Aller au contenu principal

Marchés
« La réduction progressive de l’écart de taxation entre gazole et essence est justifiée »

Actuellement, le gazole bénéficie d’un écart de taxation (TICPE) de 18 ct/l par rapport à l’essence, à 43 contre 61 ct/l. Réuni le 28 mars, le Comité pour la fiscalité écologique, présidé par Christian de Perthuis, a jugé justifiée la réduction progressive de l’écart de taxation entre le gazole et l’essence « sous un angle environnemental ». De plus, le Comité a confirmé que l’écart français entre la fiscalité du gazole et l’essence était supérieure à la moyenne européenne, ce qui a généré « un déséquilibre de l’industrie nationale du raffinage ». Néanmoins, le président du Comité a décidé de reporter l’avis sur le diesel au 18 avril. Il demande également au gouvernement d’étudier d’ici la mi-juin les possibilités de mettre en place une taxe carbone.

Un rattrapage par le haut
Le 27 mars, Bip/Enerpresse organisait un débat sur la fiscalité des carburants, à savoir “ comment concilier écologie et justice sociale ? ”, sur l’incitation de la Fondation Nicolas Hulot (FNH). Le rattrapage de l’écart de taxation entre le diesel et l’essence peut soit passer par une augmentation de la fiscalité du gazole, soit par une baisse de celle de l’essence, ou par un mixe des deux.
La FNH et Réseau Action Climat France (RACF) sont partisans d’un rééquilibrage par le haut de la TICPE du gazole. La fondation propose un relèvement progressif de 0,04 €/l/an, ce qui permettrait de rattraper le décalage en quatre ans, chaque centime supplémentaire représentant un gain de 300 M€. Néanmoins, il faut qu’il soit accompagné d’aides compensatoires. Parmi les idées de la FNH, un chèque mobilité de 80 €/an en moyenne avec une redistribution forfaitaire, qui ne serait pas qu’un chèque carburant. Une autre piste consisterait à aider les constructeurs automobiles dans leurs travaux sur des véhicules à plus faible consommation. PSA et Renault ne sont pas prisonniers du tout diesel, comme ils l’ont montré à Genève avec la présentation de moteurs hybrides.

Rééquilibrer la raffinerie
Se pose également la question du déséquilibre de l’industrie française de raffinage. L’État ayant fait le choix du tout diesel, 60 % du parc automobile français fonctionne au gazole. Ce chiffre monterait même jusqu’à 96 % pour les véhicules de société. Or, « l’outil de raffinage étant limité, la France produit environ 50 % de sa consommation en gazole et importe le reste », explique Bruno Ageorges, secrétaire général de l’exploration-production à l’UFIP. Aujourd’hui, l’écart de fiscalité constaté entre l’essence et le gazole est dans une très large mesure dû à l’écart de consommation entre les deux carburants. Sur février, 81 % des carburants consommés correspondaient à du gazole.
Si la France exporte plus de 35 % des essences produites sur le territoire national, la facture énergétique hexagonale 2012 s’élevait à 70 Md€, dont 55 Md€ pour la seule facture pétrolière. L’industrie pétrolière est de fait pour un rééquilibrage de la fiscalité du gazole.

Les plus lus

<em class="placeholder">granulé d&#039;engrais blancs</em>
Marché des engrais : incertitudes, tensions et ajustements face au MACF

La mise en place du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) par l’Union européenne a fortement impacté le marché…

Alain Charvillat, directeur Céréales export de Sénalia.
« Cette première partie de campagne céréalière est une bonne surprise en termes de flux à l’exportation », indique Alain Charvillat

Le directeur Céréales export de Sénalia, le plus important terminal portuaire de Rouen, est plus que satisfait du trafic de…

Photo d'Amadou Sarr, analyste chez Stratégie Grains, filiale d'Expana.
« Les exportations françaises de blé sont finalement moins exposées à la menace argentine que les origines mer Noire », déclare Amadou Sarr, analyste chez Stratégie Grains

La récolte record de l’Argentine en blé ne devrait pas pénaliser outre mesure les exportations françaises de blé tendre sur la…

Portrait de Pierre-Jean Huré, directeur commercial du groupe Sica Atlantique
« Nous espérons une meilleure dynamique à l’exportation en blé tendre sur la seconde partie de campagne », indique Pierre-Jean Huré

Le directeur commercial du groupe Sica Atlantique fait le bilan du premier semestre de la campagne de commercialisation 2025-…

De gauche à droite : Franck Bluteau, nouveau président de la Cavac, Jérôme Calleau, ancien président de la Cavac, et Olivier Joreau, directeur général
La coopérative Cavac garde un résultat net positif en 2024-2025

La campagne 2024-2025 a été difficile pour la Cavac, avec une forte baisse des volumes. Le résultat net de la branche…

Diego de la Puente, analyste du marché des grains chez Novitás.
Une récolte de blé record en Argentine pénalisée par la qualité

L’abondante récolte de blé argentin lui confère une grande compétitivité en ce début d’année. Les ventes vers l’Asie sont très…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne