Aller au contenu principal

Contrats laitiers : le Conseil d’État rejette les recours de la Fnil et renforce les OP

Le Conseil d’État déboute la Fnil de ses recours contre les lignes directrices du CRDCA. Ce faisant, il confirme la place centrale des accords-cadres négociés par les organisations de producteurs et celle des coûts de production dans les formules de prix du lait. France OP lait se réjouit et la Fnil salue des clarifications apportées par le Conseil d'Etat.

Mains d'une personne signant un document
En rejetant l’intégralité des requêtes de la Fnil, le Conseil d’Etat confirme que les lignes directrices du CRDCA ne portent pas d’atteinte au principe de libre négociation ni de distorsion de concurrence.
© DragonImages - stock.adobe.com

Le Conseil d’État a rejeté les recours de la Fnil (fédération nationale de l’industrie laitière) contre les lignes directrices du CRDCA (comité de règlement des différends commerciaux agricoles) dans une décision du 30 décembre 2025. Ce rejet représente « une avancée majeure qui renforce les organisations de producteurs (OP) », estime France OP lait, dans un post LinkedIn.

Lire aussi : Lait : l’obligation de l’apport total aux OP est-elle un frein ou un atout pour les producteurs ?

La Fnil contestait notamment les lignes directrices du CRDCA portant sur les accords-cadres et leur articulation avec les contrats individuels, les indicateurs de prix et la manière dont les coûts de production doivent être intégrés dans les formules de prix ou encore sur les clauses de renégociation et les modalités d’alignement concurrentiel des prix. Elle remettait également en cause l’impartialité du CRDCA.

En rejetant l’intégralité des requêtes de la Fnil, le Conseil d’État va dans le sens du CRDCA et confirme sa légitimité. Il estime que le comité est bien resté dans ses prérogatives, que les lignes directrices ne portent pas d’atteinte au principe de libre négociation ni de distorsion de concurrence.

Les contrats laitiers individuels peuvent se poursuivre même lorsque l’accord-cadre s’arrête

Il clarifie également plusieurs points, résumés par France OP lait :

  • la fin de l’accord-cadre n’entraîne pas automatiquement l’arrêt des contrats individuels qui peuvent donc se poursuivre (y compris la formule de prix),
  • les coûts de production doivent être intégrés de manière significative dans le prix et ce, même lorsque le marché de l’acheteur est orienté à l’export,
  • les clauses de renégociations basées sur un alignement sur la concurrence sont écartées.

     

 

Autre point important de la décision : « Lorsque le producteur a donné mandat à une organisation de producteurs pour négocier la commercialisation de ses produits, le contrat de vente qu’il conclut avec l’acheteur doit respecter les stipulations de l’accord-cadre conclu entre l’acheteur et l’organisation de producteurs » et ce « même dans le cas où les clauses du contrat-cadre […] ne sont pas recopiées dans le contrat individuel ».

Pour en savoir plus : La décision du Conseil d’État

Loïc Adam, Président de France OP Lait

« Un signal positif qui reste à confirmer »

« La décision du Conseil d’État est un signal très positif, qui reste toutefois à confirmer dans le dénouement des affaires en cours ou les négociations commerciales. En effet, les lignes directrices du CRDCA restent des préconisations. Si les acheteurs ne les respectent pas, les OP peuvent engager des démarches juridiques. Toutefois, ces démarches sont longues, coûteuses, et en attendant, ce sont les industriels qui tiennent les rênes. Les OP manquent encore de clés dans ces situations-là ».

François-Xavier Huard, PDG de la Fnil

« Des précisions intéressantes pour les laiteries comme les producteurs »

« Le contenu des lignes directrices publiées par le CRDCA nous apparaissait très prescriptif, très engageant. Le Conseil d’Etat a en effet rejeté les requêtes de la Fnil, mais il a émis des interprétations neutralisantes sur un certain nombre de points, que nous considérons comme des avancées concrètes. Par exemple, le Conseil d’Etat confirme que les indicateurs de coûts de production ne doivent pas forcément être pris en compte à hauteur de 50%. Leur poids reste donc librement négociable, même s’il doit être significatif, un terme auquel il faudra donner du corps. Il confirme aussi que chaque opérateur est libre de choisir la méthode de calcul du prix du lait dans les contrats. Nous saluons ces clarifications, qui serviront autant aux laiteries qu’aux producteurs ».

Qu’est-ce que le Comité de règlement des différends commerciaux agricoles (CRDCA) ?

Le CRDCA, créé en 2021, statue sur les litiges entre producteur ou OP et acheteur lorsque les procédures de médiation ont échoué. Il rend alors une décision qui s’impose aux parties. Outre ce rôle, il « établit et rend publiques des lignes directrices qui précisent les modalités d’application des articles L.631-24 et L.631-24-2 du code rural et de la pêche maritime. Par ces lignes directrices, il indique aux producteurs et à leurs acheteurs comment appliquer la loi lorsqu’ils concluent un contrat », selon le ministère de l’agriculture. Ces lignes directrices servent de références dans les litiges et les négociations.

Pour en savoir plus : https://agriculture.gouv.fr/le-comite-de-reglement-des-differends-commerciaux-agricoles-crdca

Les plus lus

<em class="placeholder">Pascal Goetz, éleveur dans le Bas-Rhin</em>
Stress thermique : « Notre production laitière ne baisse quasiment plus en été grâce au douchage », dans le Bas-Rhin

Pascal Goetz, éleveur dans le Bas-Rhin, installé en traite en traite robotisée, a mis en place un dispositif de douchage…

<em class="placeholder">Alexandre Ramel dans l&#039;une des  parcelles de maïs ressemée fin mai suite à des attaques de géomyze.</em>
Attaques de géomyze : « Nous avons dû ressemer 50 hectares de maïs », en Mayenne

Le Gaec Fénérie Bourigné, à La Bigottière en Mayenne, a été confronté ce printemps à des attaques sévères de géomyze, une…

<em class="placeholder">Gaëtan Palaric, éleveur dans les Côtes-d&#039;Armor devant son robot d&#039;alimentation Aura</em>
« Avec notre robot d’alimentation, nourrir 300 animaux se résume à 30 minutes de surveillance pour 9 rations différentes » dans les Côtes-d’Armor

Dans les Côtes-d’Armor, le Gaec Boscher Palaric fait partie des tout premiers élevages équipés du robot d’alimentation Kuhn…

<em class="placeholder">Benoît Aubry, éleveur en Mayenne</em>
« Avant d'installer le robot de traite, le diagnostic électro-géobiologique a été notre priorité », en Mayenne

 Benoît Aubry, éleveur en Mayenne, a effectué quelques aménagements en amont de son projet robot de traite  pour…

Arthur Danière
Grand troupeau : « Le pâturage me permet d’améliorer l’autonomie alimentaire », dans l’Orne.

A la Ferme du Val Danière, le pâturage a été maintenu malgré l’augmentation du nombre de vaches laitières dans le troupeau.…

<em class="placeholder">Marc-Antoine Blot, l’un des deux associés du Gaec BB, à Hauteville-la-Guichard, dans le centre Manche. </em>
Stress thermique : « J’ai installé un douchage d’appoint pour soulager les vaches de la canicule », dans la Manche

Au Gaec BB dans la Manche, le troupeau respire mieux depuis la mise en place d’un dispositif de douchage fait « maison…

Publicité
Titre
OFFRE ÉTÉ – EXCLUSIVITÉ WEB
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
[OFFRE ÉTÉ – EXCLUSIVITÉ WEB] : Profitez maintenant de -15% sur votre abonnement annuel*. Code promo SUMMER2026
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière