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Nutrition animale
François Cholat : « Les tensions actuelles portent sur la cellulose »

François Cholat, président du Syndicat national de la nutrition animale (Snia), fait un point sur le marché de l’alimentation pour animaux d’élevage, à l’occasion de la tenue de son assemblée générale qui se déroulera le 17 mai à Rodez (Aveyron).

© Yanne Boloh

La Dépêche-Le Petit Meunier : L’année 2019 démarre-t-elle plutôt bien pour la nutrition animale française ?

François Cholat : Absolument. Début 2019 est favorable (cf. page 8), après une année 2018 déjà en légère progression grâce au canard après l’influenza aviaire. Les aliments Porcs avaient perdu 2 %, quand les fabrications en Espagne gagnaient 6 %. Du côté des volailles, la restauration hors foyer a encore fait augmenter les importations de 1 %. Enfin, le cheptel bovin français était en retrait de 7 % en 2018. Cette année, c’est le porc qui est porteur grâce aux échanges internationaux. La Chine – principal producteur – souffre de la fièvre porcine africaine. La France est clairement bénéficiaire tant que nous ne sommes pas touchés. Les mesures mises en place conjointement par la Belgique et la France sont efficaces mais nous restons toutefois très mobilisés et très vigilants sur les questions de biosécurité. Nous suivons tout cela au sein du groupe de travail Inaporc.

La Dépêche-Le Petit Meunier : Du côté des matières premières, comment percevez-vous les marchés ?

François Cholat : Les tensions portent sur la cellulose. Les éleveurs de ruminants touchés par la sécheresse automnale manquent de fourrages alors que les stocks de luzerne et de pulpe sont à sec. Les producteurs de luzerne se veulent rassurants mais nous surveillons la météo. Les céréales nous ont surpris avec une baisse des cours liée aux volumes importants vendus par la Russie et l’Ukraine sur nos marchés traditionnels d’exportation. Cela rappelle que la nutrition animale est le premier marché des céréales françaises et qu’il faut, sur le long terme, travailler sur nos besoins, surtout la protéine. Pour le blé, l’évolution est nette, mais pas en maïs car les producteurs récoltent ce qu’ils ont semé en privilégiant le rendement.

La Dépêche-Le Petit Meunier : Avez-vous de quoi servir les marchés en non OGM et en bio ?

François Cholat : Je n’ai pas trop d’inquiétude pour le non OGM, quoique la récolte française de colza soit en retrait de 35 % en raison de la sécheresse. Il faudra importer et rester vigilant sur les origines non OGM. En soja non transgénique, l’Afrique monte en puissance et nos contrôles portuaires montrent qu’elle assure déjà en qualité. Mais en bio, même si nous prévoyons un palier pour 2019 qui imposera sûrement des restructurations, il faudra sécuriser les approvisionnements. Du côté du plan Protéines, son contenu nous satisfait pour autant qu’il soit réellement mis en place. Les choses avancent mais il manque des financements. Nous travaillons avec Terres Univia, par exemple, pour faire entendre nos besoins : le soja français est plutôt orienté “tourteaux gras”, ce qui convient pour les monogastriques mais pas pour les ruminants. Il faudra donc ainsi trouver des solutions techniques soit pour protéger cette matière grasse dans le rumen, soit pour réduire son taux dans les tourteaux.

 

 

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