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DNC en Haute-Savoie : « Je peux réutiliser la stabulation, la traite c’est le paradis et les nouvelles vaches commencent à arriver »

Nicolas Prud’homme, éleveur laitier en Haute-Savoie, dont 68 bêtes de son troupeau ont été abattues en juillet après une contamination à la dermatose nodulaire contagieuse, voit le bout du tunnel. Ses vaches ont pu retrouver le chemin de leur stabulation ce lundi 27 octobre et le repeuplement du troupeau a commencé.

Un éleveur avec sa petite fille dans ses bras devant ses vaches rentrées dans la stabulation.
Nicolas Prud'homme, éleveur laitier et sa fille, devant sa stabulation où ses vaches peuvent retourner depuis ce lundi 27 octobre.
© Nicolas Prud'homme

« Les vaches et veaux ont pu rentrer dans la stabulation ce lundi (ndlr : 27 octobre), soit 28 jours après le deuxième lavage de la stabulation » raconte, soulagé, Nicolas Prud’homme, éleveur laitier à Saint Ferreol en Haute-Savoie, passée en zone de vaccination le 22 octobre dernier. 

« Cela a pris plus de temps de prévu. Il y a eu du retard dans l’appel d’offres adressé aux sociétés de nettoyage. Puis on nous avait annoncé qu’on pourrait rentrer 15 jours après le deuxième lavage et finalement cela a été 28 jours », poursuit-il.

Relire : DNC : « Ceux qui s’opposent à l’abattage rallongent notre calvaire », témoigne Nicolas, éleveur laitier touché par la maladie en Haute-Savoie

Retour des animaux à l’abri après 4 mois à l’extérieur

Après la confirmation d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC), le 20 juillet, l’éleveur a vu 68 de ses bêtes abattues le 22 juillet. Le reste de son troupeau, soit 16 vaches laitières, 15 veaux et 45 génisses, se retrouvant bloqué en extérieur, avec quelques niches prêtées pour les veaux. Alors que les sommets alentours sont déjà tout blancs, Nicolas Prud’homme, dont l’exploitation se situe à 500 mètres d’altitude dans un couloir où la bise peut être glaciale, est heureux de pouvoir ses bêtes à l’abri : désormais 16 vaches laitières (une génisse a vêlé), 44 génisses et les veaux qu’il lui reste. « On a eu l’autorisation de vendre quelques mâles à un atelier d’engraissement qui s’est monté dans la zone réglementée. On a pu les mettre au sec », témoigne Nicolas Prud’homme.

On a perdu un veau, une femelle, que l’on aurait sûrement sauvé si le vêlage avait eu lieu en intérieur, et une bonne vache a subi une mammite carabinée

Pendant la période, « on a perdu un veau, une femelle, que l’on aurait sûrement sauvé si le vêlage avait eu lieu en intérieur, et une bonne vache a subi une mammite carabinée. On l’a réinséminée pour la descendance ». « Par ailleurs, les vaches traites en extérieur ont été réinséminées mais elles ne donneront pas de grosses lactations », poursuit-il.

Lire aussi : Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : un sixième foyer dans le Jura, la France comptabilise désormais 94 cas

Le repeuplement du troupeau a commencé

Après avoir pratiqué une « traite de fortune » durant plus de 3 heures, l’éleveur retrouve ses conditions habituelles de traite d’une durée de 1h à 1h30 (soin des animaux et lavage compris). « C’est le paradis ! » souligne-t-il.

L’éleveur qui a reçu une partie de l’indemnisation des bêtes abattues et les avances des aides PAC 2025 mi-octobre (pour lesquelles les cas de DNC ont été reconnus de force majeure) se focalise désormais vers le repeuplement.

J’ai reçu trois vaches ce matin venant de mon cousin, puis quatre très bonnes vaches arriveront la semaine prochaine en provenance de l’élevage de la famille Dumoulin

« Le syndicat des éleveurs de la race montbéliarde a fait un gros boulot pour trouver des éleveurs et trier les animaux qui s’adapteraient le mieux à nos pratiques d’élevage, pour moi l’élevage en aire paillée. J’ai reçu trois vaches ce matin venant de mon cousin, puis quatre très bonnes vaches arriveront la semaine prochaine en provenance de l’élevage de la famille Dumoulin », explique Nicolas. 

Vache sur un chemin avec la montagne en arrière plan
"Suprême (une abondance, ndlr) arrivée ce matin du Gaec Les Délices savoyards déjà en tête du troupeau" se félicite Nicolas Prud'homme

« La semaine d’après ce sera au tour d’une mère à taureau de l’OS Umotest provenant de copains éleveurs. Vous imaginez la grosse émotion quand ils nous l’ont annoncé ! », poursuit-il, précisant que cinq vaches arriveront aussi du même élevage.

Lire aussi : Dans les Savoie, le repeuplement en vaches suite à la DNC se complique

Le repeuplement total se fera progressivement

« On va pouvoir repartir avec des animaux de qualité », se félicite-t-il. « Le 10 novembre, 12 vaches arriveront. L’idée est de repeupler progressivement, de laisser les animaux s’habituer ». Tous les animaux provenant de la zone vaccinale, les animaux sont vaccinés depuis plus de 45 jours.

On va pouvoir repartir avec des animaux de qualité 

« Nous ne retrouverons pas tout de suite les effectifs totaux », souligne l’éleveur haut-savoyard, indiquant que dans un second temps des éleveurs de la Loire fourniront des animaux de la race montbéliarde. Puis « on espère que le Doubs et le Jura pourront compléter ».

Relire : DNC : la Savoie et la Haute-Savoie passent en zone de vaccination

Encore quelques incertitudes sur les indemnités 

Le 29 octobre, l’éleveur doit suivre une visio avec la DGAL sur le calcul des indemnités pour les pertes d’exploitation liées à la DNC dont le calendrier de versement n’est pas encore connu ainsi que celui du paiement du solde pour les bêtes abattues. « Plus vite les dossiers seront faits, plus vite on sera payés, ce qui m’inquiète plus c’est la question de la fiscalité des aides », confie Nicolas Prud’homme. La défiscalisation de ces aides est prévue dans le projet de loi de finances 2026, mais « on y croira que quand ce sera passé », lâche l’éleveur.

Lire aussi : DNC : exportations interdites, concours bovins annulés et marchés aux bestiaux fermés dans trois régions pendant 15 jours

Forte inquiétude autour des cas dans le Sud-Ouest de la France

Et Nicolas Prud’homme tient à souligner sa forte inquiétude pour les éleveurs des zones encore touchées par la DNC. « Les cas dans le Jura nous ont mis un gros coup sur la tête. On pensait avoir fait ce qu’il fallait pour que la maladie n’aille pas ailleurs », confie-t-il. 

On pensait avoir fait ce qu’il fallait pour que la maladie n’aille pas ailleurs

Lui qui s’était déjà alarmé fin août dernier sur la politisation autour de l’abattage total dans les foyers de DNC explique aussi « se faire beaucoup de soucis pour les éleveurs du Sud-Ouest, où certains disent qu’ils veulent bloquer les abattages et vivre avec la maladie ». 

Lire aussi : La DNC poursuit sa progression dans les Pyrénées-Orientales

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