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Covid-19 : les prévisions tablent sur une forte récession en 2020 et une croissance en 2021

La crise liée au confinement pour lutter contre Covid-19 est une crise à la fois de l’offre et de la demande, soulignent Philippe Chotteau, de l'Institut de l'élevage, et Thierry Pouch, de l'APCA. Tous les pays sont touchés et il sera difficile de s'en relever, même si le FMI table sur une retour de la croissance dès 2021. Avec beaucoup d'incertitudes...

containers sur un bateau transport maritime
Les prévisions de l'OMC, début avril, tablaient sur -13% à -32% d'échanges de marchandises dans le monde en 2020 par rapport à 2019.
© K. Talec/Flickr

L'Institut de l'élevage (Idele) a démarré son cycle de conférences sur "Les marchés mondiaux" avec un panorama macroéconomique de l'impact de la crise de 2020 liée au Covid-19.

"L’impossible s’est produit avec Covid-19", soulignent Philippe Chotteau, responsable du département économie d'Idele, et Thierry Pouch, chef économiste à l’APCA (assemblée permanente des chambres d’agriculture) et chercheur au laboratoire Regards à l’Université de Reims.

Et cette crise est totalement inédite dans le monde moderne : C'est une crise de l’offre et de la demande qui touche tous les pays. "Les experts prévoient une crise économique mondiale à l’onde de choc plus dure que la crise de 2008 – 2009", soulignent les deux économistes. Pour rappel, la récession a été de -0,4% en 2009 globalement dans le monde. Et il y avait à l’époque, un découplage entre la vieille économie qui fut très touchée, et les économies émergentes qui ont tiré la croissance. Ce n’est pas le cas en 2020. Covid-19 a touché l’économie de tous les pays.

Faillites et chômage attendus partout dans le monde

Une crise de l'offre car il y a et qu'il y aura de la destruction de capital productif par des faillites d'entreprises, une hausse du taux d'épargne et un recul des investissements. Les coûts induits par les contraintes sanitaires – gestes barrières, distanciation physique – sont non négligeables. Et la peur pourra aussi freiner la reprise de certaines activités.

Une crise de la demande, à cause de la hausse du chômage, et parce que la crise frappe de plein fouet les travailleurs informels, surtout dans les pays à revenu moins élevé. "Une catastrophe se prépare", s'alarme la FAO.

Beaucoup de pays (en Europe, en Asie, aux Etats-Unis, Canada) amorcent des déconfinements lents, partiels, avec des niveaux de contraintes sanitaires élevées. Le retour à la normale n’est pas encore effectif.

Lire aussi : Face au Covid-19, des situations très disparates dans la filière laitière

Lactalis : "La crise liée au Covid-19 nous fait craindre une baisse de la valorisation du lait à moyen terme"

Récession mondiale en 2020, reprise de la croissance en 2021 ?

Avec ces éléments, le FMI a fait une prévision d'une récession mondiale en 2020, de -3% globalement (pour rappel : + 2,9% en 2019). Plus forte dans l’Union européenne (-7,5%), de -5,9% aux Etats-Unis. Seule l’Asie serait en légère croissance. Pour 2021, le FMI est très optimiste (+5,8%), avec une reprise de la croissance mondiale tirée par l’Asie (+8,5%). Le FMI est sans doute optimiste, et c’est logique, son objectif étant de rassurer les marchés.

Mais il reste possible de revivre une pandémie. Et d'autres facteurs peuvent conduire à freiner la reprise, comme l’accroissement des inégalités et le vieillissement de la population.

Relancer l'offre, mais aussi la demande

Beaucoup d'incertitudes demeurent, sur la nature et l'efficacité des plans de relance de l'économie. Y aura t-il des politiques salariales pour soutenir la demande et absorber l'offre ? Les dettes publiques augmentent considérablement : quelles conséquences cela aura t-il sur les budgets européens ? Sans compter les autres défis à relever, comme l'impact du changement climatique.

L'Union européenne pourrait opter pour un nouveau modèle de croissance

Quelles seront les issues à cette crise ? Thierry Pouch a présenté trois grands types de scénarios possibles. Le premier est "On revient au monde d’avant avec quelques évolutions vers des activités moins carbonées". Le deuxième est un scénario de rupture, où les économies trouvent un nouveau régime de croissance, dite croissance inclusive et soutenable, avec des choix sociaux et environnementaux différents, un modèle d’agriculture agro-écologique. Le troisième scénario est une phase de stagnation longue, malgré des plans de soutien.

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