Aller au contenu principal

Nitrates : Des projets de zones vulnérables contestés

De nouvelles zones vulnérables sont en projet, sur des critères contestables. Des FDSEA et la FNSEA se mobilisent pour arriver à des décisions plus justes.

Manifestation FDSEA Aveyron décembre 2020
Les agriculteurs aveyronnais ont manifesté en décembre 2020 contre un classement qui concernerait 2500 exploitations sur des critères discutables.
© FDSEA de l'Aveyron

En décembre dernier, la FDSEA de l'Aveyron a manifesté contre le projet de zone vulnérable présenté par la Dreal(1) Occitanie. L'élevage est particulièrement concerné. « Le projet vise à classer trente nouvelles communes, en retirer dix, soit un agrandissement de 129 000 hectares, concernant 2 500 exploitations d'élevage. La moitié du département serait alors en zone vulnérable », résume Laurent Saint Affre, président de la FDSEA de l'Aveyron.

Ce projet s'appuie sur les taux de nitrates mesurés sur 34 points de prélèvements en Aveyron, avec 7 à 12 prélèvements réalisés par point sur un an. « Le problème est que la méthode européenne ne repose pas sur la moyenne des analyses, qui chez nous est bien en-dessous du seuil réglementaire de 18 mg/l, et en baisse par rapport à la campagne précédente, rappelle Laurent Saint Affre. Dans notre cas, seuls deux prélèvements, sur décembre et février, dépassent légèrement le seuil autorisé, et classent tout un bassin versant en zone vulnérable. Les mois d’hiver, il n’y a pas d’épandage ; la chambre d’agriculture suspecte un phénomène dû à la dégradation des feuilles mortes dans les forêts. » La FDSEA pointe aussi des prélèvements faits hors département, à côté d’une station d’épuration« Les services de l'État ont approuvé nos remarques. » Pour l'heure, la FDSEA poursuit la concertation avec la Dreal, et consolide ses arguments, preuves techniques à l'appui.

Des prélèvements hors zone agricole

Le cas de l'Aveyron n'est pas isolé. Sur d'autres bassins, des aberrations du même ordre sont relevées. « Il n'y a parfois qu'une ou deux analyses par point de prélèvement et par an. Certains points de prélèvement ne sont pas en zone agricole, parfois en aval de stations d'épuration », expose Thierry Coué, de la FNSEA. Sur le bassin Loire Bretagne, alors que les résultats de qualité de l'eau auraient pu faire sortir des communes du zonage, la Dreal ne propose pas de sortie. Sur d'autres bassins, des communes sont ajoutées sur le critère de continuité territoriale. « Nous refusons que des élevages soient soumis aux contraintes fortes des programmes d'action sur ces critères contestables. »

(1) Direction régionale de l'environnement.

Le calendrier repoussé ?

Normalement, les propositions de zone vulnérable doivent être prêtes pour fin 2021, pour une validation début 2022 ; avec les programmes d'actions, qui eux aussi font l'objet de contestations. La FNSEA demande le report du calendrier pour poursuivre la concertation.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

Maïs après destruction de prairie par une succession de passage d’outils de travail du sol. © Arvalis
Détruire une prairie sans labour ni glyphosate, c'est possible
Une enquête menée dans le cadre du projet Praigly auprès de dix fermes montre que des solutions mécaniques existent pour détruire…
Olivier Thibault. « J’ai fait le choix du maïs grain humide pour limiter aussi la dépendance au concentré énergétique. » © E. Bignon
Prix du soja : « Je limite l’achat de correcteur en complémentant les vaches en acides aminés »
L’EARL de la Grandinière, en Mayenne, n’a pas attendu la flambée du prix des matières premières pour chercher des leviers de…
La réduction du correcteur azoté de la ration est possible grâce à un meilleur équilibre en acides aminés et la prise en compte de la vitesse de dégradabilité des sources azotées. © E. Bignon
Prix du soja : Six leviers pour réduire le correcteur azoté
Comment faire face à la flambée du prix du tourteau de soja à plus de 400 €/t ? Avant de chercher à optimiser le prix d’achat du…
Vincent Philippeau, François Giard et Alain Philippeau, les trois associés. « Nous voulons continuer à faire pâturer nos vaches tout en maintenant un bon niveau de production pour ne pas devoir investir dans un nouveau bâtiment. » © F. Mechekour
[Élevage laitier] « Notre exploitation a des atouts pour attirer des jeunes »
Au Gaec Philippeau, dans le Maine-et-Loire, le chiffre trois s’applique au nombre d’associés, d’ateliers, de semaines de congés…
Lucie Prunier, de la ferme de la Talboisière, dans l'Orne
« Où sont les porteurs de projet en élevage laitier ? »
Lucie Prunier, de l'EARL de la Talboisière, à Saint Jean des bois, dans l'Orne, n’arrive pas à trouver son futur associé, après…
Le coût alimentaire du système plus pâturant est inférieur de 21 €/1 000 l, surtout grâce à la maîtrise du coût de concentré. © V. Brocard
À la ferme expérimentale de Trévarez : +50 000 euros en cinq ans pour le système plus pâturant
50 000 euros de revenu en plus en cumul sur cinq ans et des bilans azote et carbone un peu plus favorables pour le système plus…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière