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Afab : “Nous avons su limiter l’impact des marchés sur les prix des aliments”

Interview exclusive d’Hervé Vasseur, président de l’association bretonne

Tout d’abord, pouvez-vous présenter à nos lecteurs ce que représente l’Afab, ses missions, ses ambitions ?

Hervé Vasseur : l’Afab, basée à Rennes, a été créée en 1991 et regroupe tous les fabricants bretons d’aliment du bétail privés et coopératives (sauf un). L’Afab pèse environ 8 Mt d’aliments produits en 2007/2008 soit 85% du total breton. La Bretagne représente près de 45% des tonnage français. La volonté partagée par les adhérents est d’être unis pour aborder ensemble des sujets qui touchent directement notre profession en Bretagne, et il n’en manque pas ! Nous pensons être complémentaires des actions nationales et européennes. La Bretagne se caractérise par un grand engagement des industriels familiaux ou coopératives pour l’avenir de nos filières de productions animales. Au sein de l’Afab, chaque directeur présent mène un projet au service du collectif et dans l’intérêt partagé des éleveurs bretons. Nous n’oublions pas qu’une filière dynamique et pérenne commence dans les élevages et va jusqu’à la valorisation finale du produit. Nous sommes un maillon essentiel de cette économie agricole bretonne. L’Association représente notre métier auprès des administrations et autres professions.

Le Carrefour des Matières Premières que vous organisez, est désormais un rendez-vous incontournable du Space. Dans quelle ambiance va se dérouler l’édition 2008 ?

H. V. : le carrefour Afab, organisé le vendredi 12 septembre au matin au Space, est effectivement devenu un rendez-vous incontournable des partenaires de la nutrition animale bretonne et française. La Bretagne est un gros acheteur de matières premières pour la nutrition animale. Environ les deux tiers des composants sont « importés », ce marché de plus de 6 millions de tonnes est donc bien suivi ! L’ambiance y est toujours cordiale entres partenaires professionnels, importateurs, courtiers, transporteurs, laboratoires, firmes services, organismes professionnels, fabricants, etc… chacun contribue à la réussite de l’ensemble. Cette densité conforte notre position dominante pour la maîtrise des coûts et la qualité.

L’Afab a décidé d’utiliser sa plateforme collaborative pour collecter auprès des fabricants d’aliments adhérents les données statistiques mensuelles relatives aux incorporations de matières premières dans les aliments composés en Bretagne. Pouvez-vous nous en dire plus ?

H. V : l’Afab recueille et analyse les statistiques de production d’aliments depuis son origine. En 2008/2009, nous développons sur notre nouveau site internet (afabouest.com) les statistiques mensuelles de consommations de matières premières avec leurs moyens d’acheminement (route, fer, bateaux). C’est une première au service de nos métiers. En effet ces informations sont utiles à nos partenaires et à nous-mêmes fabricants, pour mieux appréhender les besoins, les évolutions globales, les parts de marché de chacun… C’est une attente à laquelle chaque mois les abonnés-adhérents à ce service Afab pourront satisfaire.

Comment analysez-vous la situation actuelle de la filière en Bretagne, à l’aube d’une campagne commerciale 2008/2009 qui devrait rester très technique et stratégique ?

H. V. : globalement la progression des tonnages sur cette campagne est bénéfique pour nos métiers de volumes, le tonnage bovin a bondi de 25% montrant la capacité des producteurs laitiers bretons de répondre à l’attente des laiteries, à cours de lait cet hiver. La qualité des produits et des conseils de nos équipes spécialisées ont beaucoup aidé. La volaille, poulet en particulier, a bien rebondi après la crise de la grippe aviaire. Les ventes d’aliments porc progressent aussi malgré la dure crise qui touche encore les éleveurs. Le côté “volume” est donc positif pour nos outils indistriels. L’autre face est le marché des matières premières, le trend haussier et la volatilité des prix ont fortement perturbé cette campagne, et ce n’est pas fini… Le métier a su limiter l’impact des marchés sur les prix de ventes des aliments. Il faut le dire et le redire ! Cette prouesse est le fait du travail des équipes d’acheteurs et formulateurs de nos adhérents ! L’avenir n’est pas simple. Il nous faut renforcer nos capacités d’achats, au moindre coût, et favoriser l’accès aux ressources de matières premières. La Bretagne doit être compétitive, la concurrence européenne et mondiale s’accroît, le coût de revient est toujours un impératif et l’aliment pèse lourd dans les prix de revient des œufs et des viandes. Dans cette logique, une nouvelle association Feed Sim-Avenir est née en août 2007 pour renforcer notre capacité à maîtriser nos coûts d’approvisionnement en matières premières. Animée par Laurent Morin, basée à Rennes, elle regroupe des partenaires de la nutrition animale Bretonne (importateurs, transporteurs, ports, firmes-services, interprofessions, l’Afab,…) avec le soutien fort du Conseil régional de Bretagne. Notre objectif est, grâce à des échanges réguliers sur des sujets concrets, de bâtir ensemble des solutions aux difficultés qui pourraient freiner notre compétitivité économique.

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