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Allo véto : l’ehrlichiose, maladie transmise par les tiques aux fortes répercussions pour les vaches laitières

Forte fièvre et chute de production de lait sont souvent des symptômes de l’ehrlichiose, mais ils ne permettent pas de la caractériser. Le diagnostic de certitude de cette maladie vectorielle se fait par prise de sang.

<em class="placeholder">paturons gonflés </em>
La présence d’un œdème au niveau des paturons des postérieurs est rare mais très caractéristique.
© C. Fouquet

Cette ferme accumule les cas : deux vaches mortes ces derniers mois avec des autopsies peu caractéristiques (abcès, arthrite, germes opportunistes) et plusieurs coups de fièvre l’automne dernier. Les vaches avaient reçu, sans succès, anti-inflammatoires et/ou antibiotiques. Et ce printemps, cela recommence. Un peu après la mise à l’herbe, en une semaine, sept vaches se mettent brutalement à moins manger, chutent de la moitié de leur production de lait et présentent une forte fièvre, parfois plus de 40 °C.

Les vaches atteintes n’ont pas de symptômes spécifiques : pas de toux, de jetage nasal, de diarrhée, de mammite, de dos voussé ni de lésions dans la bouche. Seulement la forte fièvre, la perte d’appétit et de lait. Les veaux vont bien. La reproduction se passe plutôt bien. La ration paraît adéquate. Les taux et la production sont bons. Les résultats BVD sur les boucles ne montrent pas de circulation du virus. Les analyses parasitaires du début d’hiver étaient bonnes. Des recherches ehrlichiose avaient été faites il y a deux ans lors d’un épisode moins violent et étaient négatives.

Plusieurs prélèvements sont réalisés : bilan oligoéléments, sérologie besnoitiose sur les malades de l’automne, PCR ehrlichiose sur les fiévreuses de la semaine et recherche RSV (virus respiratoire) sur un prélèvement respiratoire. Le résultat est sans appel : 100 % positives à l’ehrlichiose, tout le reste est dans les normes.

À retenir

L’ehrlichiose

• Transmise par les tiques

• Cause forte fièvre, baisse de production et d’appétit, chute des défenses immunitaires, éventuellement œdème des paturons

• Peut se limiter avec un antibiotique, mais il faut miser sur la prévention et la gestion des tiques

• Peut toucher l’Homme

Petite bête, grosses conséquences

L’ehrlichiose est une maladie due à une bactérie, Anaplasma phagocytophylum, qui vit et se multiplie dans les globules blancs. Elle est transmise par une tique, Ixodes ricinus, présente partout en France sauf dans le bassin méditerranéen et de façon limitée au-dessus de 1 000-1 200 m d’altitude. La bactérie peut être transmise aux bovins, aux petits ruminants sauvages ou domestiques, aux chiens, chevaux, renards et à l’Homme.

Les symptômes ne sont pas toujours évidents : ils sont parfois absents, mais on note souvent une forte fièvre (supérieure à 40 °C) et une chute de production laitière parfois durable. La présence d’un œdème au niveau des paturons des postérieurs est rare mais très caractéristique. Il peut également y avoir des pneumonies, des avortements, une baisse des défenses immunitaires et une plus grande sensibilité à d’autres maladies (fièvre Q, mammites…).

La maladie réapparaît souvent au printemps, lors de la mise à l’herbe, et plus souvent sur des jeunes ou des animaux achetés. La faune sauvage joue possiblement un rôle, notamment dans la dissémination des tiques. Le diagnostic de certitude se fait grâce à une prise de sang avec recherche de la bactérie ou d’anticorps selon la durée de la maladie. L’antibiotique oxytétracycline permet normalement d’améliorer l’état des malades, mais les résultats ne sont pas toujours à la hauteur. Les anti-inflammatoires permettent de faire tomber un peu la fièvre mais ne limitent pas l’infection en elle-même.

Les moyens de prévention sont un peu compliqués à mettre en place mais essentiels :

• Gestion du pâturage pour limiter le contact entre les bovins et les tiques : débroussaillage, taille des haies (lieu de vie des tiques), recul des clôtures à un mètre des haies.

Antiparasitaires externes : il existe de nombreux antimouches, mais la deltaméthrine s’utilise à plus forte dose pour les tiques que pour les mouches, et cela entraine systématiquement un délai d’attente sur le lait. Le délai d’action reste également limité à 4-6 semaines. Il est dès lors difficile de traiter tous les animaux systématiquement pendant la saison de pâture. Les antiparasitaires naturels ont des rémanences plus limitées dans le temps.

• Laisser les jeunes génisses se contaminer : les jeunes ont souvent moins de signes cliniques que les adultes, mais des rechutes à l’âge adulte restent possibles.

• Aucun vaccin n’existe pour le moment.

 

La gestion des tiques, un véritable challenge

Les tiques peuvent transmettre plusieurs maladies : l’erhlichiose, la piroplasmose plus classique et bien connue, mais aussi la maladie de Lyme, l’anaplasmose… L’utilisation déraisonnée d’antiparasitaire amènera in fine des résistances, c’est donc bien sur la gestion du pâturage qu’il faut se concentrer et sur l’immunité. À noter que si les bovins sont porteurs régulièrement de tiques, l’éleveur doit faire attention à sa propre santé. Une auréole rouge qui apparaît sur une morsure de tique, parfois sur plusieurs centimètres de diamètre, un épisode de fièvre ou de migraine après une morsure, n’est pas à prendre à la légère et nécessite une visite chez son médecin traitant.

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