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La production porcine européenne perd du terrain

Selon une analyse de l’Ifip présentée aux matinales du Space, la production porcine européenne est fortement impactée par les crises géopolitiques, climatiques et sanitaires, ainsi que par l’inflation des coûts de production. Les volumes de production sont en forte baisse.

L’Allemagne et la Pologne ont affiché une chute de plus de 3 millions de porcs abattus au premier semestre de l'année par rapport à l’an dernier.
L’Allemagne et la Pologne ont affiché une chute de plus de 3 millions de porcs abattus au premier semestre de l'année par rapport à l’an dernier.
© RGtimeline/stock.adobe.com

1-Les abattages européens en net retrait

La production porcine européenne perd du terrain

La crise économique et géopolitique impacte durement la production porcine européenne.

Au premier semestre de 2022, les abattages dans les 27 pays de l’UE ont chuté de 3,1 % par rapport à la même période de 2021. Les chiffres sont très hétérogènes selon les pays : -8,8 % en Allemagne, -8,1 % en Pologne, mais seulement -1,4 % aux Pays-Bas, et même +2,4 % au Danemark et encore +1,5 % en Espagne. En France, les abattages ont été stables au premier semestre (-0,2 %). « Historiquement, le marché français absorbe mieux les chocs que ses voisins », analyse Elisa Husson, économiste à l’Ifip. Elle explique également cette résilience par les récents soutiens de l’État ainsi que par la stratégie de la filière basée sur Le Porc français.

2-Les marchés export en berne

La production porcine européenne perd du terrain

« Sur le premier semestre de 2022, les exportations de l’UE sont revenues à des volumes similaires à la période qui a précédé la progression des exportations en Chine », constate Elisa Husson. La forte reprise de la production chinoise a tari les exportations vers ce pays. À cela s’ajoutent les effets de la politique zéro Covid en vigueur dans le pays, qui a minoré la demande des consommateurs chinois et provoqué des perturbations dans le transport maritime et la logistique. Cependant, l’économiste constate que les exportations vers les marchés japonais et sud coréens sont en nette reprise. « Les exportateurs sont malgré tout toujours confrontés à des prix élevés du transport maritime », déplore-t-elle.

3-Une inflation des coûts de production

La production porcine européenne perd du terrain

Les coûts de production en élevage sont fortement impactés par la flambée du prix des aliments, mais aussi par la hausse du prix de l’énergie, des salaires, des matériaux de construction et des équipements d’élevage. « Les autres maillons de la filière sont également touchés », rappelle Elisa Husson. Ces hausses se traduisent par une inflation record et des indices de prix à la consommation qui battent des records. « Le contexte économique et sociétal est actuellement favorable à la poursuite d’une déconsommation des produits carnés », met-elle en garde.

4-La production mondiale continue de progresser grâce à la Chine

La production porcine européenne perd du terrain

En parallèle à la baisse de production européenne, la production nationale chinoise a repris des couleurs, avec une progression de +31 % en 2021 et de +9 % prévue en 2022. En Amérique du Nord, la croissance marque une forte pause depuis 2020, « conséquence de la crise du Covid-19 qui a impacté toute la filière, et de la volonté des opérateurs de consolider la production ». En 2022, la production américaine devrait baisser de -1,9 % , et celle du Canada de -2,6 %. Au Brésil, la dynamique de la filière porcine qui avait été boostée par l’export vers l’Asie, fait désormais face à d’importants obstacles qui ont mis un frein à sa progression : prix records des matières premières, perte de rentabilité des élevages, et inflation galopante dans le pays qui limite la consommation intérieure. Les prévisions tablent sur un léger retrait de la production porcine du pays en 2022 (-0,6 %). Au final, la Chine étant encore et de loin le premier pays producteur de porc, la croissance mondiale devrait se chiffrer en 2022 à +2,9 %, en retrait cependant par rapport au niveau de la production de 2018.

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