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Faites-vous pâturer vos vaches taries un mois avant le vêlage ?

L’herbe cumule plusieurs inconvénients pour l’alimentation des vaches taries. Ceci dit, les faire sortir à la belle saison reste bénéfique pour leur bien-être et leurs aplombs, à condition de « tenir » l’ingestion d’herbe.

Tarissement et pâturage ne font pas toujours bon ménage.
© E. Bignon
 

Vincent Bigeard, en Loire-Atlantique

NON

J’ai proscrit le pâturage d’herbe du régime des vaches taries le dernier mois avant le vêlage sur les conseils de mon nutritionniste. L’herbe est bourrée de potassium. Ce n’est pas bon car cela limite l’absorption du magnésium et augmente le risque de fièvres de lait. En plus, l’herbe fait augmenter le bilan alimentaire en anions et cations (Baca) alors qu’on cherche justement à le baisser à l’approche du vêlage ! Pour une vache tarie, ma ration est simple : trois pelletées de maïs ensilage, 2 kg de tourteau de soja, et de la belle paille démêlée pour maintenir un beau volume de panse, plus un CMV adapté (Baca négatif). En appliquant cette recette, j’ai vu une nette différence : fini les fièvres de lait et les retournements de caillette. Les vaches allaient à l’auge très vite après le vêlage. Et les veaux aussi étaient plus solides !

 

Paul Boizard, dans la Somme

NON

Désormais, été comme hiver, on ne sort plus les vaches taries. Au moins la ration est plus stable et on a de meilleurs démarrages en lait. Avant, nous avions des problèmes de non-délivrance. Selon la pousse et la richesse de l’herbe, le pâturage était aléatoire. Parfois il y avait trop d’herbe, et parfois il n’y avait plus rien à brouter. Il fallait s’embêter à aller complémenter les bêtes au parc avec de la paille ou du foin… C’est fini tout ça. Maintenant, nous faisons deux lots de taries en bâtiment. Le premier reçoit 2 kg de paille broyée, 15 kg brut de maïs ensilage, 1 kg de pulpes sèches, 1 kg de correcteur, un CMV formulé pour les vaches taries et de la paille à volonté. Et trois semaines avant le vêlage, l’autre lot a une partie de la ration des laitières et du foin à volonté. Je ne reviendrai pas en arrière. En plus, la surveillance est beaucoup plus facile que lorsqu'elles pâturaient sur des parcelles éloignées, notamment pendant la moisson.

 

Christophe Mampon, dans le Puy-de-Dôme

OUI

Nous sommes dans un système herbager et les vaches taries pâturent. Quinze jours avant terme, nous les rapprochons quand même pour la préparation au vêlage. Elles continuent d’accéder à une petite parcelle attenante à la stabulation, mais l’ingestion d’herbe est alors limitée. Elles reçoivent en complément du foin de qualité au cornadis pour saturer l’ingestion. Je leur distribue aussi 1 kg d’aliment spécial vaches taries la première semaine et 2 kg la seconde. Quand on les laissait 100 % en régime pâturant jusqu’au vêlage, on avait beaucoup de fièvres de lait. En plus, comme elles vêlaient dehors, on devait courir après le veau, et le lendemain du vêlage la vache voulait absolument retourner dans le pré pour le chercher. Au départ, je pensais que ce nouveau système nous donnerait plus de travail, mais c’est plutôt l’inverse.

 
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