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Comment interpréter les nouveaux résultats d’analyses de fourrages

Certains laboratoires proposent désormais un double affichage des résultats d’analyse. Décryptage avec Olivier Véron, référent nutrition à Littoral Normand et chef de projet du rationneur Rumin’Al.

© F. Mechekour

Le double affichage des résultats d’analyse est lié aux nouvelles normes Inra 2018. Il devrait persister au moins un an, le temps de se familiariser avec les nouvelles valeurs et de généraliser le nouveau système de calcul de ration dans les élevages. Cela devrait aller assez vite : « la majorité des entreprises de conseil en élevage déploient cet automne-hiver un nouveau rationneur Rumin’Al qui reprend les nouvelles équations Inra 2018, affirme Olivier Véron, chef de projet. Nous bénéficions pendant un an de l’exclusivité d’accès au moteur de l’Inra (Inration). Sur 2020, Rumin’Al sera donc le seul outil déployé sur le terrain utilisant l’exhaustivité des équations Inra 2018. Ces nouvelles équations permettent d’être très précis sur les besoins des animaux, la prédiction de leurs performances, et la valeur des aliments ».

Des valeurs calculées avec les équations Inra 2018

Le double affichage ne concerne que les critères calculés (UF, PDIA…). Ces critères sont calculés en appliquant les équations Inra aux critères chimiques habituels qui sont mesurés par les laboratoires (MS, amidon, MAT, CB, NDF, ADF, dMO, dMOna, UEL) et qui eux ne changent pas. Vous disposez d’une valeur UFL correspondant aux équations Inra 2007 et d’une valeur correspondant aux équations Inra 2018. Le nouveau rationneur Rumin’Al ne peut fonctionner qu’avec les nouvelles valeurs Inra 2018.

Plus d’UF dans les fourrages avec Inra 2018

En moyenne, avec le nouveau système Inra 2018, les valeurs UF des fourrages augmentent de 0,03 à 0,05 point (données Littoral Normand récolte 2019). Cela ne veut pas dire qu’ils sont plus riches en énergie, ce sont les mêmes fourrages. Mais les repères pour interpréter les analyses sont modifiés. « Hier, on considérait qu’un ensilage de maïs avait une valeur énergétique élevée à partir de 0,94 UFL. Avec le nouveau système, il est considéré comme riche à partir de 0,98 UFL », explique Olivier Véron. En revanche, pour les concentrés, qu’il s’agisse de céréales, pulpes déshydratées ou tourteaux, il n’y a quasiment pas d’impact du nouveau système sur les valeurs UF.

Moins de PDIA dans les concentrés protéiques

Les valeurs PDIA (protéines d’origine alimentaire digestibles dans l’intestin) diminuent. Pour les fourrages, la diminution est faible. Pour les concentrés riches en protéines, la diminution des PDIA est significative : l’écart est de -34 pour un soja tanné, de -26 pour un soja 48. « La diminution est d’autant plus importante que le concentré est riche en PDIA. » Pour le maïs grain, les céréales, les valeurs sont quasi identiques.

Deux nouvelles unités : les PDI et la BPR

Dans le système Inra 2018, les valeurs PDIN et PDIE disparaissent. Les PDI remplacent les PDIE. Pour les fourrages, les valeurs PDI sont très proches des valeurs PDIE du système 2007. Pour les concentrés, elles diminuent dans les mêmes proportions que les PDIA.

Un nouveau critère fait son apparition : la BPR (balance protéique ruminale). Elle permet de quantifier l’azote soluble apporté par les aliments aux microbes de la panse. « Pour l’ensilage de maïs, la BPR est négative (-38 à -45) car c’est un aliment déficitaire en azote soluble. Pour l’ensilage d’herbe, le foin, l’enrubannage, la valeur BPR est très fluctuante : un mauvais ensilage d’herbe peut avoir une valeur légèrement négative, tandis qu’un excellent ensilage à plus de 20 % MAT peut atteindre 74 de BPR », précise Olivier Véron. Quant au tourteau de soja 48, il a une BPR de 244 tandis qu’un soja tanné est à 80 de BPR dans les tables Inra 2018.

À savoir

La BPR est un indice de nutrition azotée du rumen. Si la ration a une BPR négative : elle n’apporte pas assez d’azote soluble aux microbes, la digestion se fait mal. Si la ration a une BPR positive : les microbes ont trop d’azote soluble, les pertes urinaires sont importantes

Un nouveau rationneur Rumin’Al très complet

° Rumin’Al permet de calculer les rations de toutes les catégories de bovins à partir du sevrage. Le contexte (description du troupeau, son potentiel…) peut être alimenté automatiquement à partir des données du contrôle de performances. Quatre tables de valeurs des aliments sont utilisables pour le calcul : Inra, Ecel, utilisateur ou élevage.

° Quatre analyses sont proposées pour affiner la ration :

- Une analyse technique organisée en 8 onglets : équilibre, santé, énergie, azote, fibres, minéraux, matière grasse et acides aminés. À signaler une note du risque d’acidose (0 à 2) et une visualisation avec un code couleur des critères servant au calcul.
- Une analyse économique avec un calcul du coût de ration, de l’autonomie alimentaire (en €, en MS ingérée, en MAT), et de la marge sur coût alimentaire. Il est possible de faire varier le prix du lait et la quantité de lait produite.
- Un module de gestion et prévision des stocks : il permet de prévoir les besoins en aliments et les surfaces à implanter, avec une vision économique.
- Une analyse environnementale avec un calcul des pertes de méthane et d’azote.

° L’outil permet de comparer plusieurs rations de base sur des critères techniques et économiques, ainsi qu’un calcul du minéral optimum.

° La complémentation est calculée automatiquement en fonction du lait objectif et du stade de lactation, pour les multipares et les primipares. Le logiciel permet d’aller jusqu’au PCI (Plan de complémentation individuelle). Il permet l’édition du plan de chargement de la mélangeuse. Et il comprend aussi un module pâturage qui permet de calculer les ingestions d’herbe en fonction de la hauteur entrée/sortie et du temps d’accès.

° Les valeurs objectifs des critères, le choix des indicateurs d’alertes… sont paramétrables. L’outil est très réactif et utilisable en mode connecté ou déconnecté. En fonction des organismes (c’est le cas de Littoral Normand via Mil’Klic), les éleveurs pourront avoir accès en ligne à Rumin’Al.

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