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Éclairer les stabulations laitières sans les surchauffer en été

En été, les tôles éclairantes de toiture mettent les bâtiments en surchauffe. D’autres solutions d’éclairage permettent de l’éviter tout en assurant le même confort lumineux en hiver.

Fini les translucides en toiture ? Pas complètement sans doute mais ils sont de moins en moins recommandés. Deux raisons à cela. Les stabulations sont de plus en plus occupées tout au long de l’année et les chaleurs estivales sont de plus en plus fortes et durables. Or, on sait que la vache laitière souffre davantage de la chaleur que du froid. « En toiture, les translucides peuvent être néfastes en provoquant un échauffement localisé rendant l’occupation des aires paillées ou des logettes très hétérogènes », prévient l’Institut de l’élevage (Idele). Une plaque translucide peut augmenter la température ressentie de 4 à 6 °C dans la zone éclairée, d’autant plus que le toit est proche des animaux.

 

 
Bertrand Fagoo, Idele. « Excepté peut-être dans certains départements côtiers du Nord-Ouest de la France, il faut se poser la question de la réduction du rayonnement à l’intérieur des bâtiments. » © Idele
Mais comment respecter alors un point de confort important : bien éclairer le bâtiment en hiver ? « Il va falloir revoir la conception des bâtiments pour abaisser la température ressentie par l’animal en été tout en apportant suffisamment de lumière en hiver », avertit Bertrand Fagoo, spécialiste bâtiments de ruminants à l’Idele. Pour abaisser le rayonnement, il faut de l’ombre dans le bâtiment. « Pour les bâtiments qui hébergent des animaux en été, il faut obturer ou supprimer les translucides sur les rampants sud, ouest et sud-ouest », précise-t-il. On peut les conserver sur le rampant nord ou est. « Pour éviter de les démonter, certains éleveurs les repeignent de l’intérieur avec les peintures utilisées par les serristes, ce qui permet de réduire le rayonnement mais de conserver la luminosité », ajoute l’expert. La surface de plaques translucides ne devrait pas dépasser 6 à 7 % de la surface couverte, recommande l’Idele. Se méfier aussi du rayonnement direct sur les côtés, notamment à l’ouest car, quand le soleil tombe en fin de journée, il peut rentrer directement dans le bâtiment.

 

Gérer l’ombre en été et l’ensoleillement en hiver

 

 
Autre solution pour faire entrer la lumière sur les côtés ou les pignons : les bandeaux translucides placés au-dessus d’un bardage bois. © B. Fagoo

 

Comment bien éclairer si la lumière arrive beaucoup moins par la toiture ? On peut mettre des surfaces lumineuses sur les côtés et les pignons orientés au nord et à l’est (bandeaux translucides au-dessus d’un bardage bois, bardage translucide perforé de type Perfolux…). Au sud également, à condition de gérer l’ombre en été tout en permettant l’ensoleillement en hiver à l’aide d’un débord de toiture bien étudié. Sa longueur sera calculée en fonction de la hauteur du bâtiment, de la forme de la toiture, etc. Certains conseillers bâtiment sont équipés d’un logiciel de conception (SketchUp ou autre) qui permet de simuler l’ombre dans un bâtiment. En revanche, sur les côtés orientés à l’ouest et au sud-ouest, il faut éviter les translucides pour les raisons citées plus haut.

Les rideaux de ventilation sont de plus en plus utilisés. Très souvent ouverts – même en hiver en l’absence de vent et lorsqu’il ne pleut pas – et fabriqués de matière plus claire que le bois, ils permettent aussi de laisser entrer la lumière naturelle. Tout au moins pour ceux qui s’ouvrent du haut vers le bas.

Comme pour la ventilation, les bâtiments de très grandes largeurs sont difficiles à éclairer par les côtés. Seule solution : les décrochages de toitures, libres ou fermés avec des bardages éclairants. « Au-delà de 25-26 mètres, il est préférable de prévoir plusieurs bâtiments accolés avec un décrochage de toiture, conseille Bertrand Fagoo. Cela permet d’avoir des relais de ventilation et d’amener de la lumière. Si on respecte toutes les recommandations, on arrive à bien éclairer ce type de bâtiment. »

Des dômes à double fonction : éclairage et ventilation

 

 

 

Éclairer un bâtiment avec un dôme est une solution séduisante, mais attention au « gigantisme » qui est parfois « un argument commercial mais va à l’encontre du bien-être animal et de la santé des vaches », prévient l’Institut de l’élevage. Avis à retrouver dans la brochure Des vaches en bonne santé : « Les dômes éclairants au-dessus d’un couloir central ont la faveur des éleveurs et des constructeurs pour les bâtiments logeant des vaches laitières, en particulier si la toiture est isolée. C’est une solution technique de qualité si le dôme est conçu avec une fonction de ventilation, exactement comme une faîtière ouverte. Mais, pour éviter que le bâtiment ne se transforme en serre l’été, il faut d’une part retenir un matériau translucide et non transparent pour diffuser la lumière, et d’autre part limiter la largeur totale de la partie éclairante à deux mètres maximum. » Toutefois, prévient Bertrand Fagoo, « la conception du dôme peut pénaliser fortement la sortie en faîtage par rapport à une faîtière classique. L’effet cheminée peut être grandement perturbé. Même très haut, on peut observer un rayonnement au niveau de la vache, mesuré avec l’aide d’un thermomètre au globe noir ».

Avis d'éleveur : Nicolas Morfouasse, éleveur dans les Côtes-d’Armor

 

 
Nicolas Morfouasse, éleveur dans les Côtes-d’Armor © A. Conté

 

« Un dôme éclairant et ventilant qui fonctionne bien »

« Ma stabulation de 21 mètres de largeur (120 places) est équipée d’un dôme à double fonction - éclairage et ventilation - en complément d’une rangée de translucides sur chaque rampant. Le dôme central donne sur la salle de traite, le DAC, la table d’alimentation (auge mobile) et quelques logettes. En plein été, les vaches ont le choix d’aller au pâturage ou de rester dans la stabulation. Quand il fait vraiment chaud, elles restent à l’intérieur en journée et sortent la nuit. C’est la preuve qu’elles s’y sentent mieux que dehors. Je ne sais pas si le dôme amène des degrés supplémentaires mais, dessous, ce n’est pas intenable. Qu’on soit à côté ou sous le dôme, la température ressentie est la même. C’est très agréable de traire avec un éclairage naturel. »

À savoir

 

 
Au Gaec Charretier dans le Rhône, les translucides ont été peints avec une peinture lavable à base de chaux utilisée pour les serres de maraîchage. © E. Bignon

 

Au Gaec Charretier dans le Rhône, les translucides ont été peints avec une peinture lavable à base de chaux utilisée pour les serres de maraîchage. Elle a été diluée à 33 % et appliquée à l’intérieur à l’aide de l’atomiseur à dos en montant sur le chargeur. Le pot de 25 kg coûte environ 80 €. La lumière entre mais le soleil ne tape plus.

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