Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

[Covid-19] Comment les banques accompagneront les producteurs

Suite à la crise a crise du coronavirus, le gouvernement a annoncé un vaste programme de prêts bancaires, garantis par l’Etat. Le moment venu, les producteurs pourront en bénéficier pour soutenir leur trésorerie et passer ce cap difficile. Faisons le point sur les mesures bancaires possibles avec Jean-Emmanuel Zaragoza, responsable développement du marché des agricultures, de la mer et de l’équin au Crédit Agricole Normandie.

Zaragoza

Etes-vous inquiet pour les producteurs?  

Jean-Emmanuel Zaragoza, Crédit Agricole Normandie : " La situation n’a rien à voir avec celle des artisans commerçants dont le chiffre d’affaires s’est trouvé coupé du jour au lendemain, avec des conséquences immédiates en termes de trésorerie. Dans le secteur agricole, on travaille sur des temps plus longs. Aujourd’hui, s’il est trop tôt pour percevoir des tensions en termes de trésorerie, notamment pour les exploitations laitières, il n’est toutefois pas exclu que celles-ci se voient pénalisées par des effets - directs ou indirects – de la crise sanitaire dans les semaines à venir. Pour le moment, nous sommes dans l’observation des premiers signaux d’alerte pour repérer quelles seront les activités les plus impactées et à quelle hauteur. Les filières lait, viande et céréales sont aujourd’hui moins touchées que les filières équine, produits de la mer, maraîchage, pépinières et horticulture. Par ailleurs, le montant de la garantie mise en place par l’Etat est conséquente et devrait se montrer suffisante pour soutenir les exploitations agricoles nécessitant une aide."

 

Quelles mesures mettez-vous en place ?

"Toutes les banques s’attachent à mettre en œuvre un train de mesures national. L’idée, c’est que les banques servent de passerelles pour faire en sorte que toutes les exploitations qui étaient viables et en bonne santé avant la crise sanitaire soient toujours là après.

La première mesure d’accompagnement des exploitants concerne les pauses-crédits. Nous proposons à ceux qui le souhaitent d’effectuer une pause sur leurs remboursements d’emprunts pendant six mois maximum. Sachant qu’il est tout à fait possible de mettre fin à cette pause au bout de deux mois si l’activité repart. On préconise d’opter par défaut pour la durée maximale de six mois, quitte à raccourcir ce délai, plutôt que d’y revenir tous les mois. Ce dispositif est gratuit, c’est-à-dire qu’il n’engendre pas de frais de mise en place. Par contre, il a un coût pour l'exploitant, proportionnel à la durée de la pause. En gros, le principe de la pause-crédit est similaire à celui d’un différé d’emprunt. Les producteurs ne paient pas d’intérêts pendant la durée de la pause, par contre ils doivent s’acquitter des frais d’intérêt intercalaires générés une fois que les échéances reprennent. Toutefois contrairement aux situations de différé habituelles, le taux d’intérêt appliqué ne sera pas majoré durant la durée de la pause. Les échéances reprennent ensuite normalement, mais il se peut qu’une pause-crédit de six mois rallonge un prêt d’un peu plus que six mois (à échéance constante) justement en raison de ces intérêts intercalaires."

Des emprunts court terme seront aussi proposés ?

"L’Etat a levé 300 milliards d’euros pour abonder un fonds de garantie. Les banques bénéficient ainsi d’une garantie souveraine d’Etat sur les prêts à mettre en place. Il s’agit de prêts court terme de 12 mois, à taux zéro. On intègre dans ce court terme l’option de pouvoir l’amortir, au bout des douze mois, sur quatre ou cinq ans. Là encore, cette mesure est nationale et concerne toutes les banques. C’est la BPI (banque pour l’investissement) qui fait office de bureau d’enregistrement pour s’assurer qu’un même client ne souscrive pas des prêts différents au sein de différentes banques, ou en tout cas, respecte le montant maximal défini, à savoir 25 % du chiffre d’affaires de son entreprise (hors-taxes)."

Tous les éleveurs pourront-ils bénéficier de ce dispositif ?

"Le dispositif exclut certaines situations, notamment les exploitations en difficulté structurelle qui présentaient déjà avant la crise des résultats comptables avec un bilan très dégradé ou sans capacité de remboursement. La BPI ne se porte pas garante dans ce cas.

Par ailleurs, la priorité doit aller vers les exploitations les plus impactées par les conséquences liées à la crise sanitaire. Solliciter un crédit dans l’objectif de rembourser des crédits déjà en cours sera considéré comme de la fraude. Des contrôles seront effectués par la BPI. "

Concrètement, comment faire pour accéder à cet accompagnement ?

"Il faut d’abord contacter sa banque et calibrer au plus juste le montant du besoin, en fonction du manque à gagner, mais aussi de la capacité de remboursement d’emprunt. Celui-ci ne s’élèvera pas forcément à 25 % du chiffres d’affaires. Une fois ce pré-accord reçu pour un montant donné, l’exploitant doit obtenir une attestation de demande Prêt Garanti d'État avec un numéro unique auprès de Bpifrance. La procédure nécessite de renseigner des informations (telles que le code banque, le code guichet et le montant du prêt) sur le site d’enregistrement. La banque exigera cette attestation avant de valider définitivement le financement et mettre les fonds à disposition. Ce dispositif est ouvert jusqu’au 31 décembre prochain. Les secteurs les plus impactés sont traités en priorité. Inutile pour l’heure de vous précipiter sur ce dispositif avant d’en avoir réellement besoin."

 

Lire aussi [Covid-19] Des mesures exeptionnelles de report de paiement des cotisations MSA

Lire aussi [Covid-19] « Evitons que les éleveurs subissent la baisse de volume et celle du prix du lait »

 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

Loren Duhameau. « Pour faire ce métier, il faut vraiment être mordu. Il y a des jours où j’ai envie de tout arrêter. Mais tant que j’ai du soutien, ça va. » © J. Pertriaux
« Les femmes ont autant leur place que les hommes ! »
À Caligny dans l’Orne, Loren Duhameau s’est installée en individuel à 25 ans. Une installation précipitée par des circonstances…
Michel Nalet, directeur général relations externes et communication du Groupe Lactalis
Lactalis : "La crise liée au Covid-19 nous fait craindre une baisse de la valorisation du lait à moyen terme"
Michel Nalet, du groupe Lactalis, craint l'effet du gonflement des stocks de poudre, beurre et fromage. Et l'…
L'élevage de 380 vaches de Henning Münster,  380 vaches dans le Schleswig-Holstein. © Élevage Münster
Allemagne : prix du lait à 280 à 300 €/1 000 l dès mai ?
Avril n’est que le début de la crise. En Allemagne, les perspectives de prix du lait à six mois ne sont guère enthousiasmantes.
Faneuse et andaineur : les bons réglages pour un bon fourrage
Machinisme
La qualité des fourrages secs ou ensilés dépend bien sûr du niveau de maturité de l’herbe, des espèces présentes dans la parcelle…
 © F. Mechekour
Trois caméras dans la désileuse pour plus de sécurité et de confort
Chez Gilbert Lucas, dans le Pas-de-Calais. La vie et la santé n’ayant pas de prix, l’éleveur a décidé d'installer trois caméras…
Pour chaque alerte, l’appli soulève les questions à se poser pour remonter à la source du problème. © E. Bignon
Élevage : Remonter à l'origine des problèmes de santé grâce à l'appli gratuite Panse-Bêtes
Élaborée par l’Itab et divers partenaires, l’application Panse-Bêtes propose une check-list pour guider et aider les éleveurs et…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8.50€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière