[VIDEO] Comportement animal : Veronika, la vache qui bluffe les scientifiques
Une étude récente sur les capacités d'apprentissage des vaches remet en question les idées reçues sur les bovins. L’exemple épatant de la vache Veronika, capable d'ajuster et d'utiliser un multi-outil avec dextérité et flexibilité, témoigne de leur habileté et de leur intelligence.
Une étude récente sur les capacités d'apprentissage des vaches remet en question les idées reçues sur les bovins. L’exemple épatant de la vache Veronika, capable d'ajuster et d'utiliser un multi-outil avec dextérité et flexibilité, témoigne de leur habileté et de leur intelligence.
Pas si bêtes les vaches… Comme nous le montre une récente étude publiée dans Current Biology(1), en s'appuyant notamment sur l’expérience de Veronika, une vache autrichienne qui a appris à utiliser une brosse pour se gratter. « Ce qui fascine les chercheurs, c'est la manière dont elle s'en sert, dépeint François Verheggen, professeur de zoologie à l’université de Liège, en Belgique. Elle attrape la brosse avec sa bouche, la cale entre ses dents et la manipule avec une précision remarquable. Mais le plus bluffant, poursuit-il, c’est qu’elle utilise les deux extrémités différemment. Le côté brosse pour frotter les zones à peau épaisse telle que la croupe et le dos. Et le côté manche, plus doux, pour les zones sensibles comme le pis. »
Ce comportement s'appelle l'utilisation d'un "outil multi-usage". Jusqu'ici, on ne l'avait documenté de façon systématique que chez les chimpanzés. Autre point à relever : Veronika anticipe aussi ses mouvements. « Elle réajuste sa prise avant de commencer à se gratter, selon la zone qu'elle veut atteindre. C'est de la planification. Et c'est tout aussi génial ! », précise François Verheggen dans son blog Science bestiale.
Pourquoi ce type de comportement ne s'observe-t-il pas plus souvent ? « Probablement parce que les vaches d'élevage vivent dans des environnements pauvres en objets manipulables. Quand on leur en donne l'occasion, certaines capacités insoupçonnées peuvent émerger. » Comme quoi, même en côtoyant ses animaux tous les jours et en pensant bien les connaître, ils peuvent encore nous surprendre par leurs facultés. Peut-être que la véritable absurdité est les de sous-estimer !
Avis d'expert : Pauline Garcia, comportementaliste animalière
« Une mise en lumière de l’intelligence des bovins »
« Trop souvent, les bovins sont perçus comme des créatures instinctives et dépourvues de réflexion. Pourtant, cette étude démontre leur capacité à résoudre des problèmes et à s'adapter à leur environnement. En intégrant ces connaissances dans les pratiques d'élevage quotidiennes, nous pouvons améliorer leur bien-être et leur qualité de vie. Il est essentiel de reconnaître que les animaux d'élevage possèdent des besoins cognitifs et émotionnels. En leur offrant des outils adaptés à leur comportement naturel, nous favorisons non seulement leur confort, mais aussi leur épanouissement. »