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[Alimentation] Des clés pour choisir un distributeur d’aliments pour bovins

La distribution manuelle du concentré à la brouette peut s’avérer chronophage, très pénible voire inconcevable. Des sociétés proposent des distributeurs aux caractéristiques et prix différents.

© Alicatt

Les mélangeuses, DAC, robots d'alimentation... occupent une place prépondérante dans le domaine de l'alimentation des troupeaux laitiers. Mais les distributeurs d'aliments ont aussi leurs adeptes. « Ces équipements trouvent leur place chez les éleveurs qui utilisaient une brouette ou qui veulent limiter le temps de présence des animaux dans les bâtiments. C'est également le cas dans des Gaec avec plusieurs sites dont l’un est dédié à l’élevage des génisses », constate Joël Rousselot, de la société Alicatt. 

Comment choisir un distributeur d’aliment ? Bâtir son raisonnement en se fixant un prix plafond est une porte d’entrée raisonnable. Mais elle peut s’avérer risquée si à l’usage l’équipement acheté ne répond pas à vos attentes en termes de gain de temps de travail et d’utilisation. Le distributeur est-il destiné aux vaches en lactation, aux taries, aux génisses, à des animaux logés en bâtiment ou à l’extérieur ? Tenir compte de la taille du troupeau et de l’utilisation envisagée va restreindre votre champ d’investigation.

Ces trois exemples illustrent de façon non exhaustive le panel des solutions proposées sur le marché à des tarifs compris entre 6 200 € HT et 15 000 € HT pour la solution incluant un quad ou SSV. Il existe des modèles plus perfectionnés et coûteux. Mais ils sont plutôt destinés aux élevages caprins et ovins. 

Alicatt : Une gamme conçue par un éleveur

 

 
© Alicatt

 

« Je me suis servi de mon expérience d’éleveur de bovins allaitants pour concevoir mes distributeurs d’aliments », explique Joël Rousselot, le gérant de la SARL Alicatt. Ce dernier a mis au point trois modèles. Leur prix varie de 6 200 € HT à 9 200 €  HT en fonction de la capacité de la trémie et du nombre de compartiments. Le distributeur E 301 est équipé d’une trémie de 300 litres. La capacité de la trémie est doublée avec respectivement un et deux compartiments pour les modèles E 601 et E 602. Leur charge maximale atteint alors 450 kg.

Le choix entre ces trois modèles sera dicté par le nombre et la quantité d’aliments à distribuer. « Il ne faut pas avoir à recharger le distributeur en aliments trop souvent par repas. » Un logiciel permet de programmer les quantités d’aliment par lot d’animaux (jusqu’à 99 lots) ou à la vache. « Il y a un mode de distribution manuelle pour les éleveurs allergiques à la programmation. »

La machine doit être étalonnée lors de sa réception dans l’élevage. « Je n’ai pas voulu installer un système de distribution proportionnelle et automatique à l’avancement (DPAA) parce que cela rajoute en complexité et augmente le prix. »

L’Alicatt dispose de 99 vitesses de réglages de vis. Cette option, ainsi que la programmation jusqu'à 99 lots, sont surtout destinées aux élevages caprins. L'avancement au cours de la distribution est constant et bridé à 3 km/h. Plus que le pourcentage, c’est la longueur de la pente qui peut poser problème. « Nous avons intégré un système qui booste le moteur pendant huit secondes. Il s’arrête automatiquement pour éviter d’endommager le moteur et le câblage. »

Par ailleurs, un système de sécurité arrête la machine dès que l’utilisateur lâche la poignée. Et pour éviter que l’utilisateur se trouve coincé entre la machine et un mur, lors d’une marche arrière, la machine s’arrête dès qu’un bouton placé sur le guidon touche l’utilisateur. Puis elle repart en marche avant. Joël Rousselot conseille de la stocker à l’abri de l’humidité. Mais aussi de recharger régulièrement les batteries (2 à 3 fois par semaine).

Moteur électrique : 24 V (2 batteries de 12 V et 60 Ah)

Autonomie : de 6 à 8 h – chargeur de batterie avec arrêt automatique

Deux roues motrices 

Prix : de 6 200 à 9 200 € HT - Garantie un an

RPM : Une trémie tractée par un quad ou SSV

 

 
© RPM

 

Encore peu utilisée en élevage laitier, la trémie présente la particularité de pouvoir être tractée par un quad ou un SSV. Et ceci quelle que soit sa marque. La société commercialise cependant ses propres quads. Ce concept présente l’avantage de jouer la carte de la polyvalence. Le quad ou le SSV peuvent être utilisés pour d’autres tâches. « La trémie étant fixée par une boule, on peut la dételer rapidement », souligne Julien Lemasson de la SARL RPM. Ce mode de traction permet de garder les avantages des véhicules légers et basse pression. « La trémie étant également basse pression, il est possible d’aller dans des parcelles humides. »

La trémie (1 200 litres) peut être divisée en deux compartiments. Elle distribue de nombreux types d’aliments (farine, granulés, petits bouchons…). Ces derniers ne doivent cependant pas être trop compactés par des mauvaises conditions de stockage (humidité) ou en raison de leur mode de fabrication. Les aliments compacts risquent en effet d’empêcher le passage du produit dans la vis de distribution.

Relié à une pompe à huile, un moteur auxiliaire autonome fixé sous la trémie permet d’adapter la vitesse d’avancement pour réguler les quantités distribuées, mais sert aussi à faire tourner la vis en sens inverse en cas de bourrage. Pourquoi avoir choisi ce système plutôt que celui de la distribution proportionnelle automatique à l’avancement (DPAA) ? « La plupart du temps, les clients utilisent cette trémie pour alimenter des mangeoires en prairie. Lors de la distribution, l’ensemble reste statique. Dans ces conditions, le DPAA ne présente pas d’intérêt. L’éventualité du montage de cette option peut se présenter, mais son prix est assez élevé », précise Julien Lemasson.

Par ailleurs, il est possible d’installer une lame repousse fourrage à l’avant du quad ou du SSV. « Nous avons adapté une lame Polaris pour augmenter son déport. Elle doit être plus large (1,52 m) que le quad (1,20 m) pour ne pas rouler sur le fourrage. » Un bandeau en polyéthylène a été fixé sur le bas de la lame pour éviter que le bruit effraie les animaux. Son coût varie de 1 200 à 2 000 € HT selon la dimension et finition. Côté entretien, le moteur de la trémie doit être vidangé toutes les 100 heures ou tous les ans.

Quad : 7 500 € HT

Trémie : 7 440 € HT pour un distribution dans une mangeoire et 6 370 € HT pour une distribution au sol

Garantie moteur d’un an pour la trémie distributrice et deux ans pour un quad

Tractodiff : Un transporteur électrique avec cuve de 500 litres

 

 
© Tractodiff

 

Le modèle proposé par Tractodiff permet de distribuer un seul aliment à la fois. « La machine peut distribuer de la farine, des granulés, des bouchons de luzerne… L’aliment ne doit pas être trop fibreux, sinon cela peut bourrer la machine. Mais nous avons la possibilité de faire du sur-mesure si nécessaire », explique Luc Gervasoni, de Tractodiff.

L’équipement fonctionne avec un moteur électrique. La trémie en inox est fixée sur un châssis italien. Son volume est de 500 litres et sa capacité de charge de 600 kg sur terrain plat. Elle peut distribuer en marche avant et arrière mais aussi à droite ou à gauche. Aussi, quand on est au bout du couloir, il n’est pas nécessaire de faire demi-tour. Elle peut distribuer jusqu’à 1,40 m de hauteur. Le système ne pèse pas. « La vitesse de la vis est gérée par un potentiomètre et la pesée par un compte-tour de vis. »

L’autonomie des batteries est de 8 à 10 h. Il faut 6 à 7 h pour les recharger. Et dans tous les cas, pour préserver les batteries, il faut les recharger au moins une fois par mois. « Quand les batteries sont complètement rechargées, le chargeur se coupe automatiquement », précise Luc Gervasoni.

La société met en avant la polyvalence de l’équipement. La trémie étant fixée sur seulement trois points, elle peut se démonter rapidement pour utiliser le châssis pour mettre des piquets, un plateau, une citerne… 

Prix : 10 000 € HT hors frais de port

Garantie : 12 mois

Moteur électrique : 1000 watts

Deux batteries de 12 volts en 80 ampères

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