépense. »

Des leviers à actionner

Entretenir régulièrement son matériel permet de le faire durer et amène souvent des économies à plus long terme. Acheter en collectif, acheter d’occasion, ou encore déléguer ses travaux des champs et de distribution, aident à réduire le poste amortissement. Du côté des charges de carburants et de lubrifiants, adopter une conduite économique, utiliser des techniques culturales sans labour ou adapter la profondeur de travail permettent de réduire sa consommation d’énergie. Miser sur le pâturage en augmentant la surface pâturable et en regroupant le parcellaire grâce à des échanges entre voisins est également une solution.

Réduire aussi son empreinte carbone

Plus globalement, le recours à la délégation des travaux ou la réduction du travail du sol permet de réduire le temps de travail. Le développement de la surface pâturable permet de réduire également les achats de correcteurs azotés. Amélioration du potentiel agronomique du sol, réduction de sa consommation d’énergie fossile et de son empreinte carbone sont également au rendez-vous.

Attention malgré tout à prendre en compte les interactions avec les postes de produits de votre atelier lait. Par exemple, le non-labour peut rendre difficile la gestion des adventices. Cela pourra se traduire par une augmentation des achats de produits phytosanitaires ou une baisse des rendements.

Côté web

La Chambre d’agriculture de la Manche a développé l’outil en ligne "B-GNR : Le bilan carburant de l’exploitation". Il permet de repérer les pistes prioritaires pour économiser du carburant dans chaque exploitation.

À retenir

Les leviers pour optimiser ses charges de mécanisation

• Calibrer le matériel aux besoins de l’exploitation

• Calculer le prix de revient du matériel et du chantier

• Comparer les formules d’équipement partagé : copropriété, entraide, CUMA, ETA, location…

• Simplifier les tâches et améliorer l’organisation

• Déléguer plutôt qu’investir

• Entretenir les matériels

• Améliorer la structure de l’exploitation (échanges parcellaires…)

Les charges de mécanisation des élevages bovins laitiers

 

 
Gare aux dérapages des charges de mécanisation en élevage laitier

 

 

 
Gare aux dérapages des charges de mécanisation en élevage laitier

 

Les charges de mécanisation comprennent l’amortissement ou le leasing du matériel et des équipements, les charges d’entretien, les charges d’achat du petit matériel, les travaux par tiers (Cuma, ETA), le carburant et le lubrifiant. Les assurances, les frais financiers, l’électricité utilisée par les différents équipements (matériel de traite, racleur, ventilation…) ne sont pas comptabilisés.

Des outils de diagnostic et d’aide au choix

 

 
Le tracteur le plus puissant de l'exploitation, nécessaire pour certains outils, est souvent affecté à des tâches réalisables avec moins de puissance. Conséquences : une consommation accrue de GNR et une dépréciation plus rapide (plus d'heures par an).
Le tracteur le plus puissant de l'exploitation, nécessaire pour certains outils, est souvent affecté à des tâches réalisables avec moins de puissance. Conséquences : une consommation accrue de GNR et une dépréciation plus rapide (plus d'heures par an). © J-J. Biteau/Réussir

 

Il peut être judicieux de réaliser un diagnostic pour trouver le meilleur compromis entre coût du matériel, organisation et performance de l’outil.

Un diagnostic des coûts de production et des charges de mécanisation permet de s’interroger pour identifier d’où provient le dérapage et se poser les bonnes questions. Dans les faits, le coût réel de la mécanisation est peu connu. Les préconisations sur l’évolution du parc matériel prévoient d’aborder la réalité complète de l’exploitation, de son système de production, de la main-d’œuvre. Une analyse de la situation peut être réalisée, sous différentes formes (conseil individuel ou collectif, formation).

Des outils sont là pour le diagnostic et la mise en place de solutions d’économies. Des initiatives existent en régions. Pour accompagner les exploitations, le réseau Cuma fournit des outils de conseils et collectionne les références chiffrées.

Analyser ses charges

Il propose par exemple Mécagest Pro, une méthode informatisée capable d’analyser toutes les charges de mécanisation d’une exploitation, en intégrant les apports des tiers (ETA, CUMA, entraide…) et en évitant les biais liés aux politiques fiscales et au financement de l’exploitation.

Cet outil permet d’étudier les coûts selon les six grands postes de mécanisation (traction, transports, travail du sol…), de simuler l’évolution sur plusieurs années et de faire des analyses de groupes. « Il nous sert à mettre à jour nos références. Sur la région Bourgogne-Franche-Comté, on utilise Flash’Méca, un outil développé par la chambre d’agriculture de l’Yonne. Il apporte un diagnostic rapide des charges de mécanisation et identifie les premières pistes d’actions », note Jean-Philippe Rousseau, directeur FRCuma Bourgogne-Franche-Comté.

Dans l’Ouest, la fédération de Cuma a conçu l’outil Mécaflash. Il détermine en quelques minutes les charges de mécanisation et le besoin en heures de tracteurs de forte puissance. Il existe désormais dans différentes versions régionales.

Cyrielle Delisle

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