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Développer le lait local au Burkina Faso

L’Afdi Auvergne aide à organiser la filière et apporte un soutien financier pour sécuriser la chaîne du froid des mini-laiteries.

« Nous nous battons pour que ce que nous produisons puisse nous nourrir », expliquait Adama Ibrahim Diallo lors du dernier Sommet de l’élevage. Il préside l’Union nationale des mini-laiteries et des producteurs de lait local du Burkina Faso (UMPL/B), sous l’égide de laquelle sont regroupés 63 ateliers coopératifs et privées qui transforment de 50 à 1 000 litres par jour. Des mini-laiteries majoritairement gérées par des femmes. Mais cette production locale doit faire face au puissant lobby du lait importé et reconstitué, qui est vendu 30 à 50 % moins cher que le lait local. « Nous avons créé l’UMPL/B pour résister et développer la production locale, poursuit son président. Nous voulons rendre l’agriculture familiale attrayante et rentable afin de retenir nos jeunes plutôt que de les voir partir en exode rural, émigrer ou se radicaliser. » L’Union a noué un partenariat depuis cinq ans avec l’Afdi Auvergne (ainsi qu’avec l’Afdi Normandie, qui mène des actions similaires, et d’autres ONG) pour encourager le développement de la production, professionnaliser la filière et promouvoir le lait local auprès des consommateurs.

L’Afdi appuie notamment l’organisation d’un événement, « Les 72 heures du lait local », qui se tient tous les ans à Ouagadougou, la capitale. Un salon du lait qui réunit pendant trois jours tous les acteurs de la filière laitière. Le but : interpeller les consommateurs sur l’intérêt d’acheter du lait local mais aussi obtenir le soutien des pouvoirs publics, qui jusqu’à récemment n’était pas acquis. « Nous leur apportons un appui institutionnel pour les aider à organiser la filière et crédibiliser leurs projets auprès des consommateurs et des autorités », souligne François Anglade, trésorier de l’Afdi Auvergne. Depuis l’an dernier, l’Afdi appuie financièrement l’UMPL/B pour aider des mini-laiteries à acquérir l’autonomie énergétique et ne plus être tributaires de l’absence ou de coupures d’électricité. En sécurisant la chaîne du froid en aval de la transformation, elles seront en capacité de livrer au-delà du marché très local. L’Afdi Auvergne a fait un don de 2 800 euros à l’UMPL/B pour soutenir un premier projet d’équipement photovoltaïque sous forme d’avance de trésorerie, dont la moitié sera remboursée sur trente mois. L’Union se constituera ainsi un fonds pour financer de nouvelles opérations. « Notre objectif est de répéter cette opération au moins sur une laiterie par an dans la mesure de nos moyens », explique François Heyraud, président d’Afdi Auvergne.

Faire face au lait importé moins cher

Un projet enfin est à l’étude pour sécuriser la ressource laitière. « Le revenu du lait va à la femme pour subvenir aux charges familiales mais les vaches appartiennent au mari, expliquent les deux responsables de l’Afdi. L’idée serait que le mari concède la propriété de quelques vaches du troupeau à sa femme. Mais il faudra qu’elle puisse les nourrir. » Le projet consisterait à mettre en place un accompagnement technique pour développer la production fourragère. L’Afdi sollicite l’appui financier de la région Auvergne-Rhône-Alpes (Aura) pour lancer le projet dans une région du Burkina Faso, les Hauts-Bassins, jumelée avec la région Aura. « Il nous faudrait 20 000 euros par an pour financer sur cinq ans ce programme et embaucher un animateur technique. » Des partenariats sont à l’étude également avec des établissements d’enseignement agricole de la région Aura.

Une diversité de produits

Les 63 mini-laiteries de l’UMPL/B transforment plus de 1,1 million de litres de lait par an. Chaque producteur fournit de 2 à 50 litres de lait par jour. Ils livrent directement à la laiterie ou à des points de collecte. Après pasteurisation, le lait est soit conditionné en sachets, soit transformé en yaourts, fromages, beurre et Gapal, un produit traditionnel très prisé à base de yaourt et de farine de petit mil. L’UMPL/B a créé une marque de lait équitable « FaireFaso », en lien avec des ONG pour identifier le lait local.

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