La région Centre-Val de Loire met le cap sur l’ovin
Un nouveau contrat d’appui au projet a été signé entre la filière ovine et la région Centre-Val de Loire. Pour les quatre prochaines années, il financera des actions fixées en concertation avec les professionnels pour soutenir l’élevage ovin.
Un nouveau contrat d’appui au projet a été signé entre la filière ovine et la région Centre-Val de Loire. Pour les quatre prochaines années, il financera des actions fixées en concertation avec les professionnels pour soutenir l’élevage ovin.
Attractivité du métier, sécurisation de l’approvisionnement en viande ovine, viabilité des exploitations, accès au conseil technique et vétérinaire, accompagnement vers des pratiques durables. Le nouveau contrat d’appui au projet (CAP) de la filière ovine en région Centre-Val de Loire ne manque pas d’ambition.
Signé le 4 septembre, il fixe les orientations pour les quatre prochaines années. « Nous sommes satisfaits de ce CAP. Merci à la région de nous avoir écoutés », a salué Louis-Xavier de Laage, président de l’association régionale des éleveurs d’ovins du Centre et éleveur ovin, lors de sa signature le 4 septembre.
Des aides ciblées pour soutenir la production ovine en région Centre
Nouveauté phare du dispositif : des aides à l’achat de reproducteurs inscrits, béliers comme agnelles, pour soutenir la production de viande ovine régionale. S’y ajoutent des soutiens à l’investissement, à l’accompagnement technique, à l’organisation de journées régionales, à la rédaction de newsletters ou au développement d’une filière laine. La filière engage ainsi 5 millions d’euros, le conseil régional 1,2 millions d’euros et l’Union européenne 500 000 euros, sur quatre ans. Un modèle éprouvé depuis vingt ans dans la région, porté par l'association régionale des éleveurs d'ovins du Centre, la chambre régionale d'agriculture et le conseil régional. « Chaque action est portée par une structure, qui demande un financement au conseil régional », explique Louis-Xavier de Laage.
Le Centre-val de Loire, région ovine à deux visages
Le CAP vise un double objectif : conforter les élevages en place et encourager l'installation de nouvelles troupes en zone céréalière. Eloi Canon, éleveur ovin dans l’Indre-et-Loire et co-président du comité de filière explique : « On retrouve au sud de la région des élevages bovins et ovins, avec une filière bien structurée et des groupements de producteurs. Mais ces élevages ont du mal à renouveler les générations et sont donc demandeurs d’un accompagnement à la transmission. Au contraire, le Nord de la région est spécialisé dans les grandes cultures. On y constate un regain d’intérêt pour l’élevage ovin, avec des céréaliers qui installent des troupes de moutons, avec de bons débouchés dans les villes à proximité. » Ainsi, 45% des troupeaux ovins de la région se trouvent dans des exploitations de polyculture-élevage, 16% en association avec des bovins, quand seuls 39% sont dans des exploitations spécialisées.
Chiffres clés Centre Val-de-Loire
119 161 brebis soit 2,8% du troupeau national
1 342 exploitations ayant des ovins, majoritairement viande, dont 523 spécialisées
5 abattoirs
Le Gaec aux quatre fils
« C’est une exploitation en plein essor, la jeunesse est là », s’enthousiasme Philippe Le Grelle, associé du Gaec Sainte-Marie, qui a accueilli la signature du nouveau CAP Filière. Une exploitation qui ne manque pas de jeunes : installés en 2001 sur 17 hectares avec 90 brebis et 4000 poules, Philippe et sa compagne ont été progressivement rejoints par leurs trois fils. Vingt-cinq ans plus tard, la ferme s’étend sur 450 hectares de prairies, et élève 120 vaches limousines, 750 brebis solognotes, 300 chèvres laitières, 17000 poules pondeuses et 5000 poulets de chair. Le Gaec vend toute sa production en bio et en direct, grâce à son propre magasin, qui commercialise aussi des produits d’agriculteurs voisins. Bérenger, le cadet de la famille, s’installera en 2027 et s’occupera plus spécifiquement des ovins, après un CSO à Montmorillon. Il compte augmenter les effectifs et poursuivre l'engraissement des agneaux à l’herbe pour minimiser les charges.
Foucauld Le Grelle, installé en 2023, est en charge des ateliers ovin allaitant et caprin laitier au Gaec Sainte-Marie. Crédit : Daphnée Séailles.