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"Des chemins et un boviduc pour exploiter tout le potentiel des pâtures accessibles"

Nicolas Rubin, en Ille-et-Vilaine, est passé de 10 à 46 hectares de pâturage accessibles à ses 50 vaches traites. Les chemins, réseaux d’eau, boviduc, etc. sont un investissement rentable, selon lui.

« J’ai démarré en 2017 un réaménagement parcellaire important pour améliorer la gestion de l’herbe, avec l’aide de mon conseiller », plante Nicolas Rubin, en individuel en Ille-et-Vilaine à Argentré-du-Plessis. Treize hectares sont repris et un échange parcellaire permet de passer de 10 à 22 hectares accessibles aux laitières. Puis, en 2019, un boviduc permet de grimper à 46 hectares accessibles. Il passe sous une départementale.

« Heureusement, la personne du conseil départemental à qui j’ai eu affaire a été très impliquée et pragmatique. Nos préfabriqués en béton forment un tunnel de 2 mètres de hauteur, ce qui est suffisant pour les vaches et moi. Une partie non négligeable du coût a été le terrassement et l’écoulement des eaux, car il a fallu réaliser une tranchée de 300 mètres de long et 3 mètres de fond. »

« On commence par découper le parcellaire, placer les paddocks, puis les chemins, le réseau d’eau et les haies », expose Stéphane Boulent, de la chambre d’agriculture de Bretagne. Le tracé initial a été un peu décalé pour un chemin qui passait trop près d’un ruisseau. Le réseau d’eau d’abreuvement a été enterré en même temps que la création des chemins, à un mètre du chemin, avec des raccords apparents, pour en faciliter l’accès. « Les haies sont plantées sur les côtés nord et est du chemin, pour que le chemin soit le plus possible exposé au soleil. »

Avec 80 paddocks de 0,5 hectare, le besoin en chemins est important. Les 50 vaches marchent jusqu’à 850 mètres de la stabulation. Ils sont sollicités quatre fois par jour pendant une bonne moitié de l’année et deux fois par jour sur le reste de l’année. Le pâturage ne s’arrête qu’entre un et deux mois en hiver.

Des chemins avec une grosse fondation

Le premier chemin stabilisé date de 2015. « J’avais fait un échange de terre contre des grosses pierres avec un voisin. J’ai fait entre 300 et 400 mètres de chemin, recouvert de sable. À l’époque, je n’avais pas mis de géotextile et il est toujours bien stabilisé. Il y a un peu d’arbres et de haies à l’ouest du chemin, ce qui n’est pas l’idéal, mais la haie est clairsemée donc ça ventile bien et le chemin sèche bien malgré tout. » Des engins y circulent très rarement. « Jusque-là, je ne l’ai pas entretenu et là il est temps que je remette du sable dessus. »

En 2017, 550 mètres de chemins stabilisés de 3 mètres de large sont créés. « Cinquante centimètres de terre ont été décaissés ; c’était plus que prévu. À cet endroit, la terre est humide et profonde, et je voulais qu’il soit possible de passer en tracteur, même si c’est très rare. D’autre part, j’ai pu récupérer des pierres sur l’exploitation et elles ont rempli les 30 à 40 premiers centimètres. Un géotextile a été posé. Puis, des pierres de carrière 0-60 ont été mises sur 10 à 15 cm d’épaisseur. Un sable gris vient en couche de finition. »

Des chemins secondaires en terre

En 2019, 300 mètres de chemins empierrés ont été réalisés suite à l’installation du boviduc, et il n’y a pas eu de géotextile. « Pour l’instant, je ne vois pas de différence avec le chemin avec géotextile. Pour les autres chemins qui sont moins fréquentés, je n’en mettrai donc pas », indique Nicolas Rubin.

Des chemins secondaires pour desservir les derniers paddocks sont encore en terre. « J’aimerais ne pas avoir à tout empierrer. Je les laisse en terre pour les tester : faut-il un peu les décaler à certains endroits trop humides ? Où sont les parties qui ont besoin d’être empierrées ? Les parties qui peuvent rester en terre, je les stabiliserai quand même avec des copeaux de bois. »

Le coût

16 000 € pour 1 650 m2 de chemins, soit près de 10 €/m2. Une aide du département de 5 000 €.
200 € par paddock d’aménagements : clôtures, système d’abreuvement.
52 000 € de boviduc. Une aide du PCAE de 14 000 €.

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