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Comment se définit l’efficacité alimentaire ?

Tout le monde en parle, mais à quoi correspond exactement ce critère ? Qu’est-ce qui peut le faire varier ? Comment l’interpréter et quels repères se fixer ?

Le management des animaux a un impact sur leur aptitude à transformer la ration ingérée en lait.
© E. Bignon

L’efficacité alimentaire se définit par la quantité de lait standard produite par kilo de matière sèche ingérée. Elle évalue la capacité de la vache à transformer les aliments ingérés en lait, c’est-à-dire à valoriser la ration. Sémantiquement, il serait plus juste de parler d’efficience alimentaire puisque ce rapport tient compte à la fois des résultats obtenus (la production) et des moyens déployés pour les atteindre (choix des quantités et de la qualité la ration). La notion d’efficacité stricto sensu juge uniquement le résultat, indépendamment du coût.

Quoi qu’il en soit, pour calculer avec précision ce critère, il faut connaître l’ingestion réelle des animaux. Cela implique de peser la ration distribuée, de soustraire la quantité de refus à l’auge et de réaliser régulièrement des analyses de matière sèche des fourrages distribués.

L’efficacité alimentaire dépend de nombreux facteurs, ce qui ne facilite pas son interprétation. Certains sont liés à l’animal, d’autres à l’alimentation ou encore à l’environnement.

Parmi les facteurs de variation liés à l’animal, citons d’abord le niveau production. L’efficacité alimentaire croît quand la production augmente, et tout ce qui stimule la quantité de lait produite a donc un impact positif sur celle-ci.

De multiples facteurs de variation compliquent son analyse

Le stade et le rang de lactation interviennent aussi. Les vaches sont plus efficaces sur les 200 premiers jours de lactation. Toute détérioration des performances de reproduction avec un allongement de l’intervalle-vêlage-vêlage pénalise l’efficacité alimentaire. En début de lactation, le déficit énergétique et la perte de poids par mobilisation des réserves font augmenter le niveau d’efficacité alimentaire. Et inversement en fin de lactation, avec la reconstitution de réserves. Cet effet stade de lactation est pondéré par l’effet troupeau (stade moyen). Les primipares se révèlent moins efficaces (d’environ 0,1 à 0,2 point) car une partie de l’énergie est consacrée à leur croissance qui se prolonge lors de la première lactation. Avec un troupeau comprenant 50 % de primipares, il faut s’attendre à une efficacité moindre qu’avec un troupeau à 30 % de primipares. De même, l’efficacité est potentiellement meilleure pour les vaches à trois lactations et plus. D’un point de vue génétique, les races laitières (Prim’Holstein, Jersiaise) se montrent plus efficaces que les races mixtes. Et, au sein d’une même race, une très forte variabilité individuelle s’observe (lire p. 83).

Toute augmentation des besoins d’entretien réduit l’efficacité alimentaire. Ces besoins dépendent en partie du poids vif. Plus les animaux s’alourdissent, moins ils deviennent efficaces pour transformer la ration, puisque leurs besoins d’entretien augmentent. Un état de santé dégradé, un manque de confort, des températures supérieures à 25 °C ou toute autre source de stress contribuent aussi à une dégradation de l’efficacité alimentaire.

Optimiser la valorisation des fourrages impacte fortement l’efficacité

La conduite alimentaire est le principal facteur qui influe sur l’efficacité. Le respect des fondamentaux de la nutrition — principalement la prévention de la subacidose et le choix des formes d’azote adaptées — est le meilleur levier pour l’améliorer. Veiller à une bonne digestibilité de la ration apparaît essentiel, en particulier la digestibilité des fourrages. Celle-ci varie énormément en fonction du stade de récolte et de la qualité de conservation. Le respect des apports en énergie, protéines et fibres doit être vérifié régulièrement pour éviter toute détérioration des processus digestifs. La quantité de NDF, qui représente la fraction fibre végétale dans la ration (cellulose, hémicellulose, lignine) est un autre paramètre à surveiller. Au-delà de 35 % de NDF dans la ration, l’efficacité diminue.

Certains additifs nutritionnels peuvent accroître l’efficacité alimentaire, comme les levures vivantes. L’ajout de matière grasse protégée telles que l’huile de palme hydrogénée ou les graines de lin extrudées concentrent les rations en UFL et augmentent en conséquence la production et l’efficacité alimentaire.

Pas de calcul d’efficacité sans pesée

Approcher le plus finement possible les quantités ingérées par les vaches, tel est le point de départ du calcul de l’efficacité alimentaire. Les mélangeuses peseuses sont sans doute la solution la plus simple, mais des dispositifs de pesée peuvent également être montés sur les désileuses.

Divers outils de pesée sont utilisables pour peser précisément chaque constituant de la ration indépendamment : balance de cuisine (≤ 5 kg), peson (5 à 100 kg), barres de pesées (de 100 à 1 000 kg), pèse-essieux ou pont-bascule (≥ 1 t). La pelle et le seau ne sont pas des outils de pesée ! Attention en cas de changement d’aliment, la densité a pu changer. Il faut compter 1 500 € pour une barre de pesée et 3 500 € pour un pèse-essieux. Pourquoi ne pas investir en Cuma ? À défaut, il est possible de se contenter de peser les quantités distribuées sur une longueur de cinq cornadis. Ou d’emprunter la mélangeuse d’un voisin le temps d’une pesée, en s’assurant que la machine a été recalibrée récemment, avec un big bag d’une tonne par exemple.

Connaître le taux de matière sèche des fourrages utilisés est aussi essentiel. D’autant qu’il varie en cours d’année, voire d’une journée sur l’autre. En cas de forte pluie, la chambre d’agriculture de Haute-Marne a constaté un écart de matière sèche de 2 points en moyenne entre les 5 premiers centimètres du front d’attaque et 30 cm plus loin dans le silo. Ces écarts pouvant parfois atteindre jusqu’à 10 points !

(photo Crédit CCPA dans RLE 262 p42)

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