Aller au contenu principal

« Dans une salle de traite, ce sont les détails qui font toute la différence »

Au Gaec de Kermouster, dans le Finistère, les associés ont mûri leur projet pour limiter les efforts physiques à la traite grâce à une entrée et une sortie rapides des vaches, des surfaces de lavage réduites, des griffes légères, un post-trempage facilité…

Éliane Riou. « Dans notre nouvelle TPA 2x16, nos mettons 1h15 pour traire 140 vaches à deux, hors lavage. Une traite rapide et fluide, sans effort physique, c’est 100 % de plaisir ! »
Éliane Riou. « Dans notre nouvelle TPA 2x16, nos mettons 1h15 pour traire 140 vaches à deux, hors lavage. Une traite rapide et fluide, sans effort physique, c’est 100 % de plaisir ! »
© Gaec de Kermouster

« Nous avons longtemps connu une installation de traite complètement saturée, témoignent Hervé et Éliane Riou, installés dans le nord du Finistère. Nous commencions vraiment à fatiguer et les vaches aussi. Nous en avons même retrouvé une, une fois, couchée dans l’aire d’attente. Le temps passé à la traite était devenu le temps que l’on ne supporte plus. »

Aussi, quand leur fils Vincent les a rejoints en 2018, ils ont eu à cœur de mûrir un projet bâtiment et salle de traite dans l’objectif de se faciliter le travail. « Aujourd’hui, l’ensemble des équipements nous permet d’avoir une traite fluide, rapide, avec peu d’effort physique. C’est une vraie satisfaction au quotidien ! », s’enthousiasme Éliane qui ne regrette pas le temps passé à la réflexion et la vingtaine de visites effectuées « pour éviter les loupés ».

Un nettoyage nickel en 8 minutes chrono

 

 
Les coffres ont été remontés de 5 cm au montage par rapport à la cote d’origine, sinon les éleveurs auraient dû pencher la tête pour rester droits. Les trayeurs apprécient le quai avec débord en rive. © Gaec de Kermouster
Les éleveurs traient aujourd’hui 140 prim’Holstein à 9 300 kg dans une salle de traite TPA 2x16 postes avec sortie rapide. « Nous avons opté pour une TPA plutôt qu’un roto pour privilégier des surfaces de lavage peu importantes, insiste Éliane. Le nettoyage peut vite devenir une tâche très chronophage, surtout si l’on aime bien que ce soit parfaitement propre. » Ce dispositif permet aussi de limiter l’espace dédié à la traite avec une aire d’attente localisée dans le couloir de circulation des logettes.

 

 

 
Les tapis en caoutchouc facilitent le lavage. © S. Guiocheau
Le nettoyage prend 8 minutes chrono. « C’est moins de temps, de pénibilité et de consommation en eau », résume Vincent. Les éleveurs ont choisi des surfaces faciles à laver, avec des tapis en caoutchouc sur les quais et la fosse. « L’entretien est rapide, le revêtement évite les glissades. Dans la fosse, nous apprécions le support souple et isolé du froid », souligne l’éleveur.

 

 

 
© S. Guiocheau
Les trois descentes de tuyaux, réparties sur la longueur de la fosse (14 m de long sur 2 m 20 de large), toutes branchées sur le surpresseur, sont également un atout pour « un nettoyage rapide, efficace, sans avoir de tuyau lourd à tirer ». En bout de quai, le surpresseur sert à laver les pare-bouses. « C’est ce qui prend le plus de temps, ajoute Hervé en précisant que « toute l’installation est mouillée avant la traite pour faciliter le nettoyage ultérieur ».

 

Un branchement des trayons deux par deux

 

 
« La griffe est un vrai plus en matière d’ergonomie et de prévention des TMS, même si visuellement elle nous semblait volumineuse et compliquée. » La forme spécifique du manchon autorise un niveau de vide de traite élevé, et donc de travailler avec des gobelets plus légers en composite. © Gaec de Kermouster
Les éleveurs considèrent aussi le choix de la griffe comme crucial dans la prévention des troubles musculo-squelettiques. « Nous avons eu un vrai coup de cœur pour la griffe IQ Pro GQ (GEA) qui a complètement modifié notre gestuelle de pose des gobelets trayeurs, relève Éliane. Non seulement elle est légère (1,6 kg), mais en plus, nous ne sommes plus obligés de nous contorsionner pour couper l’air. » L’activation du vide complet intervient seulement quand le gobelet est fermé par le trayon. Hervé et Vincent branchent les trayons deux par deux en tenant un gobelet dans chaque main. Éliane, un peu plus petite en taille, pratique en trois temps en branchant les trayons avant l’un après l’autre, et les trayons arrière simultanément. « La rapidité de pose permet d’avoir un bon rythme et de pouvoir traire seul quand c’est nécessaire. »

 

Le post-trempage aussi est facilité grâce à un équipement doté d’une petite gâchette souple qui propulse de la mousse par un système à air. Ce dispositif a été installé deux mois après la mise en route de la nouvelle salle de traite. « Il était temps, se rappelle Éliane. Je commençais à développer une tendinite du pouce à force de presser sur les gobelets. Répéter ce geste sur des séries de 16 vaches devenait vraiment difficile. » Tout est rentré dans l’ordre aujourd’hui. Les éleveurs apprécient chaque jour la sortie rapide permise par la lice verticale, la barrière poussante et l’escalier large en bout de fosse.

La dimension plaisir, ça compte !

« La traite est devenue 100 % plaisir, avance Éliane. Le plain-pied entre la fosse et l’espace de stockage attenant avec les produits d’hygiène, les pots, le taxi lait, la machine à laver, etc. s’avèrent très pratiques. Nous avons tout sous la main. » Le niveau sonore est réduit car la pompe à vide avec variateur, est moins bruyante et elle a été installée dans un local clos. « Nous ne savons même plus quand elle tourne ! »

Pour en savoir plus, visionnez la vidéo de l’élevage

Les plus lus

Éliane Riou. « Dans notre nouvelle TPA 2x16, nos mettons 1h15 pour traire 140 vaches à deux, hors lavage. Une traite rapide et fluide, sans effort physique, c’est 100 % de plaisir ! »
« Dans une salle de traite, ce sont les détails qui font toute la différence »
Au Gaec de Kermouster, dans le Finistère, les associés ont mûri leur projet pour limiter les efforts physiques à la traite grâce…
Olivier et Béatrice Piron. « Nous privilégions un système très simple avec peu de vaches, pour rester efficaces tout en veillant à l'aspect travail. »
« Avec nos 49 vaches laitières, prévention rime avec efficacité économique »
L’EARL Les chapelles, en Ille-et-Vilaine, se distingue avec un système intensif mêlant maïs toute l’année et herbe pâturée.…
Le choix de griffes plus légères et de tuyaux en silicone soulage les bras et les épaules.
« Rénover la salle de traite pour tenir jusqu’à la retraite ! »
Dans le Finistère, le Gaec du Bois Noir a agrandi et rééquipé sa salle de traite, en vue de réduire la durée et la pénibilité de…
Prix du lait : Sodiaal abandonne son prix B
À partir du 1er avril, le prix B disparaît chez Sodiaal. Un « prix unique » sera mis en place pour l’ensemble de la…
Alexis, 28 ans, et Cyril, 32 ans, avec leur père Didier Magnière, 61 ans. « Nous partageons une vraie passion pour la race Simmental et n’aimons pas trop faire du tracteur. »
« Nous avons remis à plat tout notre système de production laitier pour devenir autonomes »
En Côte-d’Or, le Gaec Magniere a repensé totalement son assolement et ses rotations. Il est devenu complètement autonome en…
Le Casdar Ergotraite inclut une analyse biomécanique des mouvements par « motion capture ».
Traite : des hauteurs de quais trop souvent inadéquates
La hauteur des planchers mammaires à la traite a un impact important sur la posture du trayeur et le risque de troubles musculo-…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière