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DNC : Dans les Savoie, les éleveurs vont rapidement repartir en lait grâce à la solidarité

A partir du 22 octobre, des vaches ont commencé à arriver pour repeupler les élevages qui ont subi des euthanasies d'animaux dans le cadre de la lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). L'esprit collectif des éleveurs permet un repeuplement rapide qui devrait courrir jusqu'au mois de janvier. 

<em class="placeholder">vache de race abondance à la traite </em>
La première traite au Gaec Ferme de la plaine, en Haute-Savoie. 33 vaches sont arrivées en plusieurs arrivages à partir du 29 octobre. Elles ont rejoint les autres femelles du Gaec, qui n'avaient pas été euthanasiées avec les vaches laitières le 22 juillet, étant alors dans des prairies éloignées.
© OS RAR

Depuis le 22 octobre, la zone réglementée n°1 (ZR1 : une partie des Savoie, de l'Ain, du Jura et de l'Isère) est devenue une zone vaccinale et les contraintes de mouvements de bovins ont été levées, permettant le début du repeuplement dans les élevages des Savoie qui ont subi des euthanasies administratives d'animaux dans le cadre de la lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Des vaches ont commencé à arriver sur les élevages dès cette date, et début novembre, les trois races Montbéliarde, Abondance et Tarentaise indiquaient avoir réussi à organiser le repeuplement en vaches, avec les derniers lots programmés pour une arrivée en janvier. Le repeuplement en génisses suivra dans un second temps durant l'hiver. 

L'efficacité des savoyards tient à leur organisation collective, qui a aussi permis d'éviter une flambée des prix. La coopérative Eleveurs de Savoie a recensé les besoins des éleveurs, et en parallèle, les OS des races Montbéliarde, Abondance et Tarentaise ont recensé, recherché les offres de vaches et donné des prix indicatifs. Les exigences étaient communes : trouver des animaux sains (certificat sanitaire et vaccination DNC), de qualité (critères génétiques) et avec des modes d'élevage (système de traite, aire paillée ou logettes) similaires entre le vendeur et l'acheteur, pour éviter des problèmes d'adaptation des animaux. Mais rien n'aurait été possible sans la solidarité des éleveurs, qui ont répondu aux appels des races, au delà des Savoie. 

Une belle solidarité des vendeurs

« Les éleveurs avaient hâte de remonter un troupeau et de traire. Pour tourner la page, mais aussi parce que la durée d'indemnisation pour perte de production laitière et viande est courte : trois mois après le début du repeuplement ! », souligne Samuel Duclos, du groupe Umotest, en charge de recenser les offres de vendeurs de femelles montbéliardes. Il est très satisfait de la qualité des animaux. « C'est une bonne surprise. Les éleveurs ont été solidaires, en proposant des animaux de qualité, en stade et en génétique, à des prix proches de l'indemnité que toucheront les éleveurs acheteurs. » Et ils ont répondu rapidement aux appels de la race. « Il y avait 450 vaches montbéliardes à trouver. Les cas de DNC dans le Jura, le Rhône et l'Ain ont chamboulé le repeuplement car les vendeurs étaient dans les nouvelles zones réglementées ou non loin. L'appel a donc été relancé aux éleveurs vendeurs de femelles en zone vaccinale. » 

L'Abondance lance un plan génisses

« Cet été, quand les cas flambaient et que nous avions l'impression d'être au milieu d'un incendie, nous avons eu très peur pour l'avenir de la race abondance, raconte Jean-Philippe Chesney, directeur de l'OS RAR (races alpines réunies pour l'Abondance, la Villars de Lans et la Herens). Les éleveurs de la race abondance sont en effet situés à 80% dans ce qui était la ZR1. Près de 350 animaux ont été euthanasiés, dont environ 280 vaches et 70 génisses (sur un effectif de près de 60 000 vaches), « ce qui est déjà lourd pour une petite race comme la nôtre. En outre, déjà avant la DNC, la race connaissait une tension avec un renouvellement de femelles trop limité, à cause des croisements viande et de la baisse du nombre d'éleveurs de génisses. Cette crise sanitaire a mis en évidence l'urgence d'accélérer notre plan pour faire naître et élever davantage de femelles », plante Jean-Philippe Chesney. Un groupe de travail doit proposer différents types de contrats et l'objectif est fixé à 300 femelles supplémentaires par an à faire élever, d’ici 2030. Pour le repeuplement, « nous avons reçu des propositions d'exploitations de la zone et de l'extérieur (Ardèche, Corrèze, Savoie hors zone), dont certaines qui cessaient leur activité d'élevage. D'autres ont gardé des vaches en vue du repeuplement, ou ont gardé plus de veaux femelles »

Pour la Tarentaise, moins touchée par la DNC, le besoin de repeuplement a été estimé à environ 45 vaches et à environ 25 génisses. « Notre service de mise en relation des acheteurs et vendeurs d'animaux avait à peu près ce nombre d'animaux proposés à la vente. Nous les avons proposés en priorité aux éleveurs voulant repeupler », indique Emilien Odouard, de Cap tarentaise. 

Chiffres clés

76 foyers en Haute-Savoie (44 foyers) et en Savoie (32), dans 44 élevages différents

Entre 1700 et 1800 bovins abattus

Des milliers d’animaux bloqués d’un côté ou de l’autre de la zone.

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